Christian Vachon: « Notre programme d’urgence pour soutenir les enfants vulnérables des établissements scolaires du Québec est déjà prêt. Si nous avons le feu vert, il sera expédié à tous les directeurs généraux de toutes les commissions scolaires du Québec en un temps record. »
Christian Vachon: « Notre programme d’urgence pour soutenir les enfants vulnérables des établissements scolaires du Québec est déjà prêt. Si nous avons le feu vert, il sera expédié à tous les directeurs généraux de toutes les commissions scolaires du Québec en un temps record. »

La Fondation Christian Vachon veut s’engager à la grandeur du Québec plus tôt que prévu

La crise que traverse le Québec avec la COVID-19 oblige la Fondation Christian Vachon à revoir ses plans à brève échéance tout en se préparant à adoucir la rentrée scolaire pour les familles vulnérables. Un soutien que la FCV se dit prête à étendre aux quatre coins du Québec.

Depuis 13 ans, la FCV a développé un modèle de soutien aux enfants dans le besoin qui a fait ses preuves. L’objectif avoué de la FCV a toujours été de déployer son arsenal partout en sol québécois. Quand elle se projette dans l’avenir, la FCV avait identifié l’année scolaire 2023-2024 pour s’implanter à travers le Québec.

« Notre parcours est assez révélateur. On a 13 ans de vécu sur le terrain. Notre modèle a prouvé son efficacité. Nos actions ont toujours reposé sur la rapidité d’action, l’efficacité et la confidentialité. Nous aidons actuellement un millier d’élèves pour leur donner une chance égale de réussir à travers 700 familles, cinq commissions scolaires et 85 écoles sur le territoire de l’Estrie. Avec toute l’expérience acquise au fil des années, nous pouvons élargir notre champ d’action dès maintenant », mentionne Vachon.

Champ de bataille

Aussi étrange que cela puisse paraître, la COVID-19 va peut-être accélérer le processus. Christian Vachon explique. « Plus la pandémie s’étire dans le temps, plus la crise sociale et économique empire. Si l’école ne reprend pas le mois prochain et que la rentrée est repoussée en septembre, il y aura encore plus de familles qui crieront à l’aide pour les fournitures scolaires et alimentaires, les vêtements et tout ce qui est nécessaire pour ne pas nuire à la réussite scolaire de ceux et celles qui feront notre monde de demain. Il faut agir et notre fondation est prête à appuyer tous ces gens dans le besoin. Nous avons l’expertise pour diminuer les effets de la crise et sécuriser les familles dans le besoin pour les besoins de base de leurs enfants en prévision de l’école. L’Estrie est la seule région qui bénéficie de l’appui de la FCV. Le temps est venu pour nous, à cause du coronavirus, de devancer notre agenda et de frapper aux portes de toutes les commissions scolaires du Québec et de nous y installer. Nous avons les ressources pour aller de l’avant. Nous sommes prêts. Apporter de l’aide directe aux enfants vulnérables des écoles, c’est notre champ de bataille, là où on excelle. Nous n’aurons pas besoin de nous réinventer de A à Z. »

Aide gouvernementale

Avant le début de la crise provoquée par la COVID-19, la FCV avait fait ses devoirs auprès du gouvernement du Québec. « Notre plan de développement pour la Montérégie avait reçu l’aval du gouvernement et son appui financier pour nous implanter dans cette région dès la prochaine année scolaire. Le ministère de l’Éducation a saisi toute la portée de la fondation qui procure de l’aide directe aux enfants en situation précaire sur les bancs d’école. Or, avec la COVID-19, le portrait vient de changer radicalement. Notre plan de développement pour la Montérégie sur six ans, on peut le reproduire sur six mois pour tout le Québec. À court terme, on comprend que le gouvernement de monsieur Legault a d’autres priorités. Cependant, lorsque le gouvernement annoncera de façon définitive l’orientation qu’il prendra pour le retour des élèves à l’école, nous serons prêts à étendre notre toile pour tout le Québec. Naturellement, avec le gouvernement comme partenaire et des sommes d’argent à dégager de leur part. Je sais que le gouvernement ne veut pas laisser à l’abandon les élèves dans le besoin. La fondation lève la main et annonce que nous serons prêts à passer à cette étape.

 «Notre programme d’urgence pour soutenir les enfants vulnérables des établissements scolaires du Québec est déjà prêt, reprend-il. Si nous avons le feu vert, il sera expédié à tous les directeurs généraux de toutes les commissions scolaires du Québec en un temps record. En toute humilité, c’est une aide qui sera difficile de rejeter du revers de la main. Il faudra ensuite s’assurer que notre réseau de distribution de notre offre de service pour tout le Québec soit opérationnel et efficace selon les priorités établies avec le MELS », affirme celui qui est pompier de métier.

