L’ancien Cantonnier Frédérick Gaudreau n’a pas laissé les épreuves miner sa détermination et il se retrouve aujourd’hui être un élément important des puissants Prédateurs de Nashville.

La confiance inébranlable de Frédérick Gaudreau

Il ne fait pas partie des joueurs les plus électrisants à avoir endossé l’uniforme des Cantonniers de Magog dans la Ligue midget AAA du Québec. Sa production offensive en deux saisons qui se chiffre à 64 points, dont 25 buts, en 82 parties est somme toute modeste. Le Bromontois Frédérick Gaudreau avait plutôt fait de son engagement envers son équipe, sa passion du hockey, sa force de caractère et sa résilience sa marque de commerce. La même recette qui l’a propulsé jusque dans la Ligue nationale avec les puissants Predateurs de Nashville.

On a souvent cru Gaudreau au tapis, mais celui qui a joué à Magog lors des saisons 2009-2010 et 2010-2011 n’est pas du genre à plier les genoux facilement. Avant de se pointer avec les Cantonniers, Gaudreau avait vu les portes du bantam AA se fermer devant lui. À 15 ans, il était passé en coup de vent au précamp des Cantonniers. L’invitation tant attendue pour participer au camp officiel de l’équipe n’est jamais venue.

Après un séjour d’un an dans le midget espoir avec le Canimex de Drummondville, Gaudreau se retrouve enfin au camp des Cantonniers, mais il ne sait pas trop à quoi s’attendre. « Honnêtement, j’avais beaucoup d’appréhensions. Après tout, je n’avais pas été considéré à 15 ans. J’avais connu un bon camp, sans éclat, mais je crois surtout que l’entraîneur Martin Bernard avait vu en moi un certain potentiel à peaufiner, à développer. Il avait peut-être déjà remarqué que je n’étais pas ce genre de joueur qui ferait des flammèches. C’est aussi un trait de ma personnalité et probablement qu’il s’en était aperçu », explique l’ancien des Cataractes de Shawinigan et des Voltigeurs de Drummondville dans la LHJMQ.

« J’ai mieux fait à ma deuxième saison, mais j’ai toujours été ce genre de joueur qui mise sur le processus et qui joue un peu dans l’ombre quand je débarque quelque part pour la première fois. Ça s’est passé de cette façon dans le midget AAA et ensuite dans le junior majeur, la Ligue américaine et maintenant la Ligue nationale. On ne m’a jamais remarqué pour mes statistiques. Les chiffres, c’est une chose et c’est certain que ça ne peut pas nuire, mais ce n’est pas tout. Les jeunes qui évoluent midget AAA ou dans des divisions inférieures ne doivent pas s’attarder à leurs statistiques. Le travail, la détermination d’un joueur, sa passion pour la partie, c’est payant à long terme. Les recruteurs identifient rapidement ces joueurs qui ont du mérite parce qu’ils ne sont pas des lâcheurs. J’en suis la preuve vivante. »

La fameuse blessure

Qu’on le veuille ou non, Frédérick Gaudreau est aussi associé à cette terrible blessure dont plusieurs parlent encore, du moins ceux qui en avaient été témoins au tout début des séries en 2010. Ce qui semblait être une banale collision dans le coin de la patinoire s’est transformée pour Gaudreau en une fracture ouverte du poignet droit qui a failli mettre fin à sa carrière. En traversant la patinoire, on pouvait apercevoir Gaudreau avec un poignet qui balançait dans le vide et qui ne tenait que par les tissus.

Sur la glace c’était la panique et des coéquipiers attiraient l’attention de l’arbitre pour qu’il arrête le jeu. Plusieurs joueurs et amateurs fermaient les yeux devant la scène. « Sur le coup c’était une tragédie pour moi. J’ai été hospitalisé cinq ou six jours et les médecins doutaient de mes chances de retourner au hockey. J’ai déjoué leurs calculs en revenant au camp d’entraînement des Cantonniers dès l’automne suivant. Le mérite revient à ceux qui m’ont pris en charge sur place au moment de ma blessure et ceux qui m’ont soigné, encouragé et aidé dans ma réhabilitation », de déclarer un Frédérick Gaudreau reconnaissant.

Ce dernier était quand même loin d’être rétabli à 100 pour cent. « Il n’y avait plus de danger pour mon poignet qui manquait néanmoins de force et de mobilité. J’ai dû faire de la physio pendant une longue période. J’ai été chanceux », prétend Gaudreau qui a toujours compté sur l’appui inconditionnel de son entraîneur Martin Bernard à travers cette épreuve.

« Dès sa première visite à l’hôpital il m’a rassuré et m’a dit qu’il m’attendrait au début de la prochaine saison. Il a fait davantage en me confiant le titre de capitaine. J’ai Martin Bernard en très haute estime pour tout ce qu’il a fait pour moi. Et c’est tout un coach de hockey. Nous sommes liés pour la vie. »

De bons gars

Frédérick Gaudreau a adoré son séjour chez les Cantonniers. « J’ai toujours rêvé à la Ligue nationale. Les Cantonniers sont une première étape et ils nous y préparent très bien. C’est immense quand tu as 15 et 16 ans. « 

Gaudreau estime avoir été bien encadré avec les Cantonniers. « À commencer par les entraîneurs Martin Bernard, Mylène Benoît et Félix Potvin qui étaient là à mon époque. J’ai joué avec des coéquipiers fantastiques. Tout était à point aussi à l’extérieur de la glace. Les Cantonniers sont véritablement l’équipe de Magog. Les amateurs de hockey de Magog et des environs sont très fiers de leur équipe et ils nous le font sentir. C’est magique comme atmosphère. »

+ En rafales

Lors de ses deux saisons avec les Cantonniers de Magog, Frédérick Gaudreau avait un certain Jérémy Grégoire parmi ses coéquipiers. Plusieurs années plus tard, les deux se retrouvent maintenant au sein de la même organisation professionnelle chez les Predateurrs de Nashville. Grégoire évolue actuellement avec la filiale des Predateurs à Milwaukee. Olivier Picard, actuel adjoint à Stéphane Julien chez le Phœnix de Sherbrooke, a aussi évolué avec Gaudreau chez les Cantonniers.

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Le 1er mars 1985, les Cantonniers ont été impliqués dans une partie au cours de laquelle il s’était marqué pas moins de 24 buts, dont 16 par les Magogois. Ces derniers avaient doublé Montréal-Concordia par le pointage de 16-8. 

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En 40 ans, les Cantonniers ont fait les frais de 11 parties qui se sont soldées au compte de 1-0. Cela s’était même produit à deux reprises en l’espace de 16 jours seulement lors de la saison 2013-2014.

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Il n’est jamais facile pour un entraîneur des Cantonniers de se passer d’un produit local. Parlez-en à Martin Bernard qui avait décidé de retrancher le Magogois et gardien de but Tommy Legault au camp d’entraînement précédant la saison 2004-2005. Des partisans Magogois réclamaient rien de moins que la tête de Bernard. Comble de malheur pour Martin Bernard, Legault était venu vaincre les Cantonniers dès son retour à l’aréna de Magog avec sa nouvelle équipe des Vikings de Saint-Eustache.