Les Sherbrookois ont baissé pavillon 40-5 face à leur rivaux de Québec.

La tension entre Sherbrooke et Québec monte d'un cran

QUÉBEC - Visiblement, la déclaration de l'entraîneur-chef du Vert & Or Mathieu Lecompte n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
À l'issue du match inaugural des deux équipes en saison 2017, remporté 40-5 par le Rouge et Or à Québec samedi soir, le coordonnateur à la défensive du Vert & Or Guillaume Boucher et son homologue défensif chez le Rouge et Or Marc Fortier se sont frottés le bout de la casquette au centre du terrain.
Visiblement, Fortier en avait après Mathieu Lecompte ; après la poignée de main usuelle entre les entraîneurs des deux équipes après le match, Fortier a dit à Lecompte : « C'est votre première leçon. »
Quelques invectives ont ensuite suivies, et Lecompte a rétorqué en disant : « Tu sais où je reste ». C'est à ce moment que Guillaume Boucher est intervenu, alors que le terrain se remplissait de partisans.
C'est l'ancien quart-arrière du Rouge et Or Mathieu Bertrand qui s'est interposé pour calmer la situation.
Fortier faisait référence à la déclaration de Lecompte, relaté la semaine dernière dans La Tribune, voulant que le Vert & Or ait peut-être la meilleure défensive de tout le football universitaire canadien.
« Moi, je suis un homme de respect, je dis félicitations, belle partie, quand je serre la main après un match. Il y a des gens qui se permettent des commentaires. Nous, on est dans une première année de programme. Si eux autres, c'était leur Coupe Vanier, tant mieux pour eux. On est venus, on a joué. Est-ce qu'on peut continuer à monter ? La réponse est oui. Pour le reste... », a dit Mathieu Lecompte.
« Je continue à croire que j'ai une très bonne défensive entre les mains, on va continuer à se battre et à avancer avec cette unité-là. Je crois qu'on n'a pas mal joué. La défensive a montré de très belles choses. »
« On n'a pas su protéger le ballon, malheureusement. On ne trouvera pas d'excuses, le match a fini 40-5. On va apprendre de ça, se relever et être prêt pour le prochain match, jeudi soir à Sherbrooke contre Concordia. »
Évidemment, la déclaration de Mathieu Lecompte fut non seulement entendue chez le Rouge et Or, mais elle a servi de motivation aux troupes, confirme l'entraîneur-chef du Rouge et Or Glen Constantin.
« Ça vend des billets, c'est comme la boxe, les millions en moins ! Sauf que nous, on met les zéros avant le 1 ! Je sais pas ce qui s'est dit, je l'ai manqué. Les gars sont fiers, et de se faire dire toute sorte de choses pendant la semaine... On est une équipe avec un peu plus de vécu peut-être. On accumule, on n'alimente pas. Ces affaires-là, de meilleure défensive ou non, je m'occupe pas de ça. Pour la motivation, c'est sûr que ça a joué auprès des gars. C'est ça jouer contre Sherbrooke, c'est physique, on sait qu'on va avoir des gros matchs, que ce soit Mathieu Lecompte ou non. Mais le danger de trop en faire est là, les gars veulent frapper plus fort ou courir plus vite. Ça peut devenir un piège », a dit le coach du Rouge et Or.
Un match en deux temps
Le Rouge et Or a pris le contrôle du match en toute fin de première demie, grâce à deux majeurs inscrits dans les deux dernières minutes.
Avec 24 points inscrits au deuxième quart seulement, le Rouge et Or est retraité au vestiaire en avance 29-4.
Les dommages étaient faits et le Vert & Or n'a jamais pu se remettre en selle.
Comme anticipé, la jeune unité offensive du Vert & Or a connu certaines difficultés, avec seulement 12 premiers essais.
Quand même, en inscrivant cinq points dans cette défaite, le Vert & Or a inscrit plus de points que lors de ses deux matchs disputés contre Québec en 2016 (des défaites de 14-1 et 41-3).
Victime de deux interceptions qui ont mené à 10 points du Rouge et Or, le quart-arrière Alex Jacob-Michaud avec 19 passes complétées en 35 tentatives, pour des gains de 204 verges. Il a aussi couru pour 18 verges.
« Une dure première demie, on voulait bien faire. C'était de l'apprentissage, il fallait rentrer dans le rythme. On a beaucoup mieux fait en deuxième demie, des meilleures séquences. On doit juste compléter nos séquences avec des touchés. Les connexions se créent. C'est la première étape de la saison, ce n'est pas la fin. On va bâtir là-dessus », a dit le jeune quart de deuxième année.
Deux points positifs de l'attaque sherbrookoise ? Les prestations inspirées du receveur de passes Tomy Duperron et du porteur de ballon Gabriel Polan.
Le dernier a été très solide au sol, avec plusieurs courses en puissance. Il a complété le match avec 112 verges en 10 courses, dont une très longue de 52 verges.
Quant à Duperron, dont c'était le premier match universitaire depuis son transfert des Carabins de l'Université de Montréal, il y a deux ans, il a capté cinq passes pour 89 verges.
« Je suis arrivé confiant, à cause de mon coach, Brent Bailey. C'est comme un père pour moi, il est patient, il veut me laisser évoluer, il est prêt à prendre mes erreurs pour ce que je fais de bien. Je trouve qu'on général, on a bien fait, même si on a encore beaucoup de choses à apprendre. C'est positif dans l'ensemble. On a beaucoup de nouveaux visages à l'attaque, c'est normal. On doit prendre un rythme et broder ça. Je suis très optimiste. »