Alex Boisvert Lacroix et son entraîneur Gregor Jelonek photographiés immédiatement après la confirmation de la présence du Sherbrookois aux prochains Jeux olympiques d’hiver.

La dernière chance d’Alex Boisvert-Lacroix

Assis dans l’avion qui le ramène à Sherbrooke avec en poche son laissez-passer pour les Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang en février prochain en Corée du Sud, Alex Boisvert-Lacroix savoure le moment. Surtout, il se félicite de s’être accordé une dernière chance de réaliser son rêve.

Le grand Sherbrookois a connu une séquence victorieuse au bon moment; il a terminé l’automne au quatrième rang du classement de la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste sur 500 m, grâce à sa médaille d’or récoltée la semaine dernière à Calgary et celle de vendredi à Salt Lake City.

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Et il a confirmé sa place sur l’équipe canadienne qui sera à Pyeongchang en terminant au cinquième rang du 500 m samedi.

Boisvert-Lacroix devient donc, selon ses dires, le premier patineur canadien à avoir remporté des médailles en Coupe du monde en patinage de vitesse courte piste, et en patinage de vitesse longue piste, sur 500 m. Pas banal du tout.
Car ne l’oublions pas, Boisvert-Lacroix a fait partie de l’équipe nationale canadienne courte piste de 2007 à 2010, avant de faire le saut en longue piste.

Une carrière en courte piste jalonnée d’une médaille de bronze lors du 500 m disputé en Coupe du monde à Harbin, en Chine, en 2007 et d’une médaille au relais aux Universiades, toujours à Harbin, l’année suivante.
Le patineur tout en puissance de 6’3’ et de 200 livres n’a toutefois pas été sélectionné pour participé aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, en 2010, terrassé par une mononucléose. Il a regardé les Jeux olympiques dans les gradins.

Une terrible déception.

Régression

« Après les Jeux de 2010, mon entraîneur (Stephen Gough) a quitté le monde du patin pour poursuivre sa vie en droit. Avec le nouvel entraîneur (Frédérick Blackburn), la complicité n’était pas au rendez-vous. Je ne m’améliorais plus et même je devenais moins bon. Je ne voyais plus d’avenir en courte piste. J’étais aussi tanné d’être toujours affecté par la qualité de la glace. Aussitôt qu’une glace était molle j’étais le premier à en payer le prix avec mon poids », s’est-il souvenu.



J’ai commencé à essayer le longue piste en 2011 un peu, et j’ai officiellement fait le changement en 2012.
Alex Boisvert Lacroix

Une autre déception qui l’a mené à explorer d’autres horizons.

« J’ai commencé à essayer le longue piste en 2011 un peu, et j’ai officiellement fait le changement en 2012. C’était intéressant, car je pouvais me concentrer sur une distance spécifiquement alors qu’en courte piste tu dois te débrouiller sur toutes les distances. J’ai rapidement connu du succès donc c’était encourageant. »

Rapidement, Boisvert-Lacroix fait sa place.

Et il a toujours son rêve olympique en tête. Cette fois, c’est Sotchi, en 2014, qui est dans la mire.

« En fait, en changeant du courte piste vers le longue piste, je me suis mis à me classer sur les Coupes du monde dès l’hiver 2012; c’était encourageant! Tout allait bien. Mais à la sélection nationale, je m’étais tout simplement fait battre. C’était un très dur coup à encaisser. »

L’erreur

« Mais lors de l’année en préparation pour Sotchi, l’entraîneur (Mike Crow dirigeait l’équipe nationale) avait changé le programme d’entraînement complètement et j’étais totalement hors forme. À trois semaines des Jeux, j’étais à plat. C’était la seule année où je ne me suis pratiquement pas entraîné en courte piste. Ce fut une grave erreur et un gros manque. »

La motivation de Boisvert-Lacroix était à son plus bas. Deux fois, il est passé tout près, trop près, de son rêve, sans parvenir à y toucher.

Il aurait pu abandonner.

« C’est pour ça qu’après 2014, j’ai déménagé à Montréal avec ma copine pour reprendre mes études. Et j’ai décidé de continuer une année en m’entraînant en courte piste et en faisant des camps de longue piste avec le groupe de Québec à Calgary, de temps en temps. Et je me suis mis à m’améliorer à nouveau.

« Ça passe ou ça casse. Je me donnais une dernière chance. »

Assis dans l’avion qui le ramène à Sherbrooke, Alex Boivert-Lacroix confie qu’il est toujours sur un nuage, mais qu’il ressent maintenant une grande sensation de légèreté.

Les prochaines semaines seront, disons, moins chargées émotivement.

« J’irai à la sélection olympique (en janvier) quand même pour m’entraîner. C’est important de continuer à faire des courses dans mon cas. Mais je ne porterai pas trop d’importance sur le résultat. Je vais m’entraîner fort pour être en forme pour les Jeux olympiques. Donc j’en serai pas à 100 % lors des sélections. J’ai ce luxe! »

« Ensuite, fin janvier, on va à la coupe du monde numéro 5 à Erfurt en Allemagne. Une autre bonne occasion de me préparer avant les Jeux. »

« De là, on va quitter pour participer à un petit camp d’entraînement à Inzell, aussi en Allemagne, avant d’aller en Corée pour les Jeux. »