Le Rocket de Coaticook n’a pas réussi à surprendre les Guerriers de Granby, qui ont inscrit quatre gains de suite pour passer au prochain tour. Joe Raymond, de Richmond, a porté l’uniforme du Rocket pour la dernière fois de sa carrière.

La saison du Rocket se termine sur une note amère

Comme ce fut le cas dans les matchs deux et trois de la série, le Rocket et les Guerriers étaient à égalité au début de la septième manche. Une fois de plus, ce sont les Granbyens qui ont démontré le plus d’opportunisme, se sauvant avec une victoire de 4-2 qui met fin à la saison du Rocket.

Le quatrième match de cette série s’est déroulé à l’image de la saison du Rocket : manque d’opportunisme et erreurs de concentration. Résultat : une défaite crève-cœur. Le Rocket a commencé en force en inscrivant deux points en deuxième manche, mais les Guerriers ont immédiatement comblé l’écart à leur prochain tour en attaque. 

La marque était toujours de 2-2 au terme de la septième manche. C’est alors qu’avec deux retraits au tableau, deux joueurs des Guerriers ont atteint les sentiers et sont venus croiser le marbre sur deux mauvais lancers de Samuel Girard, qui a connu un excellent match malgré ce dénouement. Le Rocket a mis deux hommes sur les buts en fin de huitième manche, mais Nicolas Neveu s’est fait retirer sur des prises pour mettre fin à la partie.

« Je ressens toutes sortes d’émotions en ce moment, je suis vraiment déçu, confie Frédéric Lajoie, qui complète sa première année en tant que pilote du Rocket sur une note amère. Je crois vraiment qu’on est meilleur que ça. Je suis déçu pour Samuel (Girard), je suis déçu pour Joe Raymond, qui a lancé un match incroyable dimanche et dont la carrière junior élite vient de se terminer. Ils méritaient mieux, on méritait mieux. On s’est battu, on ne peut pas commettre trois, quatre erreurs par match et espérer gagner. » 

L’entraîneur ne cache pas sa déception suite au dénouement anti-climatique de sa première saison à la barre du Rocket. « Il y a des choses qui vont devoir changer, ça, c’est certain, déclare-t-il. Il va avoir des changements à faire du côté des joueurs, de leur attitude et de leur présence. Au moins, ils ont acquis beaucoup d’expérience au cours de la saison qui leur servira dans le futur, ça ne s’achète pas. »

« On a donné trop de chances à Granby, tu ne peux pas faire ça avec une équipe comme eux, surtout pas en séries, conclut Lajoie. Ils ont été capables de prendre avantage de nos erreurs, ce qu’on n’a pas été en mesure de faire tout au long de la série et de la saison. On a tous un gros travail d’introspection à faire en vue de la prochaine saison. »

+

Le Big Bill ne tient rien pour acquis

Comme le décrit bien sa fiche de 16-16, le Big Bill de Coaticook a connu une saison 2019 bien ordinaire. L’équipe a démontré qu’elle pouvait vaincre quiconque, mais elle a eu de la difficulté à aligner les performances dominantes. Il n’est donc pas question pour eux de tenir les Expos de Sherbrooke à la légère, bien qu’ils aient récolté deux fois plus de victoires.

L’entraîneur du Big Bill, Jonathan Breton, est catégorique. Son équipe ne peut pas se permettre de prendre les Expos pour acquis et penser tout de suite à la prochaine ronde, qui opposera le vainqueur de cette série aux puissants Cascades de Shawinigan.

« Les choses peuvent aller tellement vite au baseball, particulièrement dans une série deux de trois, analyse Breton, qui a mené sa troupe à la ronde finale il y a deux ans. On l’a vu l’année dernière face à Victoriaville quand on s’est fait éliminer en trois matchs de suite. Les Expos peuvent marquer beaucoup de points, donc s’ils frappent en début de partie, on peut se retrouver dans le trouble rapidement. »

S’il y a bien deux départements dans lesquels le Big Bill semble avoir un avantage clair sur leurs rivaux, c’est en défensive ainsi qu’au monticule. Les deux équipes ont offert des performances similaires au bâton cette saison, mais les Coaticookois sont au quatrième et au deuxième rang de la ligue respectivement pour ces catégories, alors que les Sherbrookois sont bon derniers. 

