Jules Burnotte est le seul biathlète à s’entraîner au Centre national de ski de fond Pierre-Harvey, mais il est accompagné d’un ancien champion du monde de biathlon chez les benjamins, le Sherbrookois Léo Grandbois.
Jules Burnotte est le seul biathlète à s’entraîner au Centre national de ski de fond Pierre-Harvey, mais il est accompagné d’un ancien champion du monde de biathlon chez les benjamins, le Sherbrookois Léo Grandbois.

Jules Burnotte fait des pas de géant

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Pour la première fois durant sa jeune carrière dans le monde du biathlon, Jules Burnotte prend sa nouvelle discipline au sérieux. Avec raison, puisqu’il se trouve depuis deux ans déjà au sein du circuit de la Coupe du monde. Un entraînement plus professionnel, un déclic dans sa façon d’aborder le sport, un premier commanditaire majeur. Jules Burnotte l’assume complètement : il est maintenant un biathlonien.

L’ancien participant au Championnat du monde junior de cross-country a fait un pas de géant dans son processus de devenir l’un des meilleurs biathlètes au monde. 

« Ma philosophie a changé, explique le Sherbrookois. Je misais beaucoup sur mes aptitudes physiques et maintenant, je me concentre énormément sur la technique. J’étais nouveau il n’y a pas si longtemps sur le circuit du biathlon. Si j’avais été surpris il y a deux ans de faire partie du circuit de la Coupe du monde, l’an dernier, j’en ai plutôt profité pour prendre confiance et faire ma place dans ce nouveau monde. J’ai vu mon classement passer de 100e au monde à 82e et j’ai atteint le top 30 ou le top 40 durant certaines courses de la Coupe du monde. Cette fois, je vise quelques tops 20 ! »

Jules Burnotte croit pouvoir y parvenir grâce à sa préparation bien différente de celle des dernières années.

« Je m’entraînais davantage en solo avant et je me rendais à un camp à Canmore ou aux États-Unis chaque année. Cette fois, j’ai intégré le Centre national d’entraînement Pierre-Harvey et je m’entraîne avec quinze spécialistes du ski de fond et l’entraîneur Louis Bouchard à Saint-Ferréol-les-Neiges. Je sens une progression et en habitant là-bas, tout près du Centre, je peux miser sur une plus grande stabilité. »

Jules Burnotte

« Tout a débloqué »

Tout près se trouve également la base de Valcartier. 

« J’y pratique le tir. Si le tir était ma lacune à ma première saison, tout a débloqué l’an dernier. Avant, j’appréhendais cette étape de ma course. J’avais beaucoup de rattrapage à faire et j’ai finalement terminé les épreuves avec l’un des meilleurs pointages au tir parfois la saison dernière. Il faut vraiment se mettre dans un autre état d’esprit lorsque vient le moment de tirer et c’est ce que j’ai compris. J’étais aussi lent et imprécis. Je manquais de concentration. Maintenant, je ne suis plus déstabilisé. J’ai également appris à tenir compte des variations du vent et du soleil. J’ai ajusté mon tir », soutient le jeune athlète. 

En attendant la reprise de la saison, Jules Burnotte poursuit l’entraînement en skis à roulettes et continue ses études en philosophie pour enfant après avoir commencé un baccalauréat en éducation physique.

« Notre fédération est confiante de pouvoir lancer sa saison cet hiver, mais je me suis trouvé des choses à faire en attendant. Il est encore trop tôt par contre pour en être certain. On a la chance de pouvoir miser sur des revenus de télédiffusion grâce aux droits de télé. J’ai encore beaucoup de travail devant moi avant d’être prêt pour la prochaine saison, mais au moins, je sais aujourd’hui que c’est ce que je veux faire : me retrouver parmi les meilleurs au monde en biathlon », soutient Jules Burnotte, commandité par Communauto depuis peu.

« Cette compagnie rejoint mes valeurs et ça me ressemble. Je suis vraiment fier de pouvoir compter sur leur support. Je me rends surtout compte que, maintenant, ça devient du sérieux. »

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Léo Grandbois met les bouchées doubles dans l’entraînement en attendant de pouvoir confirmer cet hiver que ses deux opérations ont bien été réussies.

Double opération pour Léo Granbois :  Je ne sentais plus mes mains»

Léo Grandbois a fait sa marque dans le biathlon en devenant champion du monde chez les benjamins. Recyclé en fondeur il y a plus d’un an après avoir intégré l’équipe nationale de ski de fond, le Sherbrookois n’a qu’une préoccupation. Et ce ne sont pas ses prochains résultats aux Mondiaux ou sur le circuit de la Coupe du monde. « J’ai seulement hâte de voir si je retrouverai ma force aux bras. À la fin de la saison, je ne sentais plus mes mains. »

Le jeune athlète de 21 ans a dû subir deux opérations à cause de son syndrome du défilé thoracique. 

« Mes veines et mes artères étaient coincées. J’avais très froid aux mains à cause de la mauvaise circulation du sang. Je devais me faire opérer les deux bras cet hiver, mais finalement, j’ai subi une opération le 20 janvier pour le bras gauche uniquement et j’ai dû attendre jusqu’au 22 juin pour le bras droit en raison de la pandémie. Heureusement, c’est fait maintenant. Ce n’est pas encore parfait, mais ça va ! »

C’est une fois l’hiver commencé que Léo Grandbois saura vraiment si les opérations ont été réussies. « Avec le froid je pourrai voir si j’ai retrouvé toute ma force. »

Avec l’élite

Sa meilleure sortie l’an dernier : une 7e place au 10 km d’une épreuve NorAm.

« J’ai participé au NorAm de Kenmore et à celui près de Gatineau puis j’ai dû me faire opérer tout de suite. J’avais besoin de mes bras pour connaître de meilleurs résultats et je ne pouvais pas continuer comme ça. »

Léo Grandbois refuse en effet d’être simplement un fondeur moyen sur le circuit international. Il veut se retrouver parmi les meilleurs de l’équipe canadienne. 

«La passion du ski de fond»

« Si je suis passé du biathlon au ski de fond, c’était pour connaître autant de succès, sinon plus. Ce qui est tout à fait normal, sinon pourquoi avoir fait ce changement même si la portion ski était ma préférée dans le biathlon ? Je me suis rendu compte que j’avais vraiment la passion du ski de fond. Je m’entraîne avec un groupe motivant. Je manquais peut-être de défis à l’entraînement en biathlon. Ici, la compétition est forte et je trouve que mes coéquipiers sont arrivés tellement en forme. Le niveau d’intensité est très élevé et j’aime ça ! »

Il ne reste plus qu’à attendre les prochaines nouvelles de la Fédération internationale de ski.

« J’ai l’impression que si ça commençait bientôt, on serait très dangereux comme équipe ! » Jérôme Gaudreau