Bien que la récolte d’orignaux soit en hausse pour une deuxième année consécutive en Estrie, le cheptel est encore beaucoup trop fragile pour envisager le rétablissement des saisons permissives autorisant le prélèvement des femelles.

La récolte rattrape la moyenne quinquennale

CHRONIQUE / La récolte d’orignaux est en progression pour une deuxième année consécutive en Estrie, un constat qui alimente l’espoir d’une relance durable du cheptel.

Le nombre d’orignaux abattus dans la zone 4 a grimpé à 471 bêtes, dont 289 mâles adultes. Ces chiffres représentent une augmentation de 8 pour cent de la récolte et de 12 pour cent du segment des mâles par rapport à 2017.

« Ce n’est pas spectaculaire, mais le mouvement à la hausse est continu et la récolte de mâles est un autre indicateur du redressement du cheptel. Ce sont les meilleurs chiffres depuis 2015 » relève Anaïs Gasse, responsable de la grande faune en Estrie.

Toutefois, les résultats stagnent dans la zone 6 où la récolte de 53 orignaux est identique à celle de l’an dernier.

« Les habitats forestiers fréquentés par les orignaux sont de plus en plus morcelés dans la zone 6  et il sera difficile d’effectuer des gains importants sur ce territoire » juge la biologiste.

Les 523 bêtes récoltées l’automne dernier dans les deux zones de l’Estrie où la chasse à l’orignal est permise nous ramènent pile-poil à la moyenne quinquennale de la période 2013-2017.

Pas question pour autant d’envisager à court terme le rétablissement d’une saison permissive, qui permettrait de récolter les femelles une année sur deux.

« La densité après chasse passe de 1,07 à 1,22 bête/10 km² d’habitat, mais elle est en encore beaucoup trop basse pour prendre un tel risque. Cette mesure de protection est en place depuis plusieurs années et on commence à peine à en percevoir les résultats positifs ».

Les deux années de reprise ne permettent pas non plus de conclure que les orignaux sont devenus plus résistants aux tiques, les parasites qui ont décimé les populations du sud du Québec et de la Nouvelle-Angleterre.

« Les suivis nationaux de même que l’étude conjointe qui sera effectuée en partenariat avec le Nouveau-Brunswick nous fourniront à cet effet un meilleur portrait » indique Mme Gasse.

Un inventaire aérien est également prévu au cours de l’hiver dans la zone 4 pour valider si les observations à partir des airs collent aux résultats de chasse plus encourageants des dernières années.

Signalons que ce sont les chasseurs à l’arme à feu qui ont effectué les plus importants gains cet automne dans la région alors que la progression des précédentes saisons était davantage du côté de l’arbalète.

À l’échelle provinciale, la récolte a fléchi à 19 696 bêtes cet automne par rapport aux 21 879 orignaux abattus en 2016 (la comparaison est effectuée entre deux saisons qui limitaient les prélèvements aux mâles et aux veaux). Les gestionnaires fauniques parlent tout de même de stabilité puisque la récolte de 14 329 mâles des derniers mois est quasi identique à celle d’il y a deux ans. Les mâles ont constitué 75 pour cent de la récolte cette année tandis qu’ils avaient représenté 67 pour cent de celle de 2016.