Les joueurs des Cantonniers ont pris plaisir à défiler dans les rues de Magog l’an passé avec la coupe Jimmy-Ferrari.

La coupe demeurera à Magog

COMMENTAIRE / On a donc raison de répéter à satiété que les séries au hockey, c’est une autre saison. La présence en finale des Lions du Lac St-Louis contre les Cantonniers de Magog en est la meilleure démonstration. Les Lions ne sont pas entrés dans les séries par charité. Pas du tout. Levez la main ceux qui croyaient que les Chevaliers de Lévis, après leur saison historique, frapperaient un mur et n’atteindraient même pas la finale.

Dans les cercles du hockey, tous salivaient à l’idée d’assister à une finale entre Magog et Lévis. Les Cantonniers, un club bâti pour les séries, représentaient aux yeux de plusieurs la seule formation en mesure de faire descendre les Chevaliers de leur trône. Ces derniers ont plutôt été livrés aux méchants Lions comme au temps des martyrs chrétiens dans l’arène. Et voilà le Lac St-Louis en finale contre les Cantonniers.

Les Lions sont déchaînés. Avant d’écarter les puissants Chevaliers en demi-finale, ils ont aussi fait subir le même sort à une autre puissance du circuit Lévesque: les Estacades de Trois-Rivières. Autrement dit, la bande à l’entraîneur Jon Goyens prend plaisir à faire plier les genoux aux puissances de la ligue. Les joueurs des Cantonniers en ont-ils pris bonne note?

Levi et les autres

Il y a bien sûr le gardien de 17 ans Devon Levi qui est le principal artisan des succès des Lions dans les séries. Levi avait été proclamé le gardien par excellence de la ligue il y a un an à 16 ans. Il appartient à l’Armada de Blainville-Boisbriand dans la LHJMQ et ces derniers ont tout tenté pour l’attirer avec eux. Levi a dit non, car son plan de carrière passe par les États-Unis. Il est donc revenu disputer une dernière saison avec les Lions. Sachez que si Levi avait opté pour l’Armada, c’est lui qui serait dans la mêlée contre le Phœnix de Sherbrooke dans la série entre ces deux équipes qui bat son plein actuellement. Levi a donc frustré les Chevaliers dans leur série. Il s’est dressé telle une muraille avec 64 et 52 arrêts dans deux des trois victoires des siens. Levi a toutefois une bête noire dans le midget AAA: les Cantonniers de Magog. En trois saisons, la merveille masquée des Lions montre une fiche de deux victoires et neuf revers contre Magog. Gageons qu’il va s’en servir comme motivation dans l’espoir de renverser la vapeur.

S’il est l’épine dorsale de son équipe, Levi n’est quand même pas le seul à s’illustrer. Quatre des six premiers compteurs des séries sont des Lions. James Malatesta, un patineur de 15 ans, est bon premier avec 20 points en 12 parties.

Sur le plan collectif, une statistique a particulièrement attiré mon attention. Je m’y suis pris à deux reprises pour être certain que je n’avais pas la berlue. Les Lions ont passé à travers trois séries en bénéficiant seulement de 22 jeux de puissance, comparativement à 63 pour les Cantonniers. Il y a une conclusion à tirer: à cinq contre cinq, les Lions ont carrément dominé leurs adversaires.

Les Cantonniers résisteront

Malgré tout, je crois à la victoire des Magogois. Ils célébreront à la septième partie de la finale devant leurs partisans. Devant les buts, Olivier Adam n’a absolument rien à envier à Levi depuis le début des séries. À la ligne bleue, les Cantonniers sont dans une classe à part. Reste l’attaque. Les Lions sont plus spectaculaires, plus rapides, mais ils n’ont pas la profondeur des Cantonniers. Félix Potvin mise sur quatre trios. Les Lions n’ont probablement pas encore joué contre une ligne comme celle de Tristan Roy, Olivier Picard et Zachary Barabé qui n’est pas facile à affronter. Alexandre Doucet est en feu; Justin Robidas est Justin Robidas. Tous les autres attaquants sont en mission.

Oui, les Cantos feront oublier leur défaite de 2015 en finale contre ces mêmes Lions. La coupe Jimmy-Ferrari attendra avant de déménager et demeurera à Magog pour une deuxième année d’affilée.

Optimisme prudent

 C’est avec un optimisme prudent que Jacob Dion amorce la finale quatre de sept de la Ligue midget AAA du Québec entre les Cantonniers de Magog et les Lions du Lac St-Louis ce soir à l’aréna de Magog.  

Le capitaine des Cantonniers a encore frais en mémoire un certain soir froid du mois d’avril 2018 alors qu’il avait marqué le but gagnant en prolongation lors du quatrième match de la finale quatre de sept qui les opposait aux Estacades de Trois-Rivières. Quelques minutes après avoir été enseveli sous ses coéquipiers, Dion avait la chance de soulever la coupe Jimmy-Ferrari et de la ramener en sol magogois après une attente de 18 ans. Le défenseur des Cantonniers aimerait bien maintenant mettre un terme à sa carrière midget AAA en recevant la coupe tant désirée à titre de capitaine.

« Nous avons franchi un bon bout de chemin, mais vous vous doutez bien que le travail n’est pas fini. Les victoires les plus difficiles à aller chercher sont devant nous. Comment pourrions-nous penser autrement quand on sait que les Lions viennent de vaincre Lévis trois fois dans leurs quatre dernières parties? Les Lions n’ont aucun complexe. On les connaît bien, mais visiblement ce n’est plus la même équipe qu’en saison. Eux aussi nous connaissent bien. Ce sera toute une bataille. Ce sont les petits détails qui feront la différence. On excelle à ce petit jeu », prétend Dion.

Longue série

À l’instar de la saison régulière, le capitaine des Cantonniers est une menace constante dans les séries avec ses 14 points en 11 parties. « J’ai de plus grandes responsabilités comme vétéran et capitaine, surtout que j’ai goûté à la finale et toutes les distractions qu’il y a autour. Nous avons trois duos de défenseurs qui sont à maturité. On se complète bien. Maintenant, on se prépare à notre plus grand défi. Les Lions forment une équipe qui peut embêter toutes les brigades défensives. Nous devrons être très alertes et concentrés. On se prépare pour une longue série, mais on ne regarde pas trop loin en avant. On va y aller une présence à la fois », affirme Dion.

L’unité défensive des Cantonniers sera toutefois amputée d’un de ses soldats ce soir alors qu’Edouard F. Cournoyer purgera la troisième et dernière partie de suspension. Jean-guy Rancourt