Maxime Rousseau se dit convaincu que le concept de la demi-glace est favorable au développement des joueurs d’âge novice et prénovice.

Le concept de la demi-glace gagne en popularité

Si des parents de jeunes joueurs de hockey montraient de la résistance face au projet de la demi-glace dans la catégorie novice, Hockey Estrie confie que le concept semble maintenant convaincre, et ce, quelques jours après l’application de cette nouvelle façon de faire.

Hockey Estrie sentait une certaine réticence par rapport au projet de couper la glace en deux chez les novices lors des parties de hockey. Mais le concept semble faire ses preuves à en croire l’entraîneur-chef de l’initiation chez Hockey Estrie.

« Le but était d’adapter le sport à la clientèle, soutient Maxime Rousseau. Ce n’était pas réaliste de laisser jouer nos jeunes de 7 ou 8 ans sur une glace complète. Au baseball, au tennis, au basketball et au soccer par exemple, ça fait longtemps qu’ils ont adapté le sport aux plus jeunes. En rapetissant la surface de jeu et les buts, il y a beaucoup d’avantages en ce qui concerne le développement de nos joueurs. »

Dans le MAGH 1 et 2, on parle plutôt de tiers de glace alors que dans le MAGH 3 et 4, les matchs se déroulent désormais sur une demi-glace.

« Plusieurs tests et études prouvent que c’est bénéfique. On se faisait dire par certains parents que les jeunes n’allaient plus patiner autant et que leur talent de patineur allait en souffrir, mais la science a prouvé que c’était faux. Les jeunes pourront au contraire améliorer leurs qualités individuelles comme le maniement de rondelle, les tirs, les passes, les virages et la protection de rondelle parce que l’action est plus concentrée au même endroit », affirme Maxime Rousseau.

Il faut rappeler que les entraînements se déroulaient déjà sur des demi-glaces ou moins. 

« Il y aura toutefois une transition d’un mois lors de la dernière année novice pour que les joueurs puissent évoluer sur une pleine glace et s’habituer aux règlements qu’ils auront à respecter dès la catégorie atome, comme le hors-jeu et le dégagement refusé », précise l’entraîneur-chef de l’initiation. 

En retard sur l’Europe et les États-Unis

Aux États-Unis, le concept de la demi-glace est appliqué depuis près de cinq ans.

« En Europe, ça fait encore plus longtemps qu’ils ont compris que c’était avantageux de rapetisser l’espace de jeu pour les plus jeunes », informe Maxime Rousseau. 

Ce dernier note que plusieurs essais ont été réalisés aux États-Unis pour tester l’efficacité de la demi-glace. 

« Ils ont aussi mis des adultes sur une énorme glace avec des énormes buts afin de respecter les proportions des joueurs d’âge novice sur une pleine glace pour comprendre que ça n’avait pas de sens. Le programme de hockey des États-Unis a également utilisé des puces et les mêmes outils que dans la LNH pour calculer le nombre de tirs ou de passes et le temps de possession de rondelle chez les jeunes sur une demi-glace et a réalisé qu’il y avait deux fois plus d’action », note le responsable du programme en Estrie. 

Mais pourquoi avoir attendu si longtemps?

« Je crois qu’il y avait des appréhensions et que les infrastructures ne le permettaient tout simplement pas. On a attendu d’avoir les bonnes bandes et les bons buts pour se lancer dans ce projet. »

Une ligue parallèle 

Le projet n’a cependant pas fait l’unanimité. Tellement qu’une ligue parallèle s’est formée à Sherbrooke pour permettre aux jeunes de continuer de disputer des parties sur une surface régulière. 

« Des parents ont lancé une ligue parallèle, surtout dans le coin de Montréal, mais leurs jeunes jouent aussi bien souvent au sein du système de Hockey Québec, donc ils ne font que jouer davantage finalement », clarifie Maxime Rousseau.