Le Club d’athlétisme de Sherbrooke (CAS) et ses membres peuvent à nouveau pratiquer leur sport. Mais pour ce qui est de la compétition en tant que telle, ce n’est pas pour tout de suite.
Le Club d’athlétisme de Sherbrooke (CAS) et ses membres peuvent à nouveau pratiquer leur sport. Mais pour ce qui est de la compétition en tant que telle, ce n’est pas pour tout de suite.

Le Club d’athlétisme de Sherbrooke en attente

Plusieurs disciplines sportives se réjouissaient de pouvoir reprendre leurs activités, à compter du 20 mai. Si certaines d’entre elles peuvent en bénéficier immédiatement, comme le golf, la situation n’est pas aussi évidente pour l’athlétisme, et ce, même si la discipline fait partie des pratiques sportives déconfinées depuis mercredi.

Le Club d’athlétisme de Sherbrooke (CAS) pensait bien pouvoir stabiliser sa situation en 2020. Son activité de promotion, organisée lors de la semaine de relâche au Centre de foires de Sherbrooke, laissait même entrevoir un nombre d’inscriptions records, pour les camps estivaux.

Une très bonne nouvelle pour un club durement touché par la fermeture de la piste d’athlétisme extérieure située au Stade de l’Université de Sherbrooke.

Mais la pandémie de la COVID-19 en a décidé autrement.

« Pour nous, tout est au point mort. Même le déconfinement progressif, dès mercredi, n’aura pas l’effet souhaité, pour nous. C’est le statu quo. Oui, le déconfinement est une bonne nouvelle, mais on a hâte de voir ce qui va être décidé pour l’Université de Sherbrooke, car nous sommes tributaires de ses installations pour tenir nos activités », a précisé Yannick Richard, président du CAS.

« Tout est en pause, mais on garde espoir pour les camps de jours de cet été. Les Académies du mardi, du jeudi et du dimanche, tout ça est sur pause aussi. Même chose pour le sport-études au Triolet », a dit M. Richard. Le CAS gère 400 athlètes de différents niveaux.

Un retour mitigé

« Pour nous, ce retour progressif, c’est partagé. Ça ressemble à ce qu’on fait déjà. Je ne peux pas rouvrir une académie pour les jeunes et comme notre mandat, notre charte, c’est la sécurité des athlètes et des entraîneurs, on n’a pas d’infrastructures pour garantir ça. C’est quasi-impensable. Oui, je pourrais entraîner tous ces jeunes-là, avec des plans d’entraînement personnels, mais est-ce que le club veut charger un montant supplémentaire pour ça ?

Le but de l’athlétisme, c’est de toucher à tout, de s’initier à tout », a indiqué M. Richard.

« Pour les plus vieux, c’est un autre niveau. Ils ne peuvent pas abandonner, sinon ils vont bousiller tout l’entraînement déjà fait. C’est plus difficile, pour les plus jeunes. Dans ces conditions, c’est dur pour nous le club d’ouvrir les valves et de ne pas offrir correctement le service, c’est la réputation de notre club qui en souffrirait. Oui, le déconfinement c’est une bonne nouvelle pour tout le monde, et pour nous, mais jusqu’où c’est profitable pour nous ? Ça ne change pas grand-chose. »

« On pourrait appliquer les règles dans les épreuves de lancer, mais il faudrait trouver un moyen de désinfecter les équipements. Ensuite, pour les courses, comment assurer une distanciation de deux mètres, en peloton ? C’est impossible, à moins de courir tout seul dans son corridor. Il n’y aura pas de compétition pour un bout. »

Retard du chantier du Centre sportif

Déjà affecté pendant plus d’un an par la réfection de la piste extérieure d’athlétisme du Stade de l’Université de Sherbrooke, le CAS pensait bien reprendre du poil de la bête, cette année, maintenant que les travaux sont terminés.

Mais un autre chantier empêche le CAS d’aller de l’avant. Celui de la rénovation du Centre sportif, et de sa piste d’athlétisme, entre autres.

« Effectivement, l’autre ombre au tableau, ce sont les travaux de l’infrastructure intérieure du stade de l’Université de Sherbrooke, qui ont été repoussés à cause de la covid-19. Est-ce qu’on sera prêt pour recevoir le sport-études, et relancer des académies cet automne ? Tout va dépendre du plan de déconfinement par le ministère de l’Éducation, qui va autoriser ou non l’utilisation des installations de l’Université. Pour nous, c’est un gros gros point d’interrogation aussi. On n’a pas de nouvelles précises sur le nouvel échéancier, mais un retard d’au moins six semaines est envisageable », a dit Yannick Richard.

« On est en échange continue, à toutes les semaines avec l’Université de Sherbrooke et Jean-Pierre Boucher (Directeur du centre sportif), et eux aussi attendent des précisions du gouvernement. Je ne crois pas qu’il va se passer quelque chose de vital, d’important, à grande vitesse, avant le printemps 2021, si tout va bien, c’est très très loin.»»

Des impacts financiers

À cause de la crise, le CAS a dû annuler des compétitions qui agissaient comme leviers financiers importants. La compétition Ian Hume, le Réveil du coureur et la course des Farfadets, ont écopé.

« Et si on doit jumeler ça à la perte éventuelle des académies et des camps de jour, ce sont des moyens de financement importants qui s’envolent. Financièrement, on essuie des pertes majeures, c’est clair », a déploré Yannick Richard.

Le CAS, qui se croise toujours les doigts afin de pouvoir tenir des camps cet été, poursuit son travail pour les événements à venir, dont les Jeux de la Légion, en 2021 et 2022.

« On se concentre là-dessus. On ne pourra rattraper ce qu’on perdra, cette année. Malgré tout, on est très positifs, on travaille fort et on est proactifs. Pour l’instant, notre priorité, c’est de garder ou d’adapter les services pour les athlètes plus âgés. Voilà pourquoi on continue à payer les entraîneurs, pour que le suivi continue d’être fait », a conclu M. Richard.