Justin Robidas et son père Stéphane s’apprêtent à vivre un moment unique en famille, samedi au repêchage de la LHJMQ à Québec.

La LHJMQ et rien d’autre pour Robidas

Pour Justin Robidas, le choix était clair. Même s’il possède la double nationalité en ayant grandi au Texas, qu’il a été invité à faire partie du programme de développement des États-Unis et que le rêve américain était à sa portée, le jeune hockeyeur sherbrookois n’avait qu’une idée en tête : jouer dans la LHJMQ. Et rien d’autre.

Pendant que le sujet des joueurs récalcitrants est sur toutes les lèvres lors des Assises de la LHJMQ, l’attaquant des Cantonniers de Magog se dit persuadé d’avoir fait le bon choix.

De nombreux espoirs lorgnent en effet vers le réseau américain, mais lui, il se prépare à faire partie du top 3 des espoirs repêchés à l’encan 2019 de la LHJMQ, présenté samedi au Centre Vidéotron. 

« Mon père m’a laissé le choix en m’énumérant les options qui se présentaient à moi. Mais j’ai suivi la LHJMQ quand j’étais jeune. J’ai vu Daniel Audette se faire repêcher. J’étais là au Colisée de Québec. Puis j’ai toujours été dans l’entourage du Phœnix. J’ai tellement vécu de beaux moments. Pour moi, il n’y avait pas de doute. La LHJMQ a toujours été mon premier choix. »

Il y a 26 ans, c’était son père Stéphane Robidas qui vivait ce moment magique, celui du repêchage.

« Je n’ai pas du tout vécu ce moment comme Justin peut le vivre aujourd’hui. Il n’y avait rien de spécial. Ça se passait à l’aréna Maurice-Richard en 1993. J’avais été repêché en 3e ronde. J’avais 15 ans et je ne savais pas du tout vers où je m’en allais. J’avais eu une saison correcte dans le midget AAA, sans plus, parce qu’il n’y avait que deux défenseurs de 15 ans avec les Cantonniers. Je ne jouais pas beaucoup. D’ailleurs, tous les joueurs de Magog avaient été repêchés par les Cataractes de Shawinigan cette année-là ! » se souvient l’ancien défenseur du Canadien de Montréal et des Stars de Dallas.  

En suivant les pas du paternel, Justin Robidas souhaite toutefois tracer sa propre voie dans les prochaines années. 

« Les gens me reconnaissent peut-être plus grâce au nom Robidas écrit sur mon chandail, confie Justin. Mon père a connu une excellente carrière dans la LNH. Il a travaillé fort pour y accéder et moi, je tenterai de faire mon propre chemin vers ce monde-là. »

Celui qui est vu comme le tout premier choix potentiel au repêchage de samedi admet profiter des bons conseils de son père, qui travaille aujourd’hui au sein de l’organisation des Maple Leafs de Toronto. 

« Il me donne des petits trucs de défenseurs. Ce qui aide mon jeu défensif. Mon père m’a surtout répété souvent d’avoir du plaisir. Pour le moment, le hockey n’est pas mon travail. Donc je tente de m’amuser que ce soit durant les entraînements ou les matchs. Et c’est ça que je ferai samedi. Je vais en profiter au maximum. »

« On parle souvent de hockey, poursuit de son côté Stéphane Robidas, mais Justin a eu la chance d’avoir de bons entraîneurs. Comme Mike Maclure, Samuel Collard et Félix Potvin. Même au Texas il pouvait compter sur de bons entraîneurs. Il a fait son hockey mineur au Texas dès 6 ans, mais il est arrivé à sa première année pee-wee à Sherbrooke. Je n’ai pas toujours été présent avec lui, ce qui ne m’empêchait pas de lui parler souvent de ses replis défensifs ou de son éthique de travail par exemple. »

Entrer dans l’histoire

Même s’il ne semble pas trop s’en faire avec son rang de sélection, Justin Robidas confirme que le premier rang au repêchage vient avec un soupçon de prestige.

« Il y a des superstars dans la LNH qui ont été repêchés au 1er rang dans la LHJMQ. Je me rends compte de plus en plus que le grand jour arrive. Je suis excité à l’idée de voir aussi mes amis être sélectionnés. J’ai hâte de voir comment tout va se passer. Le meilleur va arriver. Je ne suis pas trop stressé. Oui, je rêve de me faire repêcher au premier rang. Ce serait de quoi de spécial pour moi. Mais à la fin de la journée, je veux faire partie d’une belle organisation et faire de mon mieux pour jouer dès l’an prochain dans la LHJMQ. »

Pendant ce temps, Stéphane Robidas n’a qu’un conseil à donner à son garçon : 

« Il ne doit pas s’en faire. Il y a beaucoup de spéculations et de distractions autour du repêchage. Il doit tout de suite s’y habituer et les ignorer. » 

« Je réalise aujourd’hui que tout se passe tellement vite. Je rêvais à ce jour quand j’étais jeune et maintenant, j’y suis », termine celui qui prendra le chemin de Saint-John, Val-d’Or ou Moncton fort probablement.