La troupe de Stéphane Julien devra réapprendre à jouer avec le sentiment d’urgence avant de commencer sa route en séries.

L’avantage de la glace sans être favori?

CHRONIQUE / Le Phœnix ne connaît certainement pas la fin de saison espérée. Avec les huit défaites consécutives, la troupe de Stéphane Julien devra réapprendre à gagner dès les deux prochains matchs. Sinon, ils commenceront peut-être les séries avec l’avantage de la glace, mais certainement pas dans le rôle de favori.

Il y a quelques jours à peine, les Sherbrookois avaient la chance de terminer la présente campagne avec deux records en poche en ayant l’occasion de terminer au 6e rang avec plus de 79 points au classement.

Aujourd’hui, ces deux records ne sont déjà plus à la portée du Phœnix, qui ne semblait pas s’en soucier de toute façon.

Depuis les Fêtes, à cause du nouveau format des séries, le Phœnix ne peut plus changer de rang au classement de l’Association de l’Ouest. La nature humaine étant faite ainsi, tout indique que le pied n’est plus sur la pédale à gaz depuis quelque temps.

La bonne nouvelle, c’est que le Phœnix ne dispute pas nécessairement de mauvais matchs. L’effort est tout de même là. Les intentions sont bonnes, comme diraient les membres de l’équipe. Mais les victoires ne suivent pas.

Pendant ce temps, trois équipes de la même association ont leur destinée entre les mains. Ce sont leurs résultats qui établiront les duels de la première ronde.

L’Armada de Blainville-Boisbriand, entre autres. Ils ont le choix: s’ils laissent les Olympiques de Gatineau et les Foreurs de Val-d’Or les distancer au classement, ils affronteront les très puissants Voltigeurs de Drummondville. Sinon, ils pourraient se mesurer au Phœnix. À première vue, le choix me semble facile à faire.

Ces trois formations se trouvent déjà en mode séries. Ils jouent déjà avec le sentiment d’urgence. Il faudrait que les Sherbrookois « mettent la switch à on » et ce, sans perdre de temps.

La même chanson est entendue d’année en année dans le monde du hockey: avant d’entrer en séries, les équipes souhaitent avoir le momentum. Être confiantes.

Mercredi soir à Shawinigan contre les Cataractes, le Phœnix devra livrer une prestation convaincante face à la pire équipe de son association.

Vendredi, le Phœnix visitera ensuite un adversaire se trouvant tout juste derrière lui au classement. Ce sera l’occasion parfaite de faire oublier les trois dernières semaines et de poursuivre d’une meilleure façon son sprint final avant les éliminatoires avec une deuxième victoire de suite.

Or, les Tigres de Victoriaville voguent sur une séquence de six victoires et un revers en prolongation à leurs dix derniers matchs.

Patrick Guay et Taro Jentzsch s’apprêtent à vivre leur première expérience des éliminatoires dans la LHJMQ. Ils seront essentiels au Phœnix, qui souhaite gagner la deuxième ronde de séries dans leur histoire.

Et finalement, samedi, le défi sera de taille. Les Oiseaux s’envoleront alors vers Drummondville, l’une des meilleures équipes du circuit, sinon la meilleure à mon avis.

La seule bonne nouvelle pour samedi, c’est que les Voltigeurs pourraient laisser de côté ses meilleurs éléments, ce qui donnerait une mince chance au Phœnix de l’emporter, ou du moins, de rivaliser.

Stéphane Julien affirmera d’emblée qu’il n’a pas de préférences en ce qui concerne l’adversaire de la première ronde. Mais je suis persuadé que s’il avait le choix, il choisirait certainement l’Armada ou les Olympiques.

Encore là, ces deux équipes obtiennent leur part de succès par les temps qui courent. Car les Olympiques ont corrigé les Remparts récemment tout en livrant d’excellentes parties aux Islanders de Charlottetown et aux dangereux Mooseheads de Halifax.

De leur côté, l’Armada a battu les Olympiques, les Remparts et même les Tigres dernièrement. Avec Brendan Cregan devant le filet, Blainville-Boisbriand pourrait causer la surprise face au Phœnix. Ce qui me surprendrait, toutefois.

Le Phœnix devrait éviter une confrontation contre les Foreurs. Pas seulement parce qu’ils pourraient laisser de l’énergie sur la route en étant obligés de se rendre en Abitibi.

Mais aussi surtout parce que les Foreurs ont repris du poil de la bête depuis les Fêtes. À leur dernier match, ils se sont inclinés contre l’Océanic de Rimouski en fusillade et la veille, ils avaient vaincu l’Océanic à l’étranger. Sans parler de leur victoire contre les Mooseheads. En fait, Val-d’Or n’a pas perdu en temps réglementaire depuis quatre matchs contre d’excellentes formations. Leur dernière partie contre l’Armada? Une victoire de 5 à 1.

Encore une fois, leurs gardiens Jonathan Lemieux et Mathieu Marquis font des miracles et pourraient changer à eux seuls l’allure de la première ronde. Ce qui ne sera peut-être pas le cas des portiers sherbrookois si l’on se fie au travail des derniers mois.

Les Foreurs seront à éviter, bref. En revanche, le Phœnix a très bien fait contre les Huskies à leur dernier match.

Mon choix? Gatineau en première ronde. Par la suite, le Phœnix devrait se battre avec l’énergie du désespoir au deuxième tour éliminatoire contre les Voltigeurs.

Je continue de croire que si les Voltigeurs de Drummondville demeurent en santé, ils soulèveront la Coupe du Président.

À moins d’une heure de route, à l’autre bout de la 55, le directeur général Jocelyn Thibault a l’exemple parfait d’une formation arrivée à maturité et bâtie pour les séries éliminatoires.

Il devra d’ailleurs s’en inspirer afin d’atteindre son objectif: rivaliser davantage l’an prochain et tout rafler dans deux ans, alors que les jeunes Phœnix seront devenus grands.