Michel Couturier, directeur sportif du Mistral de Sherbrooke.
Michel Couturier, directeur sportif du Mistral de Sherbrooke.

La saison de soccer retardée

Les passionnés de soccer devront encore attendre.

L’annonce, dimanche, de la fermeture de tous les commerces non essentiels jusqu’au 4 mai, par le gouvernement du Québec a eu pour effet de retarder l’ouverture éventuelle de la saison de soccer.

Si Soccer Québec faisait état d’une reprise possible le 1er mai, il va donc sans dire que la reprise des activités fédérées de soccer au Québec, sans exception, est reportée au-delà du 1er mai 2020.  

Une nouvelle date sera fixée lorsque de nouvelles recommandations gouvernementales nous permettront de le faire.

Et pour le directeur sportif du Mistral de Sherbrooke, Michel Couturier, cette date pourrait fort bien se situer entre la mi-juin et la fin juin.

« Il n’y a pas si longtemps, on travaillait pour amorcer nos activités à la mi-mai. Là, on regarde un peu plus loin, bien entendu. Maintenant, notre priorité comme technicien de club et comme gars qui pense à son club, c’est comment on va faire le début de saison. Il faut que le retour soit très bien fait, pour que ça soit sanitaire pour tous nos participants. Il va certainement y avoir une crainte, des parents et des joueurs, lors du retour. Est-ce que les parents vont laisser aller leurs enfants dans un grand groupe très rapidement? », a dit Michel Couturier.

« Ça fait partie des questions que l’on doit se poser. Les gens font faire à nouveau des activités, mais ce sera à nous de changer la façon de le faire. Il faut continuer à y réfléchir. Il va y avoir retour au jeu, je suis très positif, mais il faudra bien le faire. »

Mercredi, lors de son point de presse quotidien, le premier ministre du Québec François Legault a confirmé que les Québécois devront vivre avec les règles de distanciation physique (2 mètres) pour plusieurs mois, encore.

« Je n’ai pas entendu son point de presse. Mais le sport va s’adapter. Il l’a déjà fait, dans le passé. Comme dans les années 1980, avec l’avènement du sida. Dès qu’un joueur avec du sang sur lui, les gens capotaient. Ça a changé. Il va juste s’agir de trouver la bonne façon de faire. Il ne faut pas juste penser ballon. Il faut trouver un environnement sain et sanitaire », a dit Michel Couturier.

Dur à dire pour l’instant si la pandémie de la COVID-19 a des impacts réels sur le nombre d’inscriptions pour l’été prochain, dit le directeur sportif du Mistral.

« On mettait une nouvelle structure en place pour le développement du soccer au Québec pour les clientèles de moins de 12 ans. Déjà, ça a affecté un peu les inscriptions, car on changeait les façons de faire. Et lorsque la pandémie a forcé le Québec à se mettre sur pause, on a arrêté de prendre des inscriptions. Donc oui, il y a un impact, mais c’est dur à quantifier », a dit Michel Couturier.

« On a arrêté de prendre des inscriptions, car on ne sait pas où on s’en va. Mais les arrêts des activités, ça a un impact. »

Diversifier l’approche au développement

En temps de crise, donc, c’est le temps de diversifier l’approche au développement des jeunes, dit Michel Couturier.

« Actuellement, sur notre site, on travaille sur des capsules d’entraînement pour faire bouger les enfants. On travaille d’autres choses. Est-ce que le report des activités à un impact? Moi, comme entraîneur de haut niveau depuis des années, je dirais que ça nous donne plus de temps, car il y a moins de compétitions. Cette compétition nous donne bien souvent moins de temps pour développer les athlètes. Dans mon sport, il y a beaucoup de compétitions, beaucoup de matchs. Là, on a le temps de développer la concentration, les qualités athlétiques, la coordination, là c’est le temps de le faire », a dit le directeur sportif.

« J’ai très confiance. Le sport a vécu plusieurs situations difficiles dans le temps, et on va passer à travers. Les réseaux de compétition au soccer devront s’adapter, également. Moi je crois qu’on va apprendre de tout ça et on va en sortir plus fort. »

Quant au report des Jeux du Québec, Michel Couturier a surtout une pensée pour les organisateurs de la ville hôte de Laval.

« Les Jeux du Québec, ça touche un petit groupe au sein de notre club, c’est plus une activité régionale où on regroupe les meilleurs joueurs afin de participer à un tournoi provincial. C’est triste pour eux, mais aussi pour ceux et celles qui travaillent à l’organisation des Jeux depuis plusieurs mois déjà. »