L’intensité était au rendez-vous vendredi lors de l’entraînement matinal à la veille du premier match contre l’Armada.

La frénésie des séries s’installe

La première ronde éliminatoire de la LHJMQ n’est pas encore commencée, mais la fièvre des séries se fait sentir peu à peu au Palais des sports. Le Phœnix semble prêt à accueillir l’Armada vendredi soir. En fait, il attend ce moment depuis plusieurs semaines déjà.

Les joueurs du Phœnix avaient hâte de connaître l’identité de leur premier adversaire et une certaine frénésie s’est déjà installée.

« En connaissant notre rang au classement depuis quelques mois, on avait hâte de finir la saison pour commencer les séries. Et depuis la dernière partie de saison, je sens cette frénésie à l’interne. Juste en regardant la façon dont les gars se préparent, on le voit. Les gars sont énervés! » admet le défenseur Jérémy Jacques, qui en sera à une première expérience de séries dans le junior majeur.

« J’ai déjà vu les Remparts en séries et le Phœnix aussi quand j’étais plus jeune et j’ai hâte de vivre ça à mon tour! » ajoute-t-il aussitôt.

Benjamin Tardif a quant à lui goûté à la première victoire du Phœnix en séries en battant au premier tour les Huskies de Rouyn-Noranda l’an dernier à pareille date:

« Demain (vendredi), on sera encore plus excités, mais il ne faut pas s’emballer et changer notre style de jeu pour autant. On a la confiance et la bonne attitude, ce qui peut nous amener loin. On a une mentalité de gagnants présentement et c’est bon signe. On le sait que ce n’est jamais gagné d’avance. L’Armada a toujours eu la réputation de travailler extrêmement fort. On doit être sur les détails et c’est grâce à ça que l’on pourrait gagner le premier match vendredi. »

Or, avec l’absence de Taro Jentzsch et Alex-Olivier Voyer, le Phœnix devra jouer à effectifs réduits à cause de ces suspensions.

« On jouera à sept défenseurs puisqu’il n’y a que 11 attaquants disponibles pour ce premier match, précise Stéphane Julien. On a rappelé l’attaquant Jacob Graveline par précaution. C’est donc dire que Jacob Rabouin, Vincent Anctil et Jérémy Rainville seront en uniforme. »

Le gardien Thommy Monette arrivera en renfort après avoir subi une commotion cérébrale il y a quelques semaines, mais demeurera sur le banc puisque Dakota Lund-Cornish sera envoyé dans la mêlée pour affronter Brendan Cregan.

Même si le Phœnix est considéré comme le favori pour gagner ce duel selon les experts, plusieurs osent cependant donner un léger avantage aux visiteurs en ce qui concerne le poste de gardien. Un avis qui n’est pas partagé par Stéphane Julien.

« Je ne crois pas du tout que la présence de Brendan devant le filet, comme celle de Dakota devant notre but, influencera le résultat de la série. Parce que je ne pense pas que c’est devant les buts que cette série se jouera. Je gagerais davantage sur les unités spéciales. Je crois qu’elles joueront un grand rôle dans cet affrontement. »

Favori, vraiment?

Le clan sherbrookois refuse d’admettre qu’il part avec une longueur d’avance en ayant ce rôle de favori. Un rôle dont le Phœnix n’est pas habitué d’occuper.

« Ce rôle de favori, ce sont les journalistes qui nous l’attribuent, pas nous, rappelle Julien. Moi, je ne nous considère pas comme les favoris. On part au même pied d’égalité. Plusieurs facteurs peuvent changer l’allure d’une série. Personnellement, à part Rouyn-Noranda qui dominera Shawinigan, il n’y a rien d’impossible lors du premier tour. »

« L’Armada a connu de bons moments cette saison, entre autres contre nous au début de l’année, rappelle Jérémy Jacques. Mais quand la rondelle tombera sur la patinoire vendredi soir, ce sera 0-0 au tableau et dans la série. Ce qui ne nous empêche pas de croire en nos moyens. On peut surprendre cette année. On a prouvé bien des choses. Certains ne nous voyaient pas à ce niveau à cause de notre jeune âge. On a confiance malgré notre mauvaise séquence avant les séries. On croit en nos éléments et on forme une équipe complète dans tous les aspects. »

« L’Armada a vécu des choses particulières cette année (NDLR: le décès de son joueur Alec Reid) et pour plusieurs autres raisons, il faut respecter notre prochain adversaire », confie Alexandre Joncas, qui célébrera d’ailleurs son anniversaire vendredi en affrontant l’équipe junior de son patelin.

« C’est particulier d’affronter mon équipe d’enfance, poursuit le défenseur, mais peu importe l’adversaire, on doit jouer du hockey de séries. On le ressent déjà durant les pratiques. Ça sent les séries! On misera sur notre rapidité et sur la robustesse. On doit avoir soif de victoires! »

Jour de retrouvailles

L’entraîneur Stéphane Julien retrouvera son ami et ex-coéquipier vendredi soir: l’entraîneur Bruce Richardson, reconnu pour sa fougue sur la glace et derrière le banc.

« Je ne pense pas que l’on aura droit à une bataille de coaching, considère Julien. Honnêtement, je pense que le hockey a changé et je me concentre sur mon travail sans nécessairement entrer en guerre avec l’autre entraîneur. Je ne suis pas non plus du genre à partir cette guerre dans les médias la veille d’un match. Par exemple, Gilles Bouchard avait effectué une sortie médiatique avec Rafael Harvey-Pinard à la suite du coup de bâton et cette sortie n’avait pas aidé sa cause. Ça sonne plus comme un geste désespéré bien souvent. La seule façon que je peux battre l’entraîneur adverse, c’est en ayant l’avantage de la glace ce week-end. Le dernier changement peut devenir un facteur. On s’est battus toute la saison pour l’avoir et on compte bien l’utiliser. »