Max Pacioretty (67)

La fin du ménage

CHRONIQUE / Ce n’était qu’une question de temps. Le divorce entre le Canadien de Montréal et son capitaine Max Pacioretty a été consommé dans la plus grande discrétion, aux petites heures de la nuit de dimanche à lundi. C’est fait, donc. Le ménage tant annoncé est fait et probablement terminé.

Les analyses de l’échange envoyant Pacioretty aux Golden Knights de Las Vegas pullulent un peu partout depuis l’annonce de la transaction.

On examine les joueurs acquis en retour — Tomas Tatar et Nick Suzuki et un choix de deuxième tour en 2019 — et on tourne et retourne cette transaction sous tous les angles. C’est bien parfait.

Pacioretty devient donc le plus récent joueur à faire partie de la purge, amorcée par la transaction envoyant P.K. Subban à Nashville, il y a deux ans.

Alex Galchenyuk a été le suivant, au début de l’été dernier.

Si Marc Bergevin est frileux à l’idée d’utiliser le mot reconstruction, ses actes disent clairement le contraire.

Car si le retour pour le transfert du capitaine Pacioretty apparaît au premier regard très prometteur, ça n’en demeure pas moins, pour l’instant, que des suppositions sur des rendements hypothétiques de jeunes joueurs.

Alors la question demeure : qu’est-ce qui fait que les joueurs vedettes de l’équipe quittent le CH?

Rappelez-vous; à l’issue de la dernière campagne, dans un désir d’ouverture et de transparence, le propriétaire Geoff Molson et le directeur général Marc Bergevin ont fait le post mortem de cette saison 2017-18, désastreuse à bien des égards.

Si on a parlé d’expérience client et du prix de hot dogs au Centre Bell, on a aussi parlé d’attitude. De l’attitude de certains joueurs.

Vous vous rappelez?

Bon, parfait.

Les premiers gestes de Bergevin lors de la saison morte ont été d’embaucher Dominic Ducharme à titre d’entraîneur adjoint à Claude Julien.

Ensuite, ce fut au tour de Joël Bouchard de faire le saut chez les pros, avec le club-école cette fois, à Laval.

Si Bergevin a tant insisté sur les « problèmes d’attitude », il fallait logiquement s’attendre à ce que le vestiaire même de l’équipe soit touché.

Ainsi, Galchenyuk et Pacioretty ont quitté.

Étaient-ils les vrais problèmes dans le vestiaire?

Molson et Bergevin ont avoué, en point de presse avant le tournoi de golf de l’équipe, lundi matin, que Pacioretty avait demandé, à plusieurs reprises, à être échangé, lors de la dernière saison.

On s’entend que lorsque ton capitaine veut quitter le navire, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. D’un côté ou de l’autre.

Peut-être que Bergevin aurait pu obtenir un peu plus pour son capitaine s’il l’avait échangé en cours de saison. Peut-être que le choix de deuxième tour se serait transformé en choix de premier tour. Peut-être qu’il aurait obtenu davantage que Suzuki. Ou peut-être pas.

Conclure un échange à 1 h du matin, quelques heures avant le très médiatisé tournoi de golf de l’équipe, c’est vouloir tourner la page. Rapidement.

En finale d’Association... il y a quatre ans

Le CH a échangé Subban, Galchenyuk et Pacioretty, trois éléments qui ont aidé le club à se rendre en troisième ronde des séries, il y a à peine quatre ans.

En même temps, ces éléments, ce noyau, entourés ou non de joueurs de qualité, n’a pas su faire passer l’équipe au niveau suivant, lors des saisons suivantes.

Justement, après 2014, le CH a raté les séries à deux reprises, et il s’est fait salement sortir par les Rangers de New York il y a deux ans.

Des changements s’imposaient. Ils sont faits, en grande partie.

Maintenant, le CH peut nommer Shea Weber capitaine de l’équipe et Brendan Gallagher comme assistant-capitaine. Ne reste plus qu’à attendre que les jeunes joueurs se développent à la hauteur des attentes, que le CH fasse de bonnes sélections avec la banque de choix qu’il possède pour les prochaines années et que les amateurs s’arment de patience.

Ce n’est peut-être pas une reconstruction au sens strict du terme, mais tellement de pièces de la maison ont déjà été rénovées qu’on espère que le chantier est complété.