L’entraîneur et kinésithérapeute Danny Gaudreau constate que les gens doivent faire preuve de plus d’originalité pour réussir à s’entraîner à leur convenance.
L’entraîneur et kinésithérapeute Danny Gaudreau constate que les gens doivent faire preuve de plus d’originalité pour réussir à s’entraîner à leur convenance.

L’art de s’entraîner en confinement

Des gyms fermés, les activités des ligues sportives suspendues, des piscines inaccessibles, des portes verrouillées dans les arénas et les centres sportifs. Difficile de garder la forme en confinement. Il faut alors faire preuve d’originalité, suggère le kinésithérapeute sherbrookois Danny Gaudreau.

Selon l’Office mondial de la santé, un adulte de 18 à 64 ans doit effectuer au moins 150 minutes par semaine d’activité physique à intensité moyenne ou 75 minutes à intensité soutenue pour garder une forme appréciable. Plus deux exercices de renforcement musculaire. Les enfants : 60 minutes d’activité physique par jour. Est-ce le cas chez vous?

Si plusieurs ont maintenant beaucoup plus de temps de libre à consacrer à l’entraînement, les possibilités demeurent cependant moins nombreuses.

Heureusement, certains possèdent leur gym personnel à la maison. Il suffit d’ailleurs d’avoir quelques haltères ou un banc d’entraînement pour réussir à effectuer quelques exercices.

Sinon, il y a la nature. La course à pied ou la marche dans les sentiers, les rues du quartier et la forêt de la région.

L’entraîneur au Maxi-Club Danny Gaudreau rappelle que les traditionnels push-ups et redressements assis demeurent bénéfiques, mais bien d’autres options plus originales s’offrent aux gens.

«En temps normal, les principaux, obstacles à la mise en forme sont le manque de temps à cause du travail, les études, les enfants et la fatigue. Avec l'absence de ces obstacles en cette période, plusieurs en profitent maintenant pour renouer avec l’entraînement ou en faire un peu plus. La clef, c’est d’y aller progressivement pour éviter de se blesser».

En consultant un gym offrant encore des services, mais à distance, il est possible de varier les exercices.

« On offre entre autres des cours en direct et les membres peuvent faire du Zumba en ligne même avec leurs enfants s’ils le désirent. »

Des programmes d’entraînement différents peuvent être adaptés au confinement.

«Il existe plusieurs façons de varier l'entraînement, même en utilisant simplement le poids de son corps, informe Danny Gaudreau. Par exemple,  il est possible de changer les tempos, de ralentir le mouvement pour le rendre plus difficile. On peut également combiner des exercices et faire des circuits d'entraînement afin d'obtenir des entraînements différents.  On suggère aussi des élastiques de résistance qui peuvent faire changement des traditionnels poids libres. Ça devient un bon moment pour imposer un stress différent a notre corps.»

Ce dernier rappelle l’importance de l’échauffement.

«Il faut éviter les surcharges et bien s’échauffer pour réduire le risque de blessures. A partir de questionnaires, votre kinésiologue et entraîneur peut obtenir plus d'informations. Dès qu’une personne a une condition particulière, on lui suggère de consulter un médecin par téléconsultation par exemple.» 

Une population plus en forme ou moins en forme?

La grande question, est-ce que la population en général sortira plus en forme ou moins en forme de ce confinement?

« Les gens sont moins stressés, rappelle l’entraîneur. Le stress est un gros obstacle à la santé et la mise en forme. Il faut avoir une terre fertile pour obtenir un beau jardin. C’est la même chose pour le corps. Sinon, les gens qui ne s’entraînaient pas régulièrement en sortiront probablement plus en forme. Mais les athlètes élites et ceux qui fréquentent presque chaque jour le gym n’auront pas une aussi bonne condition physique qu’il y a quelques semaines, surtout par manque d’équipement et d’installation. »

S’adapter au retour à la vie normale

Une fois le confinement terminé, les professionnels de la préparation physique profiteront de différentes technologies leur permettant de demeurer loin de leur client.

« On utilise notamment un scanneur 3D pour calculer le pourcentage de gras et on profite aussi d’une technologie par caméra pour mesurer la posture, la symétrie et la mobilité. Il faudra s’adapter et probablement changer certaines habitudes », explique Danny Gaudreau.