Le Magogois Christian Lavallée était de loin le plus vieux dans la salle quand il a suivi sa formation d’arbitre l’été dernier.

L'arbitre Christian Lavallée à sa place

Il n’y a pas d’âge pour commencer à officier au hockey. Du moins, c’est ce que vient de prouver Christian Lavallée de Magog en faisant ses débuts dans l’arbitrage à l’âge de 47 ans.

Lavallée vient de compléter sa première saison comme arbitre à Hockey Magog et dans une moindre mesure dans le hockey scolaire avec une soixantaine de parties au compteur. Pourtant, rien ne destinait Lavallée à porter le chandail rayé.

« En réalité, j’en traînais un dans mon sac d’équipement depuis quelques années et je me disais que je m’en servirais un jour pour remplacer un arbitre au pied levé. Mais ce n’est pas aussi simple que ça. On ne peut pas s’improviser arbitre du jour au lendemain. J’ai suivi ma formation durant l’été à Sherbrooke et j’ai été accrédité. Lors de cette formation, j’étais de loin le plus vieux dans la salle. Autour de moi il y avait surtout des adolescents et de jeunes adultes. Malgré tout, je ne me suis jamais demandé si j’étais à ma place ou pas. J’y suis, j’y reste, que je me suis dit », affirme Lavallée.

Ce dernier venait de trouver le moyen de rester en contact avec un sport qu’il a toujours aimé. « Je ne joue plus de façon régulière et en raison de mon travail je ne me voyais pas entraîner une équipe de hockey mineur. Il restait l’arbitrage et je suis bien content d’avoir osé. »

Confrérie

De son propre aveu, Lavallée manquait nettement d’expérience à ses premiers coups de patin comme juge de lignes. « Je ne veux pas vexer personne, mais ce n’est pas la formation du début de saison qui t’en apprend beaucoup sur l’art d’arbitrer. Il y a une belle confrérie d’arbitres à Magog et c’est en travaillant avec eux que j’en ai appris le plus. Ils ont été fantastiques avec moi. Je ne pouvais pas être mieux entouré pour prendre de l’expérience », soutient Lavallée, qui se souvient encore de sa première partie sur les lignes comme le veut l’expression populaire.

« Bizarrement, j’ai réalisé une fois sur la glace qu’il y avait pas mal de mouvement autour de moi et que je devais aussi patiner beaucoup plus que je l’avais imaginé. L’adaptation s’est bien déroulée quand même. »

Comme tout débutant, Christian Lavallée a surtout travaillé chez les plus jeunes, plus précisément dans les divisions novice, atome et pee-wee. Il a également fait quelques apparitions au bantam et au midget.

Lavallée raconte sa première présence dans un match midget.

« Une mêlée a éclaté à un moment donné impliquant tous les joueurs sur la glace. Je suis foncé dans le rassemblement de joueurs sans trop réfléchir pour séparer tout ce beau monde, mais j’en ai été quitte pour quelques coups sur la margoulette. On a bien ri, mais on m’a aussi laissé savoir que je n’avais pas besoin de jouer à Tarzan de la sorte. Je peux vous garantir que c’est bien noté. »

Du respect

On le sait, les arbitres ne gagneront jamais un concours de popularité. Pourtant, Christian Lavallée n’a pas senti, ou très peu, cette aversion envers les chevaliers du sifflet. « Je crois que la réalité est faussée par quelques individus qui sont responsables de la mauvaise publicité que le hockey mineur reçoit. En général, je sens qu’il y a du respect pour le travail que l’on fait. Il suffit juste de quelques individus pour que la chaîne débarque », soutient Lavallée.

Masochiste, Christian Lavallée, pour débuter dans l’arbitrage à l’aube de la cinquantaine? « Y a pire que ça dans la vie. Je me sens utile. Ça prend de tout pour que le hockey mineur soit agréable pour ceux qui le pratiquent. C’est ma façon de contribuer », a répondu le principal intéressé.