La première partie entre le Phoenix et l’Armada laissait croire que la tâche des Sherbrookois n’allait pas être facile.

L’Armada a-t-elle réveillé l’ours qui dort?

Les visages étaient longs dans le clan sherbrookois après le premier match de la série contre l’Armada. La défaite de 5 à 1 à domicile a surpris tout le monde. Aujourd’hui, plusieurs croient qu’elle fut bénéfique pour le Phœnix, qui s’est relevé de cette contre-performance d’une brillante façon.

« On se rend compte que l’on a réveillé l’ours avec notre victoire, car par la suite, on n’a pas été capables de rivaliser à cause de la forte adversité du Phœnix », indique l’entraîneur de l’Armada, Bruce Richardson.

Le soir de la défaite, Félix Robert avait qualifié ce revers de vraie « claque au visage ». Son capitaine Samuel Poulin semble bien d’accord :

« La première partie a réveillé toute l’équipe. On ne s’était pas du tout présentés à la partie numéro 1. Notre mauvaise prestation a ouvert les yeux à tous les gars. On venait de comprendre que ça n’allait pas être facile. Oui, elle a été bénéfique en quelque sorte cette défaite, mais en même temps, si l’on avait gagné ce match, ce serait peut-être 4-0 aujourd’hui. »

« Il fallait peut-être mettre certaines choses en perspective, note pour sa part l’entraîneur du Phœnix, Stéphane Julien. Le premier match a été l’une de nos pires performances de l’année, sans rien enlever à l’Armada. On est revenus fort ensuite. »

Poulin au sommet des meilleurs marqueurs

Avant la seule partie de jeudi soir, entre les surprenants Remparts de Québec et les Mooseheads de Halifax, Samuel Poulin trônait au sommet du classement des meilleurs pointeurs et buteurs de la LHJMQ en séries grâce à ses cinq buts et quatre mentions d’aide.

« Le jeu du premier trio est contagieux, avance Bruce Richardson. Les leaders du Phœnix prennent les commandes et les autres n’ont pas le choix de les suivre. De notre côté, si l’on veut gagner, les 20 gars doivent être prêts à tout et ce n’est pas le cas présentement. Avant, avec nos Batherson et nos Barré-Boulet, on pouvait se le permettre. Chez le Phœnix, même si certains se présentent moins un soir, il peut toujours compter sur des gars comme Poulin. Mais nous, on n’a pas de joueurs comme lui cette saison. »

Stéphane Julien ne semble pas du tout surpris de la tenue de son capitaine :

« Sam est un professionnel à 17 ans. Il gère déjà mieux sa préparation que certains professionnels. C’est un tank et les autres n’ont juste pas le choix de le suivre. »

Pour sa part, Richardson en demande davantage à ses vétérans :

« Je m’attendais à voir mes leaders prendre les devants. Comme Alexander Katerinakis. Il a participé à deux finales dans le passé. Ce n’est pas juste à nos jeunes de nous donner du bon hockey. On ne peut pas se permettre d’avoir des passagers dans notre situation. »

Pendant ce temps, les jeunes joueurs du Phœnix font le travail.

« J’ai réuni les jeunes sur le même trio (NDLR: Bailey Peach, Patrick Guay et Nathael Roy) et ils sont allés chercher un gros but en deuxième période mercredi, soutient Julien. Patrick connait ses premières séries dans la LHJMQ. Il a 16 ans seulement, mais il a du caractère. Il va bien se débrouiller dans cette ligue. »

L’Armada indisciplinée et déconcentrée

Après les premiers buts du Phœnix mercredi à Boisbriand, l’Armada semblait avoir oublié qu’il y avait une rondelle sur la patinoire. Son but? Frapper le Phœnix, particulièrement durant les arrêts de jeu.

« C’est normal de voir l’adversaire être un peu sorti du match dans ces circonstances ou de voir les deux équipes lancer des messages à l’autre club, explique Alex-Olivier Voyer. C’est rien de frustrant et ça fait partie du hockey de séries. C’est ça, le hockey du printemps. L’Armada a décidé de jouer ce style de jeu à un certain moment et nous, on reste collé à notre style. C’est de cette façon que l’on veut se présenter au Palais vendredi : chaque présence compte et on ne doit rien tenir pour acquis, car on ne sait jamais ce qui peut arriver durant une série. »

« Ça n’aide pas d’être toujours en infériorité numérique, confie l’ancien membre des Cantonniers de Magog maintenant rendu avec l’Armada, Simon Pinard. C’était un match intense, mais il faudra trouver d’autres solutions pour vaincre le Phœnix. »

« L’Armada est le genre d’équipe qui aime profiter de nos erreurs et qui puise de la motivation en faisant ça, note Samuel Poulin. Il ne faut pas non plus entrer dans le jeu de l’Armada quand elle tente de nous déconcentrer avec des coups après le filet. On doit ignorer ça. »

L’Armada mise sur l’énergie du désespoir

Tous les clichés sont bons. L’Armada doit rebondir. Se battre avec l’énergie du désespoir. Considérer la prochaine partie comme un match numéro sept ou un match sans lendemain. Pour Blainville-Boisbriand, ça passe ou ça casse. Quelques minutes après la partie de mercredi, ils ont tous été entendus. 

Pour s’encourager, l’Armada tente de se souvenir de cette fameuse première rencontre de la série de premier tour. 

« On les a déjà battus à Sherbrooke. Donc c’est possible de le refaire. Ils n’ont pas gagné quatre parties encore. Il faut continuer d’y croire. On n’a pas le choix. Plusieurs jeunes n’ont jamais été dans cette situation et c’est là que j’ai un travail à faire », clame l’entraîneur Bruce Richardson. 

Son message a été bien entendu. S’il y avait une déception palpable chez les joueurs de l’Armada à la suite de leur troisième défaite, le mot désespoir ne faisait toutefois pas partie de leur vocabulaire. 

« On voulait rebondir, admet Simon Pinard. Le match n’a pas commencé comme on le souhaitait. Le Phoenix a marqué rapidement et ces buts ont eu un impact sur notre jeu. Heureusement, on a mieux joué en troisième période, ce qui peut donner le ton au prochain match. Nos intentions sont bonnes. Certains connaissent de mauvaises soirées, c’est normal. Mais on veut gagner vendredi. Ce n’est pas le vouloir qui manque. On devra jouer notre meilleur match de l’année en étant affamés. »

Évidemment, le Phoenix ne voudra pas concéder la moindre chance à l’Armada de revenir dans la série. 

« Une victoire nous donnerait une plus longue pause, précise Samuel Poulin. On serait moins fatigués pour affronter notre prochain adversaire et on aurait plus de temps pour se préparer pour la suite dans le cas d’une victoire vendredi. »

« Tout peut changer rapidement dans les séries: une blessure, une mauvaise soirée du gardien, une sortie ordinaire de notre club », soutient Stéphane Julien en se montrant prudent.

« La journée de congé fera du bien, estime quant à lui Richardson. J’ai des jeunes joueurs qui n’ont jamais joué autant. On a dépensé beaucoup d’énergie mardi et on sera prêts vendredi. Quand on a la tête dans le fond de l’eau, on doit se débattre pour aller chercher notre dernière bouffée d’air. Ce sera le cas lors du match 5. »