Il est peut-être temps pour le Canadien d’échanger Carey Price en retour de jeunes espoirs dans le but d’amorcer une réelle reconstruction de l’équipe.

Le Canadien en mode reconstruction

CHRONIQUE / Le mot n’a pas été officiellement employé par la direction du Canadien, avant ou après le repêchage de la LNH, la fin de semaine dernière à Dallas, mais à la lueur de ses sélections, ça semble évident, le Canadien de Montréal est en reconstruction.

En choisissant le joueur de centre finlandais Jesperi Kotkaniemi au troisième rang, Marc Bergevin et son équipe ont confirmé ce que la dernière saison laissait entrevoir. L’organisation doit changer de direction.

Si tout se passe comme prévu et que Kotkaniemi poursuit sa progression, il sera à Montréal dans deux ans pour se tailler un poste avec l’équipe. N’oubliez pas qu’il n’aura que 18 ans le 6 juillet.

Filip Zadina ou Brady Tkachuk, eux, étaient davantage près des portes de la LNH et il a été probablement jugé un peu trop risqué, ou non productif, de les faire graduer au sein d’une équipe en transition vers la reconstruction.

Maintenant qu’il semble acquis que le « Plan » de Marc Bergevin n’est pas la signature du très convoité joueur de centre John Tavares, la reconstruction du club par le repêchage est la seule option viable pour cette organisation qui fait du sur-place depuis trop longtemps.

Et c’est tant mieux.

Mais est-ce que Marc Bergevin aura l’audace de poursuivre le travail et d’échanger Carey Price avant que son lourd contrat n’entre en vigueur?

Voilà une intéressante question.

Échanger Price contre de jeunes espoirs et des choix au repêchage enverrait un message clair aux amateurs.

Le garder devant le filet de l’équipe pour la (les) prochaine(s) saison(s) laisserait croire aux fans qu’il y a toujours des chances que le club soit compétitif et puisse se tailler une place en séries.

Après tout, le CH a toujours crié haut et fort que Price était l’un des meilleurs gardiens de la LNH.

Ce contrat, une prolongation de huit ans évaluée à 84 millions de dollars, signifie que Price représentera une portion d’un peu plus de 10 millions sur la masse salariale de l’équipe et ce, jusqu’en 2025-26.

Price aura 30 ans l’automne prochain et il en aura 39 à la terminaison du contrat.

Un contrat boulet de la sorte est tout simplement caduc avec une équipe en reconstruction.

Par contre, il faut avouer qu’échanger Carey Price ne serait pas une sinécure.

Mais qui va vouloir de Price à ce prix?

Je sais pas. Edmonton? Saint-Louis? Vancouver? Calgary?

Un peu comme une équipe junior qui arrive à la fin de son cycle, le CH doit liquider ses actifs afin de regarnir sa banque de choix et espérer que cette cuvée 2018 soit le départ d’un nouvel élan. D’un nouveau plan quinquennal.

Et qui sait, peut-être faire partie de la loterie Jack Hugues pour le repêchage de 2019?

Malgré les insistantes rumeurs d’échange impliquant entre autres son capitaine Max Pacioretty, le CH ne s’est pas amélioré pour la prochaine saison, lors de la semaine du repêchage.

Attendez-vous à voir l’équipe signer quelques agents libres ici et là afin de combler son alignement pour l’automne prochain.

Un peu comme on l’avait fait l’an passé, avec les ajouts de l’attaquant Ales Hemsky et défenseur Mark Streit.

Déjà, le nom d’Antoine Roussel, des Stars de Dallas, circule de plus en plus.

Outre Price et Galchenyuk, Jeff Petry pourrait avoir une certaine valeur sur le marché. Je garderais Shea Weber, pour épauler les jeunots.

D’ici là, donnez de la glace aux jeunes, redonnez cette équipe aux Drouin, Gallagher, Domi, Mete, Juulsen, Scherbak et Lindgren.

L’équipe peut difficilement faire pire.