En Estrie

Entretemps, la FCV continue de recenser les enfants vulnérables à travers les commissions scolaires de l’Estrie. « Les équipes-écoles, les enseignants, les directeurs, sont nos yeux et nos oreilles, notre courroie de transmission. Là les écoles sont fermées. Je veux rassurer les gens. Nous contactons nos familles une par une. On veut savoir où ça fait mal actuellement pour bien orienter nos actions. La Santé publique de l’Estrie a concocté avec la FCV un questionnaire pour encore mieux les accompagner. Nous enverrons un formulaire de demande en ligne par courriel aux familles identifiées pour établir la prise en charge. Notre mission n’est pas arrêtée parce que les écoles sont vides. Au contraire, les besoins sont plus criants et la FCV répondra présente comme elle l’a toujours fait », soutient Christian Vachon.

En avril 2019, le député d’Orford Gilles Belanger annonçait une subvention de 100 000$ à la Fondation Christian Vachon en présence des élèves de l’école Sainte-Marguerite.

+ La Fondation dans le brouillard

La pandémie de la COVID-19 n’épargne aucun organisme. La Fondation Christian Vachon (FCV) a annulé son souper-bénéfice prévu au début du mois de juin et demeure aux aguets pour la prochaine édition de son populaire Relais Desjardins du Lac Memphrémagog.

Ces deux activités demeurent les principales sources de revenus de la FCV. À lui seul, le Relais du lac Memphrémagog, grâce à la générosité des coureurs et commanditaires, avait versé un demi-million dans les coffres de la FCV l’année dernière seulement. Quant au souper-bénéfice, qui en était à une première édition en 2019, on parle de profits avoisinant les 200 000 $.

« On oublie le souper-bénéfice cette année. Il y a trop d’inconnus dans l’air. On va se concentrer sur d’autres volets de la Fondation. C’est quand même dommage. Cette activité de financement nous permettait de jumeler des entreprises à des écoles. Pour la présente année scolaire, une cinquantaine d’écoles avait bénéficié de ce parrainage, ce qui représente énormément de familles et élèves », explique Christian Vachon.

Celui-ci se fait tout de même rassurant. « Notre santé financière est bonne, mais on ne pourra pas faire du kilométrage à l’infini avec notre réserve. On ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez. On en a une preuve qui nous saute en pleine face avec le coronavirus, qui est un drame aussi sur le plan économique. On ne laissera pas tomber personne. On a toujours fait preuve d’ingéniosité pour amasser de l’argent. On devra s’ajuster selon cette nouvelle réalité. On planche déjà là-dessus », soutient Vachon.

Le Relais

Christian Vachon fait preuve d’optimisme et de prudence à la fois quant à la présentation du Relais Desjardins du Lac Memphrémagog le 19 septembre prochain. Cette journée attire grosso modo autour de 2100 coureurs annuellement, dont 1200 pour le relais en équipe autour du Memphrémagog. Les autres participants sont des jeunes des écoles primaires qui se réunissent à l’école secondaire la Ruche pour courir des distances appropriées à leur âge. « C’est trop loin dans le temps pour parler d’annulation et aussi je suis conscient que nous ne sommes pas encore sortis du bois avec la COVID-19. Notre limite est de 200 équipes de coureurs et coureuses. À ce stade-ci de l’année, toutes les places sont habituellement prises. Quand le Québec s’est mis sur pause, nous étions rendus à 140. Si la vie reprend son cours normal quelque part cet été, je crois qu’il sera tout à fait plausible de présenter le Relais avec nos 200 équipes. Du moins, on devrait s’approcher de ce chiffre. Et si jamais la situation actuelle ne s’améliore pas et qu’il est impossible de tenir ce rassemblement de coureurs, on va se tourner sur un dix sous. S’il le faut, on organisera une course virtuelle. »

Le message de Christian Vachon est clair. « Si l’école reprend seulement en septembre, cela signifiera qu’il y aura encore davantage de familles vulnérables et d’élèves dans le besoin. Ce sera le chaos. Ce ne sera pas le temps pour nous d’agiter le drapeau blanc et de laisser tomber les familles qui ont besoin d’aide. Sachez que la FCV sera prête à passer à l’action et de répondre aux demandes (voir autre texte) », fait valoir le grand manitou de la Fondation qui porte son nom.