Le dernier combat d'Alexei Emelin, en mars 2016 face à Justin Abdelkader des Red Wings de Detroit, était son quatrième dans la LNH.

«Je ne suis pas un batailleur»

Les propos amers du vétéran Shawn Thornton à l'endroit d'Alexei Emelin, jeudi après la victoire du Canadien sur les Panthers de la Floride, ont fait le tour de la Ligue nationale. L'ancien dur à cuire des Bruins de Boston a reproché à Emelin de ne pas assumer les gestes qu'il posait et de ne pas se défendre lorsqu'on voulait riposter à l'un de ses nombreux coups.
Mais Emelin a une bonne raison de ne pas le faire : cette fameuse plaque de titane qu'il a au visage depuis qu'un coup de poing d'Alexander Svitov, lors d'un match des séries éliminatoires contre l'Avangard d'Omsk, en 2009, lui a infligé plusieurs fractures. Une plaque qui restera là jusqu'à la fin de sa vie.
« Je m'étais fracturé l'os orbital et le nez, s'est souvenu Emelin lors d'un entretien avec La Presse au mois de janvier. Ça me permet de fixer l'os sous mon oeil. »
Les explications fournies plus tôt cette saison par le défenseur russe permettent de comprendre ce comportement qui a tant attiré l'ire de Thornton. Mais Emelin ignore si les joueurs des autres équipes sont au fait de son état.
« Je ne sais pas, mais je ne suis pas un batailleur, a-t-il invoqué. À cause de cette blessure, je ne me battrai plus. »
Il lui est toutefois arrivé de jeter les gants... mais jamais par choix. Son dernier combat, en mars 2016 face à Justin Abdelkader des Red Wings de Detroit, était son quatrième dans la LNH. Au moins deux de ces batailles sont survenues lorsque l'adversaire a réagi à un coup d'Emelin qu'il jugeait déloyal. Selon le site hockeyfights.com, qui répertorie cette facette du jeu, l'arrière du Canadien n'a remporté aucun de ses combats. C'est qu'on le voit surtout tenter de protéger son visage des coups de poing.
« C'est un gros risque parce que la plaque est près de mon oeil, nous a-t-il expliqué. C'est vraiment dangereux si elle se déplace. »
Emelin a été mis à l'amende deux fois par la Ligue nationale, mais n'a jamais été suspendu. C'est donc dire qu'en dépit de ses solides mises en échec, la ligue n'estime pas qu'il outrepasse les critères de discipline du circuit. Mais cela n'empêche pas plusieurs adversaires dont Shawn Thornton de ne pas piffer son style de jeu.
Or, le défenseur de 30 ans ne changera pas. Et peu importe s'il met l'autre équipe en furie ou non, il continuera de refuser les invitations.
« Si quelqu'un me pousse et m'invite à me battre, je vais dire non », a-t-il répété.