« Ç’a toujours été nos forces à Coaticook, du moins depuis que je suis entraîneur, confirme Breton. Nos lanceurs sont très solides, Christopher Sauvé-Gebhardt a encore connu une excellente saison et son bras devrait être assez reposé pour qu’il fasse la différence dans les séries. Mathieu Boutin se remet lui aussi bien de sa blessure au bras, il pourra nous donner de grosses manches. »

La question que se posent tous les partisans du Big Bill semble être répondue. L’excellent lanceur et joueur d’avant-champ Lachlan Fontaine, prêté par les Capitales de Québec plus tôt cet été, ne devrait pas être en mesure de rejoindre son équipe en LBMQ pour les séries.

« Je lui ai parlé la semaine dernière et bien qu’il aurait aimé venir nous aider, il est actuellement sur la masse salariale des Capitales, confie Breton. Sa présence nous aurait beaucoup aidés, les joueurs sont plus confiants quand il est là. On aurait aimé l’avoir, mais j’ai confiance en nos joueurs, qui seront tous présents pour les séries. Ça va permettre de jouer du baseball plus stratégique. » - Maxence Dauphinais-Pelletier

+

Une chance de se reprendre pour les Expos

Les Expos de Sherbrooke ont une chance de se reprendre.

Après une autre saison décevante où ils n’ont pas été en mesure d’atteindre la dizaine de victoires, les Expos pourraient gâter un peu leurs partisans avec une victoire en ouverture des séries éliminatoires, face à leurs rivaux de toujours, le Big Bill de Coaticook.

Avec seulement huit victoires en 32 matchs — c’est la troisième année de suite que Sherbrooke ne réussit pas à remporter au moins 10 matchs — les Expos seront les grands négligés dans cette série.

Leurs difficultés, un peu partout sur le terrain, notamment au monticule et en défensive (76 erreurs en 32 matchs), seront particulièrement difficiles à colmater à brève échéance, confirme le joueur et entraîneur de l’équipe, Eddie Lantigua.

Les lanceurs des Expos ont conservé une ronflante moyenne de 7,80 points accordés par match, en 2019, alors que les artilleurs du Big Bill ont été deux fois moins généreux (moyenne de 3,59).

Sherbrooke a peiné toute la saison à trouver des lanceurs dignes de ce nom ; Lantigua lui-même, un joueur d’avant-champ, a été appelé plus souvent qu’autrement sur la butte.

C’est Philippe Valiquette qui obtiendra le départ, mercredi à Coaticook. Mais Lantigua cherche encore un lanceur pour le deuxième match de la série.

« Ce sera une série très serrée. On a bien joué contre eux cette saison, et eux aussi. La rivalité est bien vivante entre nos deux clubs, une rivalité qui date de bien avant mon arrivée. C’est l’fun pour les partisans. »

Lantigua confirme que sa première saison comme joueur entraîneur des Expos ne fut pas de tout repos.

« C’était vraiment dur ; on savait qu’on n’avait pas les lanceurs pour rivaliser. Et François (Lécuyer, le propriétaire) ne nous a pas amené d’aide. Et les gars disponibles ne voulaient pas venir à Sherbrooke. La disponibilité des gars, qui ont des emplois le jour, c’est le gros défi. La ligue devra régler ça, sinon, ça ne changera jamais. »

« On ne va pas lâcher, on va donner tout ce qu’on a dans le ventre et espérer battre Coaticook. »

Sherbrooke et Coaticook s’affrontent lors d’une série deux de trois. Le deuxième match est prévu vendredi soir à Sherbrooke, à compter de 20 h. - Sébastien Lajoie