L’année 2020 aura été bien différente pour Kim Boutin, mais tout aussi bénéfique pour son développement, croit l’athlète de Sherbrooke.
L’année 2020 aura été bien différente pour Kim Boutin, mais tout aussi bénéfique pour son développement, croit l’athlète de Sherbrooke.

« La pandémie m'a fait du bien »

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Pour certains, la pandémie de COVID-19 a été un vrai cauchemar. Pour d’autres, cette période a servi à se recentrer. C’est notamment le cas de la patineuse de vitesse Kim Boutin, qui a profité de cet arrêt forcé pour retrouver un certain équilibre dans sa vie. 

« La pandémie m’a fait du bien » avoue d’emblée la championne du monde de patinage courte piste. 

Alors que tout était en pause un peu partout sur la planète, la Sherbrookoise a su se tenir bien occupée. Et pas toujours sur la glace.

« Avec l’arrêt des compétitions, j’ai pu revenir aux sources et je suis retournée aux études. La pandémie m’a permis de retrouver un équilibre. Avec le rythme effréné des compétitions, on oublie vite l’importance de cet équilibre. Tout notre monde est axé sur l’entraînement. Donc quatre ans après avoir mis mes études de côté, j’ai pu reprendre mes cours à distance en éducation spécialisée. Avec ces cours en ligne, ça me permet de mieux organiser mon horaire. » 

Son but : pouvoir mettre à profit un jour les connaissances acquises grâce à sa formation en les jumelant à son expérience dans le monde du sport. 

« J’ai des projets pour mon après-carrière, mais je dois encore penser à tout ça. Ce n’est pas encore clair, mais je sais environ vers où je veux me diriger. Le temps me guidera vers un objectif plus précis. Tout ce que je sais aujourd’hui, c’est que j’aimerais ramener une dimension plus humaine dans le monde du sport et de la haute performance. Plus je vieillis, plus j’ai le goût de trouver un juste milieu entre l’aspect humain et la performance. J’ai le goût aussi de m’attarder à l’intégration sociale dans un mode de performance. Je m’intéresse beaucoup à la déficience intellectuelle ou physique. J’ai quelques projets en tête, en ce sens », a assuré la triple médaillée canadienne à Pyeongchang 2018 jeudi, tout juste avant de participer à la première du film Nadia, Butterfly.

« Dans ce film, une ancienne nageuse doit vivre son deuil de la compétition en prenant sa retraite. Ça revient un peu à ce que j’ai fait durant la pandémie : j’ai tenté de m’épanouir dans d’autres choses que le sport et je veux continuer de m’épanouir dans mon quotidien, que ce soit durant ma carrière ou après. Et c’est là que l’équilibre est important », indique avec justesse la patineuse de vitesse de 25 ans. 

Une année de perturbations

Kim Boutin a une fois de plus connu une saison exceptionnelle en 2019. 

Après une séquence d’entraînements à Heerenveen, l’athlète de Sherbrooke a pu mettre sa carrière en perspective. Kim Boutin semblait vouloir mettre la pression de côté et tout simplement performer pour elle-même. 

Résultat? Un record du monde au 500 m en début de saison grâce à un chrono sous les 42 secondes. Ses neuf médailles individuelles dont trois d’or aux épreuves de la Coupe du monde décrit bien le succès de l’année 2019. Malheureusement, son objectif suprême, l’or aux Mondiaux, n’a pu être atteint à cause de l’annulation de l’événement. 

« Ce n’est pas parce qu’il n’y avait plus de championnat qu’il fallait arrêter la machine. Une grosse année m’attend en 2021 sur la glace. »

Voilà pourquoi Kim Boutin continue de s’entraîner six jours par semaine en raison de deux séances d’entraînement d’environ 1 h 30 par jour. 

« En restant au Canada, j’avais la chance de pouvoir m’entraîner avec des athlètes qui se trouvent parmi les meilleurs au monde et j’ai même pu patiner avec les gars de l’équipe canadienne, ce qui fait grimper le niveau d’intensité lors des entraînements. Je suis entourée de la crème de la crème des patineurs. Certains patineurs en Europe n’avaient pas ce luxe durant la pandémie, moi oui, donc je crois pouvoir en tirer avantage lors de la reprise de la compétition. »

Avec l’annulation des Coupes du monde de courte piste par l’Union internationale de patinage qui devaient avoir lieu en novembre à l’aréna Maurice-Richard de Montréal et à la Place Bell de Laval, Kim Boutin et l’équipe canadienne devront attendre jusqu’au mois de décembre pour prendre part aux premiers rende-vous internationaux, à Séoul et à Pékin.

Des épreuves qui serviront d’événements préparatoires en vue des Jeux olympiques de 2022 autant en solo qu’au relais.

« Plusieurs éléments ont perturbé notre préparation, mais on a profité de tout ce temps ensemble pour souder notre équipe. On ne se connaissait pas beaucoup en tant qu’équipe la saison dernière. On a travaillé sur notre chimie. On était toutes nouvelles dans notre rôle et notre défi était de se renouveler. De plus en plus, les adversaires ont appris la saison dernière à cibler nos forces. On a acquis de l’expérience en adoptant plusieurs plans de course pour varier notre stratégie selon les différents scénarios et c’est la raison pour laquelle cette pause sera bénéfique pour nous », termine l’Olympienne.