Stéphane Julien n’hésite pas à partager le Trophée Ron-Lapointe avec tous les membres de l’organisation : « nos leaders ont pris les choses en main cette saison ».
Stéphane Julien n’hésite pas à partager le Trophée Ron-Lapointe avec tous les membres de l’organisation : « nos leaders ont pris les choses en main cette saison ».

Julien partage son prix avec le Phœnix... et Judes Vallée

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
SHERBROOKE — Stéphane Julien a été récompensé lundi pour son année de rêve avec le Phœnix de Sherbrooke en recevant le Trophée Ron-Lapointe remis à l’entraîneur-chef de l’année dans la LHJMQ. Et pas question qu’il en fasse un prix individuel : « C’est un trophée d’équipe! »

La domination du Phœnix aura mené Stéphane Julien vers son premier prix à titre d’entraîneur au niveau junior majeur. La formation sherbrookoise a conclu la saison 2019-2020 avec 106 points en 63 matchs grâce à un dossier de 51-8-3-1. 

Sa première réaction? Remettre une partie de ce prix à ses adjoints, aux joueurs et à tout le personnel de l’équipe. Et ce, allant jusqu’à rendre hommage à celui qui lui a offert sa première chance.

« Judes Vallée m’a donné l’occasion d’aller derrière un banc dès la première année du Phœnix, se souvient-il. Judes est un homme de hockey d’expérience. Il m’a rapidement permis de comprendre certains éléments propres au junior majeur. Il m’a montré la base et ce que tu ne peux pas contourner dans le junior. Après, j’ai coaché comme j’ai joué. Je me suis collé à mon style. J’étais un joueur intense et discipliné et le comportement hors glace était tout aussi important. C’est ce que j’essaie d’enseigner aux jeunes. »

Rappelons que l’ancien capitaine des Faucons de Sherbrooke avait poursuivi sa carrière en Europe, en Allemagne surtout, pour ensuite revenir à Sherbrooke afin de s’impliquer notamment dans la relance du hockey junior dans les Cantons-de-l’Est.

Stéphane Julien se trouve donc au sein de l’organisation depuis la renaissance du hockey junior à Sherbrooke en 2012. 

Après un bref passage derrière le banc à titre d’adjoint, Julien est demeuré au sein des opérations hockey du Phœnix pour finalement être nommé entraîneur-chef de l’équipe en décembre 2015.

« Je partage aussi ce prix avec mes adjoints, Olivier Picard et Jean-Christophe Poulin. Ensemble, on se complète bien. J’ai eu de bons adjoints avec moi dans le passé. Je pense entre autres à Pascal Rhéaume, Benoît Desrosiers et nos entraîneurs de gardiens. On apprend souvent des gens qui nous entourent. Mais avant tout, je dois remettre une partie de ce prix aux joueurs. Un chef d’orchestre sans violoniste et sans joueur de flûte, ça ne fait pas une belle musique. » 

Des pièges à éviter

Stéphane Julien en était à sa quatrième saison complète aux commandes du Phœnix, qui a raflé le titre de champion de la saison régulière en plus de se retrouver au sommet du Top 10 de la Ligue canadienne de hockey au moment où la pandémie de la COVID-19 a forcé la ligue à suspendre ses activités et annuler le reste de la saison et des séries alors qu’il ne restait que cinq parties à disputer. 

Sa formation a d’ailleurs terminé la saison 2019-2020 en beauté avec 13 victoires consécutives.

Le Phœnix a également mis fin à cette campagne écourtée en présentant les meilleures statistiques en avantage numérique et la deuxième meilleure fiche en désavantage numérique de la LHJMQ.

