Frêle et avec un léger bagage d’expérience, Félix Robert, de Lambton, s’est présenté à son tout premier camp d’entraînement du Phœnix à l’âge de 17 ans en tant que joueur invité.

La belle histoire de Félix Robert

Il y a de ces chemins qui semblent parfois tracés d’avance dans le monde du sport. Il y a aussi ces athlètes qui doivent en donner plus que les autres pour atteindre leur but. Félix Robert fait partie de cette deuxième catégorie.

Frêle et avec un léger bagage d’expérience, l’attaquant de Lambton s’est présenté à son tout premier camp d’entraînement du Phœnix à l’âge de 17 ans en tant que joueur invité après avoir quitté la LHPS. Retranché, il a redoublé d’efforts pour finalement devenir l’un des meilleurs de la LHJMQ. Même s’il n’a jamais été repêché.

« On venait de faire le saut du junior AAA au collégial et il nous manquait des joueurs, se souvient l’entraîneur des Cougars de Champlain, Stéphan Lebeau. Dave Evanghelo m’a alors contacté pour me parler d’une façon très élogieuse de l’un de ses joueurs des Marquis du Collège du Mont Sainte-Anne. Je l’ai invité à faire partie du club sans aucune condition. Dès que je l’ai vu jouer, j’ai eu le coup de foudre. »

En 21 parties à Lennoxville, Félix Robert a amassé neuf buts et 16 passes pour un total de 25 points. 

« Il était un joueur intense et intelligent, constate son ancien entraîneur. Il était petit, mais ne jouait pas petit. Son seul défaut, c’est que lorsque le réservoir était vide, il n’était plus efficace. C’est ce qu’il a travaillé d’ailleurs. À cause de son physique, l’objectif d’attirer l’attention des recruteurs de la LNH était ambitieux. Mais il est un athlète sérieux et il a mis toutes les chances de son bord pour atteindre son but. »

« Un joueur qui arrive du scolaire n’a pas le même bagage que celui qui sort du midget AAA, note l’entraîneur du Phœnix, Stéphane Julien. Au midget AAA, il y a des entraînements chaque jour. L’important pour les joueurs du scolaire est de vouloir faire de l’extra par la suite pour arriver à l’autre niveau même s’ils partent avec un peu en retard sur les autres. Il y a des joueurs exceptionnels qui se fieront à leur talent, mais il y en a d’autres qui perceront la LHJMQ en progressant constamment. C’est ce que Félix a fait. »

Le joueur du Phœnix a su écouter les conseils de ses entraîneurs. 

« Il ne s’était pas beaucoup entraîné avant d’arriver avec nous. Il manquait un peu de vitesse à cause de son physique et il lui manquait un peu de cardio également, donc on lui a conseillé de travailler fort à l’entraînement et il l’a fait tout de suite. D’autres écouteront parfois nos conseils, mais ne feront absolument rien et resteront des joueurs ordinaires. Elle est là la différence. »

« Je l’avais beaucoup aimé au camp d’entraînement, renchérit Julien, mais on l’a retourné chez les Cougars de Champlain. Il a toujours eu cette fougue : Félix me fait beaucoup penser à Mathieu Olivier, parce qu’il se présente à l’aréna avec l’idée de progresser chaque jour. Il voulait améliorer sa vitesse et sa forme physique. Aujourd’hui, Mathieu Olivier est chez les pros et grâce à son niveau de compétition et son rendement, Félix attire maintenant l’attention des recruteurs. »

« J’avais opté pour la LHPS parce que j’habitais Lambton, explique pour sa part Félix Robert. Pour l’école, c’était le mieux à faire. Sinon, je devais faire beaucoup trop d’heures d’autobus chaque jour. C’est sur qu’il y a eu énormément de gens qui m’ont parlé de ma petite taille, surtout à cause que mon développement physique était plus lent. Mais ça ne m’empêchait pas de croire encore en mes rêves ! »

Dans le moule de Gallagher

Le petit attaquant souhaite un jour faire le saut chez les professionnels. 

« Mais mon but premier est d’aller chercher la coupe cette année et ensuite on verra ! On a une excellente équipe et de très bons joueurs. »

S’il atteint son rêve, ce sera entre autres grâce à ses traits de caractère, explique son entraîneur :

« Félix a sa propre personnalité. Sa progression s’est effectuée par étape, mais il n’a jamais arrêté de s’améliorer. Il suffit de demander aux autres défenseurs du circuit quel joueur ils détestent le plus affronter et le nom de Félix Robert reviendrait souvent. Il possède les mêmes qualités que Brendan Gallagher. Il est hargneux, il se dirige toujours au filet, il défie les défenseurs et il est dangereux autour du gardien. Il est un exemple pour ses coéquipiers et ces derniers le respectent beaucoup. Il veut toujours la rondelle et il amasse des points grâce à ça. C’est la raison pour laquelle les recruteurs s’intéressent à lui. »

Et s’il avait un conseil à donner à ceux qui auront à emprunter le même chemin ?

« Il faut toujours travailler fort pour ne pas avoir de regret. Si tu sens que tu as mis tous les efforts nécessaires pour réussir, tu peux être fier de toi », résume-t-il.