Le Sherbrookois Alexandre Ouellette-Larochelle possède quatre ceintures en combat ultime amateur. Il vise l’obtention d’une cinquième avant son passage chez les professionnels.

Le collectionneur de ceintures

Alexandre Ouellette-Larochelle commence à avoir de la difficulté à traîner toutes ses ceintures de champion en arts martiaux mixtes. Le Sherbrookois en possède quatre qu’il a remportées un peu partout au Québec et il espère même en récolter une cinquième avant de faire le saut chez les professionnels.

« La prochaine ceinture que je vise, c’est celle de Fight Quest à Kahnawake, c’est un endroit très réputé, explique l’athlète de 25 ans. Ça compléterait bien ma collection. Idéalement, mon dernier combat amateur serait le 31 mars et je passerai pro ensuite avec le TKO. C’est ça le plan. »

En 12 combats en MMA, Alexandre, qui s’entraîne au gymnase Three Headed Beast dans l’est de Sherbrooke, possède une fiche de neuf victoires et trois défaites. Son dernier combat perdu remonte cependant au 17 août 2013. Il a remporté tous ses duels depuis.

« Il y avait d’autres entraîneurs avant qui voulaient le faire passer pro, mais quand il est arrivé avec moi il y a trois ans, je lui ai dit qu’il avait encore des choses à apprendre, explique Mistral Gedeon, l’un des entraîneurs d’Alexandre. Aujourd’hui, c’est moi qui lui dis qu’il est prêt, mais c’est lui qui veut faire un dernier combat amateur. Je ne veux pas le devancer. L’objectif n’est pas d’être dans le TKO juste pour être dans le TKO. Il faut aussi qu’on prévoie le parcours qu’il va suivre. »

Prêt à tout

Alexandre a commencé sérieusement dans le sport à l’âge de 19 ans. Il a plus d’une vingtaine de combats à sa fiche dans plusieurs disciplines.

« J’ai toujours aimé ça me tirailler, explique celui qui compare son style à celui de Rory MacDonald. J’ai fait un premier cours de kick-boxing et je n’ai jamais arrêté. Au début j’étais plus un gars de sol, mais ma position debout s’est beaucoup améliorée. Je suis rendu assez polyvalent, mais quand j’ai commencé disons qu’il fallait qu’on aille au sol si je voulais gagner. »

« Avec mon corps je suis prêt à tout, poursuit-il. C’est plus au niveau cérébral où je ne veux pas me ramasser légume un moment donné. Je n’ai pas fait de commotion cérébrale encore donc je croise les doigts pour que ça continue. Je n’ai pas eu de grosses blessures non plus. Je suis très chanceux. »

« C’est quelqu’un qui est très dévoué à la tâche à accomplir, souligne son entraîneur. Il a un esprit de compétition très fort. C’est un aspect qui est bon, mais qui fait en sorte, lors d’un combat, qu’il veut toujours répliquer immédiatement aux coups de l’adversaire et ça peut lui nuire. L’une des choses qu’on travaille avec lui, c’est de le calmer et de lui faire comprendre de répliquer au bon moment lors d’un combat. »

M. Gedeon estime qu’Alexandre pourrait se rendre très loin dans le monde du combat ultime.
« Je pense qu’il a tout pour être un champion du monde. Il est jeune, il y a des choses qu’il ne comprend pas encore, mais il en comprend déjà tellement. Physiquement, tout est là. Il doit simplement comprendre certaines choses différemment. Aussi longtemps qu’il aura la motivation de se battre, il va se rendre loin. »

Deux mois en Thaïlande

L’an dernier, Alexandre s’est rendu en Thaïlande où il s’est entraîné matin, midi et soir avec d’autres combattants pour parfaire sa technique.

« Je me levais le matin et j’allais m’entraîner. Je faisais une sieste et j’y retournais. C’est une belle expérience, je le referais si je pouvais. Je me suis entraîné avec des gens de partout dans le monde et avec des gars qui ont fait plusieurs combats professionnels. J’ai vu que j’étais capable d’aller loin. Ça m’a donné envie de continuer. »

À Sherbrooke, Alexandre est assembleur de charpente métallique chez Supermétal. Il travaille 40 h par semaine et s’entraîne en gymnase presque tous les jours.

« J’essaie de prendre au moins une journée de congé par semaine parce qu’un moment donné il faut que je vive un peu, admet-il. J’ai une copine et un chien donc c’est quand même un peu de responsabilité. Ma blonde est très compréhensive au niveau de l’entraînement, elle m’encourage beaucoup. Je suis chanceux de l’avoir. Si elle voulait toujours que je sois à la maison, on aurait un problème, résume-t-il en riant.

« Être pro ça représente encore plus d’entraînement et si je pouvais m’arranger pour travailler moins ce serait l’idéal, mais je veux continuer jusqu’à ce que je puisse faire assez d’argent avec mes combats pour vivre. Il faut que je fasse mes preuves. Je ne peux pas faire un ou deux combats et espérer me battre au UFC. Il faut que les gens te remarquent. »

Les deux réalités du combattant

Se battre en arts martiaux mixtes comporte deux réalités distinctes. Celle où l’athlète s’entraîne, se concentre et respecte un rythme de vie très strict et celle où il affronte un autre être humain dans une cage.

« On se prépare, mais c’est un stress d’aller dans une cage avec un autre homme, souligne Alexandre Ouellette-Larochelle. C’est toi ou c’est lui, tu n’as plus le choix. Tu es en mode survie, mais il y a aussi une question de fierté. Quand tu rentres dans la cage, c’est pour te battre et donner tout ce que tu as, mais je n’ai aucune difficulté à faire la différence entre ma vie à l’extérieur du gym et ma vie de combattant. »

Son entraîneur amène toutefois une analyse supplémentaire pour comprendre l’habilité des combattants de dresser un mur entre les deux facettes de leur vie.

« Ils n’ont pas envie de se battre contre quelqu’un qui ne sait pas se défendre, explique Mistral Gedeon. Ils sont à un niveau où il faut que tu sois fort pour les intéresser. La violence à l’extérieur du gymnase n’existe pas, ça ne les intéresse pas. Leur sport est une passion alors ils ne veulent pas y mélanger de l’énergie négative. Si Alex avait des démons à exorciser, il n’aurait pas pu atteindre ce niveau. »