La LNH retrouve son format trois de cinq comme à la vieille époque

Les partisans ont compté les dernières secondes du match, le «Brass Bonanza» a résonné dans les haut-parleurs du Hartford Civic Center et les joueurs des Whalers Dave Tippett, Joel Quenneville et Dean Evason ont célébré leur balayage de trois matchs contre les Nordiques de Québec. Attendez un instant. Les Whalers de Hartford? Les Nordiques de Québec? Un balayage de trois matchs?

C’était en 1986 et il s’agissait d’une des dernières séries de la LNH disputées sous ce format. Cet été, la ligue tiendra des séries trois de cinq pour une première fois en 34 ans et Tippett, Quenneville et Evason font partie des personnes qui savent en quelque sorte à quoi s’attendre en raison de leur expérience du passé.

«Tu dois être prêt à fournir les efforts, a indiqué Tippett, qui est maintenant l’entraîneur-chef des Oilers d’Edmonton. Lors d’une situation unique comme celle-ci, tu passes de l’inaction à du jeu de hockey en séries. Tu dois accepter les efforts mentaux et physiques.»

Ce sont des efforts différents après plus de quatre mois sans hockey en raison de la pandémie de COVID-19. L’équipe championne pourrait avoir besoin de 19 victoires pour soulever la coupe Stanley, le plus haut total toutes époques confondues. Seize équipes participeront à huit séries trois de cinq pour déterminer qui passera au tour suivant.

Les Oilers de Tippett croiseront le fer avec les Blackhawks de Chicago, qui ont été dirigés par Quenneville et qui ont gagné trois fois la coupe Stanley dans la décennie 2010. Les Panthers de la Floride, dirigés par Quenneville, affronteront les Islanders de New York alors que le Wild du Minnesota d’Evason en découdront avec les Canucks de Vancouver.

«Il faut reculer plusieurs années. À l’époque, nous avions des séries trois de cinq et nous jouions quatre matchs en cinq soirs dès le début, a affirmé Quenneville. C’était tout un effort. Lors du match numéro quatre, tu te demandais parfois si tes jambes étaient encore là.»

Il y aura plus de temps de repos cette année, alors que les séries sont étendues sur huit ou neuf jours et qu’il n’y a pas de voyagement parce que les équipes sont installées dans une des deux villes hôtesses. Il y a toutefois une possibilité de deux matchs en 24 heures dans chacune des séries de qualification, ce qui est très rare dans les séries de l’ère moderne.

«Je pense que les joueurs sont un peu inquiets par cette possibilité, mais tu joues seulement pour gagner le match dans lequel tu te retrouves à ce moment, a déclaré Quenneville. Le momentum sera important. C’est ce à quoi il faut porter attention dans une courte série.»

Evason a partagé cette mentalité à son équipe depuis qu’il a pris les rênes, en février. Il ne veut pas que les joueurs du Wild regardent trop loin en avant.

«Il faut y aller un match à la fois, a dit Evason. Lorsque la rondelle est déposée pour la première partie, tu dois jouer de la bonne façon et ensuite, tu trouves des solutions.»

Mais qu’arrive-t-il lorsqu’il est trop tard pour faire tourner le vent? Eddie Olczyk a gagné et a perdu une série trois de cinq au début de sa carrière, avec les Blackhawks, et il se souvient de la nervosité de vivre ces moments à 18 ou 19 ans.

«Le premier match sera absolument crucial dans ces séries de qualification», a mentionné Olczyk, qui est maintenant analyste au réseau NBC Sports.

Rod Brind’Amour, l’entraîneur-chef des Hurricanes de la Caroline, comprend l’urgence du moment même s’il a été repêché deux ans après que la LNH eut adopté le format quatre de sept en séries. Ses Hurricanes ont sur leur route les Rangers de New York.

Les Penguins de Pittsburgh, dirigés par le gardien Jim Rutherford, qui a vu plusieurs séries trois de cinq, affronteront le Canadien de Montréal. Les Blue Jackets de Columbus disputeront quant à eux la victoire aux Maple Leafs de Toronto.

Dans l’Association Ouest, les Coyotes de l’Arizona joueront contre les Predators de Nashville. Le directeur général des Predators, David Poile, a déjà gagné quelques séries trois de cinq avec les Capitals de Washington. Finalement, les Jets de Winnipeg livreront bataille aux Flames de Calgary.

«Dans une courte série, tout peut arriver», a assuré Quenneville.