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Sébastien Lajoie
La Tribune
Sébastien Lajoie
Le Canadien a été expéditif, face aux Jets de Winnipeg.
Le Canadien a été expéditif, face aux Jets de Winnipeg.

La prise de l’ours

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SHERBROOKE — Le Canadien de Montréal a réussi à sortir de la division Nord. Sa victoire en quatre petits matchs sur les Jets de Winnipeg lui permet maintenant d’atteindre le carré d’as dans la LNH. Après avoir réussi l’impensable face aux Maple Leafs de Toronto au premier tour, le CH se retrouve maintenant à huit victoires d’une première coupe Stanley depuis 1993. Quel revirement de situation.

Si le CH a été franchement inspiré en revenant de l’arrière d’un déficit de 1-3 face aux Leafs, il a été encore plus dominant dans sa courte série face aux Jets, qui doivent encore se demander ce qui s’est passé, tellement tout s’est déroulé rapidement.

Lentement, avec précision, et patience, Montréal a imposé une pression constante sur les Jets. Une tenaille qui rendait l’équipe du Manitoba de moins en moins confortable.

De toute évidence, les Jets n’ont jamais pu s’ajuster à la prise de l’ours du CH.

Si Winnipeg a pu patiner à sa guise face à des Oilers qui pratiquaient essentiellement le même style de jeu qu’eux, le CH a offert un autre plat principal à son menu.

De l’échec-avant intense, une zone neutre bouchonnée, l’enclave impénétrable devant un Price solide, mais qui n’a pas eu à être aussi spectaculaire que contre les Leafs.

Les Jets ont gardé leur meilleur effort pour le quatrième match. Plus incisifs, plus impliqués physiquement, ils ont réussi à combler un déficit de 0-2 et forcer la prolongation. Deux tirs parfaits du défenseur format géant Logan Stanley ont eu raison de Carey Price.

Mais la prolongation nous a rapidement montré que la soirée ne s’éterniserait pas; les attaquants ont congestionné les défenseurs des Jets profondément dans leur territoire, tout juste avant que le jeune Caufield ne repère Tyler Toffoli dans l’enclave. Boum, rideau.

Si Carey Price, Philip Danault, et Corey Perry ont été très certainement les vedettes du premier tour éliminatoire, c’est plus difficile de cibler un seul joueur qui a fait pencher la balance, face aux Jets.

L’effort fut collectif.

Et c’est justement ce qui rend une équipe encore plus redoutable. Lorsque tous les joueurs contribuent.

Merci à Marc Sheifele

Jamais, ou si peu, on a senti les Jets dans le coup.

On parle ici de l’équipe qui balayé Connor McDavid au tour précédent. Quand même.

Un grand merci à Mark Scheifele, en passant.

Sa mise en échec vicieuse, uniquement motivée par un désir de vengeance et de frustration, aux dépens de Jake Evans, aura permis au Canadien de Montréal de rapidement se trouver un point de ralliement, après l’émotive victoire face aux Leafs.

J’aurais pensé que les Montréalais auraient eu davantage de difficultés, notamment lors du premier match, face aux Jets, après cette immense victoire face à Toronto. Le réservoir d’émotions, ce gasoil si important en séries éliminatoires, doit être à sec, ou pas loin.

Mais non. 

En frappant Evans, Scheifele a cimenté l’esprit de corps et d’équipe chez le CH. Tu te remets difficilement d’un revirement comme ça.

Philip Danault l’a d’ailleurs confirmé en point de presse après la rencontre, en mangeant sa pointe de pizza. «On l’aime, Jake, c’est un bon gars». Ça veut tout dire.

Ainsi, cette équipe qui a offert un rendement irrégulier pendant toute la saison régulière, et on demeure poli, ne perd plus.

Et au prochain tour, ce sera l’Avalanche du Colorado, ou les Golden Knights de Las Vegas.

La pandémie s’essouffle, la vaccination progresse, les mesures sanitaires s’amenuisent un peu, tranquillement.

Depuis hier, les élèves pourront retirer leurs masques, en classe.

Et comme une bouffée d’air frais, le Canadien offre un printemps, et un début d’été, plus que rafraîchissant à ses amateurs.

Ça fait du bien, tout ça.