Jacob Rabouin et Jérémy Rainville font partie des rares recrues à s’être taillé un poste avec le Phœnix de Sherbrooke, tout comme Dilan Savenkov et les jumeaux Vincent et Julien Anctil.

L'art de gagner son poste

Jérémy Rainville et Jacob Rabouin ont une chose en commun : ils ont tous les deux obtenu l’une des rares places disponibles chez le Phœnix de Sherbrooke. L’art de gagner son poste, les deux recrues le maîtrisent bien.

C’est avec une réputation avantageuse que Jérémy Rainville s’est présenté au camp de sélection des Oiseaux. Rainville venait à peine de gagner la Coupe Jimmy-Ferrari avec les Cantonniers de Magog à titre de capitaine, en plus de s’être rendu en finale de la Coupe Telus sur la scène nationale.

En plus, il retrouvait son partenaire de trio dans le midget AAA, Patrick Guay, le choix de première ronde du Phœnix en 2018.

« On jouait ensemble dans le bantam AAA avec les Harfangs du Triolet. On s’est retrouvés l’an dernier et je suis bien content de le revoir cette année après avoir gagné ensemble et surtout, après avoir évolué sur le même trio. La chimie était bonne! » constate l’attaquant de Brigham.

Les deux joueurs ont effectivement fait la pluie et le beau temps dans le midget AAA, Rainville a terminé la saison avec 41 points en 40 matchs. Guay lui : 64 points en 39 parties.

« Je suis convaincu que mon expérience à la Coupe Telus avec les Cantonniers m’aidera dans ma carrière de hockeyeur. En plus, j’avais un rôle important à jouer. Être un vétéran dans une équipe championne, c’est vraiment différent. Quand j’étais à ma saison recrue avec les Cantonniers, je jouais sur le quatrième trio et j’avais un rôle défensif. L’année suivante, je devais montrer l’exemple et contribuer offensivement. Ça change rapidement. J’ai appris beaucoup. Je suis donc arrivé au camp avec plus de confiance, en plus qu’il s’agissait de ma deuxième expérience au camp du Phœnix. »

Grimper les échelons un à un

À sa première présence au camp du Phœnix l’an dernier, Rainville admet qu’il n’était pas prêt à faire le saut dans la LHJMQ et que sa saison à 16 dans le midget AAA fut bénéfique. Bien peu de joueurs en ont conscience, d’ailleurs.

« Marshall Lessard a choisi de revenir dans le midget AAA après avoir été un choix de première ronde des Foreurs de Val-d’Or. Il va acquérir encore plus d’expérience et de confiance, en plus d’avoir du plaisir avec les Cantonniers. Ça lui servira pour la saison prochaine. Dans mon cas, cette année-là a été très importante dans mon développement. »

Même si les chances étaient minces avec le Phœnix encore cette saison, Rainville n’a jamais arrêté d’y croire.

« Je savais qu’il n’y avait que des postes de quatrième trio disponibles, mais je comptais bien travailler fort pour en obtenir un. Je ne m’attends pas à faire 50 buts cette année. Je veux nuire à l’autre équipe et passer un maximum de temps dans la zone adverse. Je suis prêt à accepter mon rôle en étant sur le 4e trio. Dans la vie, on ne commence jamais au sommet de l’échelle. Je partirai de la base et je devrai grimper les échelons comme je l’ai toujours fait », souligne l’attaquant de 17 ans.

Après avoir montré ses aptitudes de hockeyeur durant le camp, Rainville a livré la seule bagarre lors d’un match préparatoire.

« Je veux faire sentir ma présence. Pas nécessairement en me battant à chaque partie, mais je veux terminer mes mises en échec et jouer de façon intense. »

En tant qu’ancien capitaine des Cantonniers, il se pourrait bien que les qualités de leader de Rainville soient rapidement mises à profit.

« En côtoyant des gars comme Félix Potvin, j’ai appris à devenir un leader. J’arrive dans la ligue à 17 ans, je n’ai pas le rôle d’un 20 ans, mais en tant que recrue, je serai à mon affaire et si j’ai à partager mon expérience, je le ferai. »

Rabouin n’a pas froid aux yeux

Jacob Rabouin est prêt à tout pour conserver le poste qu’il a durement acquis et pour monter dans la hiérarchie du Phœnix de Sherbrooke. Et il ne semble pas avoir froid aux yeux.

« Mon jeu physique a certainement attiré l’attention. J’aime donner des mises en échec. Mon jeu défensif est aussi ma force. Sans dire que je suis un joueur qui se battra à chaque partie, si l’occasion se présente, je suis capable de me battre. »

En arrivant dans un rôle de négligé, Jacob Rabouin vivait une situation qu’il connait bien.

« Ce n’était pas une situation différente pour moi, confie le joueur de 17 ans de Saint-Alexis-des-Monts. Depuis que je joue au hockey, chaque fois que je me suis présenté à un camp, je devais toujours me battre pour un poste. Je n’étais jamais certain de faire l’équipe. Je me suis entraîné fort cet été, je suis arrivé confiant au camp et quand on donne l’effort, le résultat suit. Je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de places disponibles en défensive. À un certain moment, je me suis mis à douter et à penser aux autres options qui pourraient s’offrir à moi, comme rejoindre les rangs inférieurs, mais j’ai continué à donner tout ce que j’avais. »

Le choix de quatrième ronde en 2018 l’avoue : il rêve présentement les yeux ouverts.

« Quand je regardais les joueurs du junior majeur, je rêvais de jouer dans la LHJMQ. Je suis maintenant rendu là et ça ne fait que commencer. C’est quelque chose, jouer dans la LHJMQ. Ma famille et mes amis aiment me suivre et ça me motive de savoir ça », résume-t-il. Jérôme Gaudreau