L’aréna Eugène-Lalonde pourra accueillir de grandes compétitions de patinage de vitesse.

La fin du hockey à Eugène-Lalonde

SHERBROOKE — C’est la fin du hockey à l’aréna Eugène-Lalonde. Grâce à un investissement de plus de 80 000 $ de la Ville de Sherbrooke, un système sans bande hybride permanent sera installé ce qui permettra d’attirer des compétitions de patinage de vitesse, et ce, dès la saison 2019-2020.

Ce système avait été essayé pour la première fois à Sherbrooke lors des Sélections canadiennes seniors #1 sur courte piste qui s’étaient déroulées à l’aréna Eugène-Lalonde en janvier dernier. Ce système est maintenant exigé pour les compétitions de haut niveau puisqu’elles sont plus sécuritaires pour les patineurs. Les bandes des coins et des bouts de patinoires sont changées pour un système coussiné qui absorbe l’impact lors d’une chute. En ce moment ce sont de gros matelas qui font office de protection. « Au Canada, nous sommes les premiers à avoir un système sans bande hybride permanent », se réjouit le président du comité CODEPS et responsable des compétitions pour le Club de patinage de vitesse de Sherbrooke (CPVS), Mario Caron.

« On aimerait obtenir un événement international très rapidement, enchaîne-t-il. On a toujours dit qu’on voulait des événements internationaux. On a perdu face à Salt Lake City pour l’accueil du Championnat du monde de 2021. Ça ne veut pas dire qu’on ne récidivera pas. Éventuellement, nous allons pouvoir accueillir une Coupe du monde et ce, à très court terme. On parle d’un an ou deux », prévoit M. Caron.

Ce système sans bande n’est pas seulement bon pour courtiser les événements de renom. Les athlètes pourront patiner beaucoup plus sécuritairement. « Je pense que ça va prévenir des blessures et des commotions cérébrales, analyse Mario Caron, qui est dans le giron du patin de vitesse depuis 1994. Nos grands patinent environ à 50 km/h. Quand tu chutes et que tu frappes un matelas, ça cogne. Si ça permet à un jeune de se relever ou même d’éviter une fracture et de sauver une saison, disons que ce n’est pas à négliger dans le développement d’un patineur », décrit-il, ajoutant que les enfants patinent de plus en plus vite, et ce, de plus en plus rapidement.

« Ça fait cinq ans qu’on travaille là-dessus. On remercie la Ville de Sherbrooke d’avoir cru en ce projet », résume Mario Caron.

De son côté, le président du Comité du sport et du plein air et conseiller municipal, Vincent Boutin, pense que les athlètes pourront être mieux développés. « On va officialiser la vocation pour le patin de vitesse. On est au point d’accueillir de grandes compétitions. On veut développer davantage nos athlètes et ça nous posait un frein. À un certain âge, les athlètes ont besoin de prendre toute la patinoire pour exercer leurs virages, à cause de la vitesse qu’ils ont, poursuit-il. Ça va nous permettre d’être encore meilleurs. »

De plus, le système de réfrigération de l’aréna Eugène-Lalonde sera également changé.

Mario Caron

Pas de préjudices pour les autres sports

La décision de retirer le hockey de l’aréna Eugène-Lalonde n’affectera pas les heures de glace allouées à Hockey Sherbrooke. En fait, seulement 10 % des heures de glace de l’aréna sont actuellement utilisées pour pratiquer le hockey.

C’est ce qu’explique le directeur général de Hockey Sherbrooke, Stéphane Dion. « On n’était pas contre le projet que la Ville nous avait proposé considérant que les heures de glaces sont relocalisées dans un autre aréna. Pour Hockey Sherbrooke, ça n’implique pas de perte d’heures de glace », indique-t-il.

« Il va y avoir un réaménagement des heures avec le Club de patinage artistique, où nous allons utiliser davantage leur grille horaire dans les autres arénas, poursuit-il. Eux vont se relocaliser plus à Eugène-Lalonde. »

Une seule inquiétude

Hockey Sherbrooke n’a qu’une seule inquiétude : « On savait que ça s’en venait. La seule chose que nous avons soulignée, c’était qu’on souhaitait que lors de grands événements hockey on puisse toujours utiliser l’aréna Eugène-Lalonde. On n’a pas encore eu la confirmation que cela pourrait se faire. On expliquait que si l’on organise un championnat et qu’on a besoin d’aréna de proximité, le plateau Sylvie-Daigle est intéressant, car il y a deux glaces à proximité », explique M. Dion.

« L’élément a été soulevé lors de nos rencontres, continue-t-il. Dans le contexte qu’on ne se pénalise pas lors de grands événements, il n’y a pas de problème. »

Vincent Boutin assure qu’il sera possible de remettre les bandes de hockey en cas de nécessité. Il assure aussi que les autres sports ne subiront pas de préjudices. « La communauté sportive et les utilisateurs ont été consultés et cela ne leur causait pas de problèmes. Les heures pour le hockey ont été relocalisées sans problèmes », indique-t-il.

« On travaille le projet depuis plusieurs mois. Les sports de glace ont tous été dans la boucle pour travailler la relocalisation. On a un bon parc d’arénas à Sherbrooke, donc ça a bien été pour relocaliser les heures », résume le conseiller municipal.

Le directeur général d’Hockey Sherbrooke, Stéphane Dion