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Les joueurs du Canadien célébreront-ils aussi souvent cette saison que les partisans et même les médias montréalais le prédisent ?
Les joueurs du Canadien célébreront-ils aussi souvent cette saison que les partisans et même les médias montréalais le prédisent ?

Le Canadien impose le respect

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
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Il y a longtemps que le vent d’enthousiasme n’a pas soufflé aussi fort à Montréal et au Québec au sujet du Canadien. Très longtemps même. Si personne ne voit comment le Tricolore pourrait rater les séries éliminatoires, d’autres se permettent même de rêver à la Coupe Stanley.

Mais voilà, on peut se demander comment est perçu le « nouveau » Canadien à l’extérieur de chez nous. La troupe de Claude Julien est-elle aussi estimée partout à travers la Ligue nationale ? Le Mag Sports a posé la question à trois experts, des « insiders » comme on les appelle en anglais, soit Jamie McLennan, de TSN, Chris Johnston, de Sportsnet, et Ken Campbell, du Hockey News.

Pas de doutes, les trois aiment le Canadien revu et amélioré et sont d’avis que l’équipe va connaître sa part de succès. Mais les trois tiennent des propos qui incitent tout de même au calme.

« Marc Bergevin a vraiment effectué de l’excellent travail pendant l’entre-saison, lance McLennan, qui a gardé les buts des Islanders, des Blues, du Wild, des Panthers, des Rangers et des Flames pendant sa carrière. Quand je regarde l’alignement du Canadien, honnêtement, je ne vois pas de véritables faiblesses, je vois une équipe particulièrement bien équilibrée. Mais remarquez que je pourrais aussi vous parler en termes très élogieux de six des sept équipes de la section canadienne [nos excuses aux Sénateurs]. Selon moi, les Jets forment le club numéro un de la division. »

Chris Johnston, lui, se souvient que le Canadien est passé bien près d’atteindre la finale de la Coupe Stanley au printemps de 2014 lorsqu’il a été éliminé par les Rangers au sein du carré d’as. Et il n’est pas prêt à affirmer que les Glorieux de 2020-2021 sont supérieurs à ceux de l’époque.

« En 2014, Carey Price et P.K. Subban étaient à leur meilleur et peut-être même que le Canadien aurait vaincu les Rangers n’eût été de la blessure subie par Price, qui avait dû céder son filet à Dustin Tokarski, rappelle-t-il. Est-ce que l’équipe d’aujourd’hui est supérieure à celle d’il y a sept ans comme certains le prétendent dans les médias à Montréal ? Sincèrement, je ne crois pas… »

Selon Ken Campbell, l’acquisition de Jake Allen en tant qu’adjoint à Price est justement celle qui aura le plus d’impact.

« C’est un calendrier très exigeant qui attend les équipes de la Ligue nationale, souligne-t-il. Et Price a démontré, par le passé, qu’il était véritablement à son mieux lorsqu’il n’est pas surchargé. Allen va faire une grosse différence. Oui, le Canadien s’est grandement amélioré, mais je ne crois pas non plus qu’il soit meilleur que les Leafs, les Oilers et les Canucks. »

Jamie McLennan, de TSN, Chris Johnston, de Sportsnet, et Ken Campbell, du<em> Hockey News</em>, aiment le Canadien revu et amélioré. Mais les trois tiennent des propos qui incitent tout de même au calme.

La pression sur Julien ?

Claude Julien n’a jamais dirigé une meilleure équipe, du moins sur papier, depuis qu’il a succédé à Michel Therrien derrière le banc du Canadien. Marc Bergevin a fait son travail et, aux yeux de plusieurs, la pression est maintenant sur les épaules du vétéran entraîneur.

« Claude est un bon coach, souligne Jamie McLennan. Et les équipes qui risquent de s’en tirer le mieux à l’intérieur du calendrier très intense qui les attend sont celles qui vont avoir le meilleur système de jeu et qui vont jouer le mieux défensivement. Claude va faire le travail. »

Ken Campbell croit pour sa part que Julien n’a aucunement à s’inquiéter de son sort.

« Bergevin a échangé Max Domi parce que la relation entre le joueur et l’entraîneur n’était pas bonne, ce qui prouve que Julien et son patron sont sur la même longueur d’onde », dit-il.

Le plus grand défi de Julien, selon Chris Johnston, restera de créer cette chimie essentielle à n’importe quelle équipe qui aspire à gagner.

« Le Canadien a plein de nouveaux joueurs, plein de nouveaux gros morceaux, constate-t-il. Tu as beau avoir du talent, il faut que tous ces individus deviennent un groupe, deviennent une unité. Et aucune équipe ne pourra se permettre de prendre son temps cette saison. »

La jeunesse du Canadien au poste crucial de centre pose également question à Johnston.

« C’est emballant d’avoir dans son alignement des jeunes aussi talentueux que Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi. En même temps, on peut se demander comment ils vont se comporter dans un contexte où les résultats seront plus importants que le développement en raison d’un calendrier particulier. J’ai hâte de voir. »

La profondeur du Canadien rassure toutefois Jamie McLennan.

« C’est un des points forts de l’équipe. Phillip Danault n’est pas le plus spectaculaire au centre, mais il est efficace. Il est capable de prendre des responsabilités. »

Non, aucun des « insiders » à qui nous avons parlé n’a prédit le gros trophée au Canadien. Leur enthousiasme n’est pas au même niveau que celui des partisans et même des médias montréalais, mais on sent le respect.

C’est déjà une étape de franchie.