Alors que la hausse substantielle du prix des permis de chasse et de pêche, décrétée il y a deux ans, devait servir à renforcer la surveillance du patrimoine faunique, les effectifs ont plutôt diminué. Deux fois plus dans l'unité administrative Estrie-Montérégie que dans l'ensemble du Québec. -

Je me souviens

Il y a deux ans, j'ai accepté et même défendu la hausse substantielle du prix des permis de chasse et de pêche, qui était liée à un engagement gouvernemental de réinvestir pour la mise en valeur et la protection du patrimoine faunique. Ça ne semble pour l'instant que mirage.
Un confrère du quotidien Le Devoir nous apprenait le mois dernier qu'il y a eu suppression de 52 postes au service de la protection de la faune au cours des cinq dernières années.
Les chiffres fournis par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs donnent à penser que ce recul de 12 % est encore pire dans l'unité administrative Estrie-Montérégie. Alors que 55 gardes-chasse étaient chargés de protéger ces deux régions en 2011-2012, il n'en restait que 43 en 2015-2016. C'est donc plus du quart des effectifs qui, chez nous, aurait disparu au cours de cette période de cinq ans.
« L'argent frais provenant des chasseurs et des pêcheurs du Québec, nous n'en avons pas vu la couleur » déplore le président du syndicat des agents de protection de la faune du Québec, Pierre Gagné.
Rappelons qu'un dégel brusque du prix des permis a fait grimper, il y a deux ans, le droit de pêche de 42 % tandis que l'augmentation a été de l'ordre de 20 pour cent pour les permis de chasse. Québec voulait ainsi accroître ses revenus de 5 M$.
M. Gagné est cependant le premier à reconnaître qu'il ne faut pas s'en tenir qu'aux données brutes précédemment évoquées pour évaluer la vigilance régionale afin de lutter contre le braconnage.
« Des sommes qui sont rattachées à des postes permanents n'ayant pas été remplacés ont servi à prolonger la période d'embauche d'employés temporaires. »
Selon le leader syndical, le projet expérimental sur la restriction de la taille des bois (RTLB) pourrait ajouter à la complexité du travail des agents avec des règlements pointus et qui seront propres à l'Estrie durant cette phase expérimentale.
Vous avez probablement remarqué dans le paragraphe précédent que le verbe référant au projet RTLB est encore au conditionnel. C'est toujours silence radio à Québec. Le gouvernement provincial refuse toujours de confirmer si ce projet quinquennal débutera l'automne prochain comme prévu ou si son démarrage sera décalé d'un an à cause de retards dans le processus de révision réglementaire, qui seraient attribuables à la grève des juristes de l'État. Rappelons qu'une loi spéciale a contraint les avocats à retourner au travail.
Une tarification supplémentaire doit être appliquée dans les deux zones désignées, 6 nord et 6 sud, pour tester durant cinq ans la règle de protection des daguets (Spikes) en visant un meilleur équilibre du ratio mâles/femelles avec un plus haut pourcentage de mâles matures.
« Je serai très surpris qu'une somme quelconque nous soit destinée. J'en serais ravi, mais je n'ai jamais eu vent de cela », répond à ce sujet M. Gagné.
Le Syndicat des agents de protection de la faune vient de conclure une entente de principe avec Québec. Celle-ci sera bientôt soumise aux syndiqués.
« Il y a certains gains intéressants pour nos membres, mais rien de spectaculaire pouvant laisser croire que les réinvestissements promis sont sur le point de se concrétiser.
Le budget pour la prochaine année sera bientôt déposé et par la même occasion, les crédits budgétaires seront dévoilés. On verra si les 36 M$ consacrés à la faune seront majorés ou amputés.
La promesse, je ne l'oublierai point. Je me souviens.