Jean-Luc Brassard était à l’école secondaire du Triolet mardi soir pour y présenter sa vision du sport aux jeunes athlètes de l’établissement.

Jean-Luc Brassard rêve d’un monde du sport sain

« C’est le temps que ça change! » L’ex-roi des bosses Jean-Luc Brassard en a ras-le-bol et a livré mardi soir un témoignage-choc aux jeunes athlètes de l’école secondaire du Triolet. L’Olympien rêve au jour où le monde du sport sera plus sain : un monde sans intimidation, sans toute forme de violence et dans lequel les jeunes s’épanouiront.

« Quand j’étais jeune, j’aurais aimé que quelqu’un vienne me voir pour me donner des outils, des conseils et de la motivation, mais personne n’est venu. La tournée des ambassadeurs sportifs sert justement à sensibiliser les athlètes, les entraîneurs, les arbitres et les parents sur différentes réalités. Je veux que le plaisir redevienne la base de tous les jeunes athlètes. Il n’y a pas juste de mauvaises histoires concernant le sport, mais il y en a trop », souligne l’un des cinq ambassadeurs mandatés par le gouvernement du Québec qui auront pour mission de promouvoir les valeurs positives du sport, avec l’ex-volleyeuse Guylaine Dumont, la journaliste Chantal Machabée, la joueuse de rugby Karen Paquin et l’ancien capitaine de l’Impact de Montréal Patrice Bernier, qui a dû annuler sa présence au Triolet et être remplacé par Jean-Luc Brassard.

C’est en parlant du mauvais comportement de certains parents, des agressions et du harcèlement chez les entraîneurs et de la violence verbale ou physique entre les athlètes que le médaillé olympique souhaite apporter sa contribution pour que le sport évolue.

« Où est la valeur de l’entraide, le travail d’équipe, la coopération et le désir de se dépasser soi-même au lieu d’écraser l’adversaire? Mon objectif est de rappeler aux jeunes qu’il n’y a pas que les médailles et le succès qui comptent. J’aime souvent utiliser l’analogie de l’école et du sport. Est-ce que je me souviens de mes notes de chaque cours à l’école? Non. Mais je me souviens des liens que j’ai tissés avec différentes personnes à l’école et des valeurs apprises. Je prône le respect dans le sport sans toutefois mettre de côté l’excellence », explique Jean-Luc Brassard.

D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’il pratiquait un sport individuel qu’il ne profitait pas des avantages du travail d’équipe en ski acrobatique.

« Il suffit de regarder Mikael Kingsbury pour comprendre à quel point ses coéquipiers d’entraînement le poussent à se dépasser. C’est aussi possible de pratiquer un sport de compétition sans écraser l’adversaire. On peut se réunir entre athlètes afin de s’aider à atteindre l’autre niveau », estime l’athlète devenu animateur, chroniqueur et conférencier.

En entrevue, peu avant la conférence offerte lors du gala servant à souligner la fin de saison du sport-études baseball des Harfangs, Jean-Luc Brassard a également abordé le sujet du financement déficient dans le sport amateur et de la sédentarité chez les jeunes.

« Il faut ramener le plaisir à la base du sport pour ne pas décourager l’athlète à bas âge. C’est important de pratiquer beaucoup de sports afin d’améliorer la motricité des athlètes. Avec la venue des tablettes et des jeux vidéo, on ne doit pas écraser un jeune et pour changer les mentalités, il est nécessaire de faire un effort collectif. C’est prouvé : l’impact des mauvais comportements dans le monde du sport est important et on doit mettre un frein à ça », résume-t-il.