Les Estacades recoivent les Cantonniers de Magog mercredi soir pour le quatrième match de la série finale de la Ligue de hockey midget AAA du Québec. Magog mène la série 3-0 et pourrait donc être couronné champion à Trois-Rivières.

La coupe Jimmy-Ferrari à la portée des Cantonniers

Les Cantonniers de Magog sont sur toutes les lèvres par les temps qui courent. Non seulement parce que la formation magogoise, en avance 3-0 dans la finale quatre de sept, est à une victoire de mettre la main sur la coupe Jimmy-Ferrari à titre de champions des séries éliminatoires de la Ligue midget AAA du Québec, mais aussi parce que l’odyssée des troupiers de Félix Potvin depuis la mi-décembre est pour le moins hallucinante.

En 29 rencontres durant cette période, les Cantonniers ont essuyé seulement cinq défaites, soit une dans les 12 derniers matchs du calendrier régulier et quatre depuis le début des séries. Qui plus est, une seule de ces défaites a été encaissée sur une patinoire étrangère.

Durant la saison régulière, on a souvent vu Félix Potvin insatisfait après une victoire de ses protégés. Potvin refusait de se laisser charmer par la première position occupée par sa troupe dans la division Tacks depuis le jour un de la saison régulière, du moins jusqu’à la mi-décembre.

Le mentor des Cantonniers a toujours reconnu qu’il avait sous la main une équipe extrêmement talentueuse. Les joueurs aussi le savaient, peut-être un peu trop, et parfois c’est le concept d’équipe qui en souffrait. De là l’irritation que l’on pouvait sentir occasionnellement chez Potvin.

« Dans la ligue, tout le monde voyait les Cantonniers comme une équipe avec énormément de potentiel, mais qui ne mettait pas toujours les efforts pour aller chercher la victoire. C’est souvent ce qui arrive quand tu disputes une première saison dans le midget AAA. Tu penses souvent pouvoir faire la différence en te fiant uniquement sur ton talent. Il aura fallu un peu plus de trois mois pour voir tous les joueurs sans exception prendre le virage et faire du jeu collectif leur priorité, explique Potvin.

« Nous sommes une équipe qui aime contrôler la rondelle, renchérit-il. En ce qui me concerne, c’est encore la meilleure défensive. Toutefois, les joueurs ont saisi l’importance d’être aussi bons sans la rondelle pour justement en reprendre le contrôle le plus rapidement possible. Ils veulent être bons dans les deux sens de la patinoire. Les gars ont pris ça sur leurs épaules. Je dois leur donner beaucoup de crédit. »

Les 19 joueurs

Si certains joueurs de l’équipe se démarquent depuis le début des séries, Potvin insiste sur la contribution des 19 gars qui sont dans l’alignement et il a donné l’exemple de son jeune cerbère et recrue de 15 ans, Olivier Adam.

« Certains joueurs ont eu moins de temps de glace que d’autres. Dans le 7e match de notre demi-finale contre Châteauguay, Piaget Ntakarutimana et Karl Vaillancourt, pour en nommer deux, ont eu des présences exceptionnelles et cela nous a permis de gagner cette partie sans lendemain. Les gars sont soudés et le meilleur exemple que je pourrais donner est Olivier Adam. Son attitude est exemplaire, admirable. Il a eu un seul départ dans les séries. J’ai déjà été dans cette situation et ce n’est guère facile. Olivier a 15 ans et il sait qu’il aura son tour dans un an. Entretemps, il s’entraîne tellement fort qu’il oblige les gars à se surpasser contre lui dans les pratiques. Il pourrait bougonner dans son coin et je comprendrais. C’est tout le contraire. J’ai rarement vu un gars d’équipe comme Olivier. C’est tout à son honneur. Avec une attitude comme celle-là, ses coéquipiers n’ont pas le choix d’emboîter le pas », commente Potvin.

Éviter la 5e partie

Mercredi à Trois-Rivières, les Cantonniers tenteront de succéder au Blizzard du séminaire St-François et devenir les nouveaux monarques du circuit Baillargé. « Je sais que nous avons des partisans qui aimeraient bien qu’on revienne à la maison pour une autre partie, mais ce n’est pas dans nos plans. On veut finir ça rapidement. Tu ne sais jamais ce qui peut survenir quand une série se prolonge. Des blessures, des suspensions, rien ne sert de jouer avec le feu. Les joueurs sont prêts et ils savent que les Estacades la désirent cette cinquième partie. Ce sera un match intense », prédit Potvin.

En vitesse

Êtes-vous superstitieux? En 2000, lors de leur seule conquête de la coupe Jimmy-Ferrari, les Cantonniers de Magog avaient connu le même parcours que cette saison contre Châteauguay en demi-finale. Après avoir pris les devants 3-1 contre les Gouverneurs de Ste-Foy (maintenant le Blizzard du Séminaire St-François), ceux-ci avaient forcé la présentation d’une septième et décisive partie. Les Cantonniers de Mario Durocher à l’époque avaient finalement eu le dernier mot pour ensuite disposer du Collège Charles-Lemoyne en cinq parties en finale.

Restons sur cette finale en 2000. Aucun joueur de cette édition championne des Cantonniers n’a fait carrière dans la LNH. Ironiquement, c’est du côté des finalistes qu’on en retrouve. Il s’agit de Pierre-Marc Bouchard et Pierre-Alexandre Parenteau qui ont tous deux connu une belle carrière dans la LNH. Et devinez qui était le troisième gardien des Riverains, celui sur qui on comptait si un des deux gardiens réguliers de l’équipe se blessait? Nul autre que Marc-André Fleury. Ce dernier n’a même pas gardé 10 parties au total dans la Ligue midget AAA du Québec. Comme quoi il ne faut jamais cesser de se battre.

Il y a quelque temps je vous avais glissé un mot sur le chiffre chanceux des Cantonniers depuis le début des séries, le cinq. Ça se poursuit de plus belle. Dans leurs 13 victoires en séries, les adolescents de Félix Potvin ont marqué cinq buts à 10 reprises. Je vous entends d’ici: c’est ça, les cantos seront couronnés champions en cinq. On se calme comme dirait l’autre.

Malchanceux avec les blessures, Marshall Lessard saura seulement mercredi s’il est mesure de retrouver sa place dans l’alignement des Cantonniers en soirée.