Carl-Étienne Michel est le seul défenseur de 15 ans chez les Cantonniers de Magog cette saison.

La recrue aux nerfs solides

Carl-Étienne Michel est le seul défenseur de 15 ans chez les Cantonniers de Magog cette saison. À le voir évoluer avec l’assurance déconcertante qui le caractérise, le cadet de l’équipe à la ligne bleue a l’air de tout, sauf d’une verte recrue.

Difficile de croire aussi qu’il a passé toutes ses premières années au hockey à la position d’attaquant. C’est seulement à sa première année pee-wee avec les Harfangs AAA relève de Sherbrooke (Triolet) que Michel a décidé de changer de position. Pourtant, chez les novices comme dans la division atome, Carl-Étienne Michel amassait des points à la pelle.

Sauf que le jeune Magogois a réalisé qu’il avait plus la fibre du défenseur que de l’attaquant. « Probablement que ce n’est pas tout le monde qui pense comme moi, mais à l’avant j’éprouvais de moins en moins de plaisir à patiner partout sur la glace. Dès que j’ai essayé la position de défenseur j’ai pris conscience que j’étais en mesure de contrôler davantage le jeu et d’avoir une meilleure vision de ce qui se passait devant moi. Je me sentais plus utile avec le résultat que je n’ai jamais essayé de retourner à l’avant. Je n’ai jamais regretté mon choix », souligne Michel.

À la maison

Magogois pure laine, Carl-Étienne Michel a la chance de jouer à la maison, un rêve qu’il caressait depuis qu’il est haut comme trois pommes. « Mon père a longtemps été impliqué beaucoup au sein du hockey mineur à Magog. Je l’accompagnais souvent en fin d’après-midi à l’aréna et j’en profitais pour observer les Cantonniers à l’entraînement. Je me voyais avec ce chandail sur le dos. Je n’ai rien ménagé pour y arriver », raconte le hockeyeur de 5 pieds 11 pouces ½ et 170 livres.

Pendant un certain temps, Michel s’est questionné sur ses chances de réaliser son rêve dès cette saison. Une blessure à l’épaule dès le premier match présaison l’a tenu loin de la glace durant la majeure partie du camp d’entraînement. « D’autres joueurs profitaient de leur temps de glace pour gagner des points. Je ne souhaitais de malheur à personne, car ce n’est pas comme ça qu’on gagne un poste, mais j’avais hâte d’aller faire mes preuves. Je suis retourné à l’entraînement seulement quelques jours avant le début de la saison régulière. J’étais soulagé quand on m’a annoncé que j’avais ma place avec l’équipe. »

Conditions difficiles

Reste que le jeune arrière-garde n’a pas débuté la saison dans les conditions idéales. Déjà qu’il n’est pas facile de faire le saut du bantam AAA au midget AAA, Michel devait composer avec une épaule qui l’inquiétait un peu, sans compter qu’il était loin d’être au sommet de sa forme en ayant raté la majeure partie du camp.

« La côte était immense, mais les entraîneurs m’ont bien utilisé pour me permettre de retrouver mes repères et ma confiance rapidement. »

Il n’est pas rare de voir des défenseurs de 15 ans dans le midget AAA jouer avec une certaine retenue pour éviter les erreurs. « Ce n’est pas mon cas. Vous voyez le vrai Carl-Étienne Michel à l’œuvre. J’essaie de bien bouger la rondelle et d’effectuer une bonne première passe. Évidemment, mes responsabilités dans notre territoire sont les mêmes que mes coéquipiers. Je choisis le bon moment pour appuyer l’attaque. Je n’essaie pas non plus d’épater la galerie en me disant que c’est mon année de repêchage et que je dois en mettre plein la vue aux recruteurs. C’est souvent comme ça qu’on s’éloigne de ce qu’on fait le mieux », prétend celui qui figure assurément parmi les meilleurs prospects de 15 ans à la ligne bleue en vue du prochain repêchage de la LHJMQ.

Vendredi soir, les Cantonniers accueilleront le Phénix du Collège Esther-Blondin. « Nous sommes dans une position enviable. On a notre sort entre nos mains si on veut conserver la première place. Ça commence dès vendredi contre le Phénix », estime-t-il.