L’amour attire un ancien pro chez Tennestrie

Il a déjà battu à deux reprises Denis Shapovalov. Il arrive tout juste d’Abu Dhabi, là où il a échangé quelques balles avec Novak Djokovic. Et maintenant, l’ancien joueur professionnel Vincent Millot devient entraîneur à l’école de tennis Tennestrie de Sherbrooke.

C’est après avoir trouvé l’amour en Estrie lors de son tout premier tournoi professionnel que la 135e meilleure raquette au monde en 2016 a choisi la région comme terre d’accueil. 

« J’avais 19 ans et 15 ans plus tard, je reviens à Sherbrooke, mentionne le Français d’origine. Je vais travailler dans le club où j’ai rencontré ma femme! C’est une belle histoire, mais cette histoire me parait naturelle: Sherbrooke était ma ville de cœur. »

Le vice-président du Club Tennestrie, Pierre Ouzilleau, se souvient très bien de sa première rencontre avec Vincent Millot. 

« J’hébergeais trois Français, dont Vincent. Je crois qu’il avait participé aux quarts de finale à sa première participation. Un bon soir, j’ai présenté la fille d’une bénévole à Vincent, Stéphanie Blanchard. Sa mère France Narcisse hébergeait aussi des athlètes. Et de fil en aiguille, ils ont appris à se connaître pour finalement devenir un couple. Ils ont habité ensemble en France et ils ont eu deux enfants. La famille est de retour au Québec depuis environ un an et après avoir pris sa retraite il y a quelques mois, il travaille avec nous et on est très heureux de pouvoir compter sur lui. »

« Vincent a participé souvent au tournoi Futures de Sherbrooke et il avait fait de cette ville sa deuxième maison. Peu à peu, il s’est rapproché de nous allant jusqu’à travailler ici cet été. Il a finalement décidé de se joindre définitivement à notre club. Il souhaitait garder contact avec le monde du tennis et Tennis Canada a aussitôt offert le titre d’entraîneur de catégorie 3 à Vincent », ajoute François Lefebvre, président du club, tout en rappelant que Millot a battu Denis Shapovalov en 2016 et 2017.

« Malgré tout, je suis un novice en tant qu’entraîneur, rappelle Vincent Millot, aujourd’hui âgé de 33 ans. Joueur et entraîneur, ce sont deux choses différentes. J’ai hâte d’apprendre des autres entraîneurs. »

Une alternative au Centre national

Vincent Millot sera d’ailleurs bien entouré. 

« Pierre et moi, on est aussi des entraîneurs de catégorie 3, soutient François Lefebvre. C’est très rare de voir trois entraîneurs de cette catégorie dans le même centre. On souhaite ainsi devenir une alternative au Centre national. Les joueurs qui ont un bon potentiel et qui ne se trouvent pas encore sous le radar pourront venir nous voir et on les aidera différemment, sans nécessairement les déloger de leur région. Ils pourraient participer à quelques sessions d’entraînement avec nous, comme Maxime St-Hilaire, le champion national chez les 16 ans. »

Le dernier joueur professionnel à être devenu entraîneur à Sherbrooke était Frédéric Niemeyer, qui avait réussi à atteindre le 134e rang en 2004.

« Tennis Canada lui avait d’ailleurs aussi offert le titre d’entraîneur catégorie 3 à sa retraite. Ça montre à quel point Vincent sera un entraîneur de qualité. Il aura l’avantage d’avoir une vision de joueur professionnel et il se réjouit d’être entouré de personnes ayant l’expérience de gérer ou planifier les activités du centre », explique François Lefebvre. 

« J’aimerais simplement partager mon expérience de joueur de tennis, qui est quand même assez longue, rappelle Vincent Millot. Si les joueurs visent les circuits de haut niveau, je crois pouvoir les aider à atteindre leur objectif. »

Le Québec sur l’échiquier du tennis mondial

Vincent Millot admet que le Canada, et le Québec, ont gagné en notoriété lors des dernières années dans le monde du tennis. Cette ascension est loin d’être terminée selon l’ancien professionnel. 

« Le tennis au Québec et au Canada se développe de plus en plus avec la présence de joueurs comme Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Bianca Andreescu. Le tennis prend une importance réelle dans la province. Les gens connaissent maintenant le sport parce qu’ils le regardent de plus en plus grâce à la présence d’excellents joueurs canadiens. Ils aiment ce sport et veulent le pratiquer. De plus en plus de filles se dirigeront surtout vers le tennis dans les cinq prochaines années au Canada grâce à Bianca Andreescu. J’en suis persuadé. »