Xavier Desharnais

La plus belle victoire personnelle de Desharnais

Une deuxième position à saveur de victoire. Voilà comment le Sherbrookois Xavier Desharnais a résumé sa course de samedi à la Traversée internationale du lac Saint-Jean après avoir vu l’Italien Edoardo Stochino le devancer par une maigre seconde à l’arrivée au quai de Roberval.

Desharnais a animé le spectacle à lui seul dans le dernier corridor d’arrivée en passant de la quatrième position à la deuxième dans le temps de le dire. Trois mètres de plus et Desharnais aurait possiblement doublé le nouveau champion du lac Saint-Jean.

Le nageur de 28 ans est donc venu à deux ou trois brasses de réécrire l’histoire en devenant le premier nageur canadien à signer trois victoires à la Traversée du lac Saint-Jean. Le principal intéressé jure qu’il dormira bien et qu’il n’est aucunement frustré d’être venu si près d’un exploit qui l’aurait élevé au rang des légendes de cet événement qui célébrera l’an prochain son 65e anniversaire.

«Écoutez, j’étais sur la table d’opération il y a quatre mois. Ma performance est un peu surréaliste quand j’y songe. Surtout terminer comme je l’ai fait. Je ne pensais pas trop dans les 600-700 derniers mètres, mais je savais que je devais pousser et tout donner. Je savais aussi que ma famille, ma blonde et le public étaient là qui m’attendaient et criaient pour moi. Cela m’a aidé. Au moment de toucher le panneau, j’étais plus ou moins certain de mon rang tellement c’était serré. J’ai pris 10 ou 15 secondes dans l’eau pour revivre ma course dans ma tête. C’est une victoire personnelle que je viens de signer, la plus belle de ma carrière. En tenant compte d’où je suis parti cette année, je vais vous dire que je suis aussi content que lors de mes victoires ici», a commenté Desharnais qui a obtenu le chrono le plus rapide dans le sprint de la fin.

Course éprouvante

Desharnais, qui en était à sa dernière présence dans les eaux du lac Saint-Jean, avoue qu’il n’a jamais participé à un marathon de nage en eau libre aussi imprévisible et difficile sur le plan physique. 

«C’est parti dès le début à un rythme un peu fou, ce qui n’était pas une bonne nouvelle pour moi. Je me demandais ce qui se passait. Le lac est devenu très agité vers le large et les vagues étaient impitoyables. Les embarcations sur l’eau avaient de la difficulté à s’approcher de nous. On y a goûté. Plusieurs nageurs ont lancé des attaques et à un moment donné, je commençais à en avoir marre, car je devais garder des énergies pour la deuxième portion du marathon et surtout pour le sprint. J’ai souffert terriblement, comme jamais auparavant. J’ai eu des crampes, et j’ai serré les dents pour garder le moral et oublier mes bobos. L’état de mon épaule n’était pas sans m’inquiéter aussi, mais elle a tenu le coup.»

C’est finalement avec un temps de 7h 10m 53s que Desharnais a complété les 32 km du marathon, une seconde derrière le gagnant. L’Allemand Alexander Studzinski a complété le podium.

Au final, c’est à un doublé italien qu’on a eu droit cette année, puisque Barbara Pozzobon, la compatriote d’Edoardo Stochino, l’a emporté chez les femmes.