« Mon plus gros défi cette saison était d’éviter que les joueurs tombent dans un excès de confiance avec le succès que l’on connaissait. J’ai dû jongler avec plein de choses cette saison et notre but numéro 1 avant de disputer notre premier match était de faire en sorte que notre saison ne soit pas un flop. On croyait pouvoir terminer au sein du top 5 de la LHJMQ et on ne voulait pas rater cette chance. Nos vétérans sont arrivés cette année avec un seul but en tête, celui de gagner la coupe, et ils ont pris les choses en mains. » 

Un héritage à construire

Un changement de mentalité a été observé chez le Phœnix de Sherbrooke lors de la saison 2017-2018.

« L’arrivée d’un gars comme Mathieu Olivier a changé beaucoup de choses au sein de notre équipe. Nos vétérans ont beaucoup appris et les plus jeunes ont suivi en empruntant le même chemin. Avec Nicolas Poulin, Hugo Roy et Thomas Grégoire, on a vu que l’équipe jouait soudainement avec plus de confiance. On avait subi quelques échecs et vécu certaines déceptions dans le passé. Mais en gagnant une première ronde contre les Huskies de Rouyn-Noranda, on venait de péter un abcès. »

L’année suivante, le Phœnix passait une fois de plus en deuxième ronde à la suite d’un gain face à l’Armada de Blainville-Boisbriand. Et cette année, rien n’était impossible pour la meilleure équipe du Canada. 

« Samuel Poulin a donné à notre équipe une nouvelle dimension et notre groupe de leaders a amené tout ça à un autre niveau cette saison. Pour être franc, si je laissais les clefs à un autre pour la saison prochaine, même si nos leaders de 20 ans ne seront pas de retour, je ne serais pas inquiet. On a une mentalité de gagnants maintenant. » 

Grimper les échelons

Depuis quelques années, Stéphane Julien fait tout en sorte pour prendre du galon, grimper les échelons et monter en grade en s’impliquant entre autres dans les activités de Hockey Canada.

« C’est certain que ce genre de prix, c’est toujours bon pour un CV. Mais il n’y a rien qui bat les victoires. J’aimerais continuer à piloter des équipes du programme Hockey Canada et voir jusqu’où tout ça peut me mener. »

Parfois, la victoire peut tenir à une poignée de détails. 

« Nos deux premières parties de la saison ont donné le ton au reste de la campagne. On aurait pu les perdre. La première était à Sherbrooke contre les Saguenéens de Chicoutimi et on a gagné en prolongation sur un but d’Alex-Olivier Voyer. Ensuite, on perdait 4 à 2 contre Gatineau au Palais et on est revenus de l’arrière pour finalement gagner 6 à 4 grâce à notre force de caractère. Par la suite, on est presque devenus invincibles à la maison avec une fiche de 29-1-1. »

Combinaison gagnante Thibault/Julien

Engagé au poste d’entraîneur-chef par son ami de longue date Jocelyn Thibault, Stéphane Julien admet que les deux font la paire.

Les deux ex-coéquipiers ont vécu de beaux moments dans l’uniforme des Faucons de Sherbrooke avant de voir leur route se séparer. 

« L’amitié et les affaires ne font pas toujours bon ménage, mais dans notre cas, on forme un bon duo. Jocelyn est très différent de moi. Côté émotions, il est pas mal toujours égal. Tant mieux, parce qu’un directeur général ne peut agir comme un entraîneur. Il ne peut pas lancer de bouteille d’eau sur la glace quand ça ne va pas bien », explique Stéphane Julien en riant. 

Passer le temps en confinement

Depuis que la saison a pris fin abruptement, Stéphane Julien se tient fort occupé. Entre autres avec sa liste de tâches à la maison, mais aussi avec le hockey. 

« On a eu nos entretiens de fin de saison, ensuite j’ai donné trois conférences à distance, dont une en Europe. J’ai continué à peaufiner mes connaissances avec l’aide de Hockey Canada, qui nous offre des services de mentorat et je me prépare pour la saison prochaine en plus de me concentrer sur certains projets en lien avec le hockey prévus cet été », conclut-il tout en se montrant optimiste concernant les activités de la LHJMQ la saison prochaine.