La portion montagneuse de la course a été la plus difficile pour Jérôme Bresson, qui était accompagné d’un autre Sherbrookois, membre de son équipe de soutien, Patrick Bernard.

Le 12e meilleur ironman au monde est sherbrookois

Franchir 3,8 km à la nage dans l’eau froide d’un fjord, traverser 180 km de vélo dans les montagnes de la Norvège et courir 42,2 km, dont une grande partie en altitude. Tout ça, en 11 h 01. Cet exploit fait de Jérôme Bresson le 12e meilleur ironman au monde.

Malgré tout, le Sherbrookois ne se dit pas entièrement satisfait. Et pourtant, il a réalisé sensiblement le même temps que l’an dernier, mais certains imprévus ont dérangé mentalement le triathlonien. Comme lorsque l’un des membres de son équipe de soutien s’est perdu en montagne alors que l’athlète aurait pu bénéficier d’un rare ravitaillement... neuf heures après le départ. 

« Je suis un peu déçu et fâché après moi, souligne Jérôme Bresson quelques jours après le Norseman. J’étais pourtant arrivé d’avance en Norvège au début du mois contrairement à l’an dernier. Je me sentais prêt. Mais mon mental a flanché à certains moments. On a commencé l’épreuve en pleine nuit, dans l’obscurité complète. On se rendait en bateau à 3 km de la rive et on devait plonger dans le fjord sans se poser de questions. L’eau était plus chaude que prévu : 17 degrés. J’ai bénéficié de courants favorables et j’ai nagé les 3,8 km en 54 minutes et 45 secondes. Je visais les 59 minutes. »

En sortant de l’eau, l’entraîneur-chef du Club de triathlon de Sherbrooke se trouvait en 11e position. 

« Durant la partie en vélo, chaque fois que je dépassais un compétiteur, je me faisais dépasser par un autre. J’avais l’impression de m’éloigner de mes objectifs. Au départ, on pédalait en plein brouillard. Mais quand le soleil s’est levé, le paysage était magnifique », raconte le Français d’origine.

Après 5 h 33 de vélo, l’athlète de 36 ans s’est attaqué à de nombreuses montées à la course. 

« J’avais à grimper pendant 8 km un dénivelé positif de 10 % en virage. C’était loin d’être facile. Les 160 premiers arrivés à ce stade avaient droit de grimper la montagne. Les autres devaient emprunter un circuit alternatif moins intéressant. Mais rendu au 25e km, le membre de mon équipe s’est égaré. Ça m’a un peu découragé. J’avais moins le couteau entre les dents. Je suis parti dans le doute jusqu’à ce qu’on le retrouve. J’étais complètement découragé et je cherchais ma motivation. Entre le 33e kilomètre et le 39e, j’ai dû perdre 20 minutes. Mais quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’étais très heureux et tout de même fier d’avoir complété cette course. »

Sur les 300 participants, dont une trentaine de professionnels qui s’entraînent entre 20 h et 30 h par semaine, Jérôme Bresson a terminé au 12e rang avec un temps de six minutes de plus que l’an dernier, alors qu’il terminait l’épreuve au 7e rang.

« Je m’entraîne une douzaine d’heures par semaine. J’ai tout de même terminé le Norseman complètement épuisé. J’étais comme un zombie. Après, la course, j’étais un peu déçu par contre. Les dix premiers se qualifiaient pour l’édition suivante. Mais puisque j’ai gagné le CanadaMan de Lac-Mégantic le 7 juillet, je suis qualifié pour la prochaine édition en Norvège. Je devrai toutefois avoir une réflexion sur ma participation, parce que ça demande beaucoup de sacrifices », conclut-il.

Le parcours franchi en vélo offrait une vue sur de magnifiques paysages, ce qui mettait un baume sur la douleur.