Mesurant 6’4’’, Jasmin Simon est convaincu que sa poussée de croissance n’est pas terminée.
Mesurant 6’4’’, Jasmin Simon est convaincu que sa poussée de croissance n’est pas terminée.

Jasmin Simon, le gentil géant du Phœnix

SHERBROOKE — Si le repêchage 2020 avait eu lieu à Sherbrooke comme prévu, la tradition aurait réuni les nouvelles recrues du Phœnix à la fin de la séance pour immortaliser le moment avec une photo de famille. Tous auraient facilement remarqué le gardien de but Jasmin Simon, placé derrière les autres recrues. Normal, puisque du haut de ses 6’4’’, le gentil géant ne peine pas à se démarquer.

S’il était content après être devenu un choix de 3e ronde du Phœnix? Poser la question, c’est y répondre. À des kilomètres de lui, malgré un interview téléphonique, il était possible d’imaginer le sourire du jeune de 17 ans. 

«C’est une belle petite journée!» a-t-il lancé tout bonnement. 

La première impression? Les amateurs de Sherbrooke l’adoreront. 

«Sherbrooke, c’est la place où j’aime le plus aller. J’ai déjà joué là quelques fois. C’est magnifique. Il y a de bonnes écoles en plus. J’ai toujours suivi la LHJMQ. Le Phœnix est une équipe gagnante. Je vais jouer pour l’équipe qui compte sur l’entraîneur de l’année et le directeur général de l’année en plus. J’ai vraiment hâte au camp.»

Quelques minutes après sa sélection, le portier des Grenadiers de Châteauguay a reçu un texto bien particulier. 

«C’était Samuel Poulin. Il me souhaitait la bienvenue. Ça faisait vraiment spécial.»

Jasmin Simon parlait de son nouveau capitaine comme s’il était un fan. Pas comme un coéquipier. Après tout, le jeune gardien recevait un message d’un joueur choisi en première ronde dans la LNH. Un membre des Penguins de Pittsburgh. 

Quand on sait qu’il n’y a pas si longtemps, il gardait les buts dans le bantam A, on comprend mieux maintenant sa réaction. 

Un parcours atypique

C’est à ce moment que l’histoire devient encore plus intéressante. Jasmin Simon n’a pas connu un parcours standard. En fait, il y a cinq ans, le 58e choix au total de l’encan 2020 de la LHJMQ n’avait toujours pas joué une seule partie de hockey. 

«Je me suis inscrit pour la première fois à ma deuxième année pee-wee!»

Il dit «deuxième année pee-wee», mais en réalité, pour lui, c’était sa première. Pee-wee A, pour être plus précis. Par la suite, il a grimpé les échelons dans le temps de le dire: bantam A, bantam AAA, midget espoir et midget AAA pour finalement être sélectionné en 3e ronde dans la LHJMQ. Impressionnant. 

«Il a tout un potentiel d’apprentissage. Il lui reste encore beaucoup d’espace pour progresser. Il paraît qu’il est toujours de bonne humeur. Il m’a l’air d’un très bon jeune», a confié le directeur général Jocelyn Thibault. 

C’est spécialement lors des dernières séries éliminatoires que Jasmin Simon a attiré l’attention des recruteurs. 

«Il est probablement l’un des cinq meilleurs gardiens du midget AAA. Il a été incroyable en séries!» a noté le recruteur-chef du Phœnix, Alain Préfontaine. 

«Il est un grand bonhomme et il a rapidement accroché notre oeil. Il a connu toute une deuxième moitié de saison dans le midget AAA. Il a éliminé Jonquière presque à lui seul (NDLR: moyenne de ,78 et efficacité de ,977 en cinq parties). Son entraîneur Éric Lecompte n’a que de bons mots sur lui», a soutenu le DG sherbrookois.

« On ne gagnait pas souvent à Châteauguay. J’ai été bombardé souvent. Lors des deux dernières années, j’ai connu souvent la défaite. C’était difficile mentalement. J’ai rencontré un psychologue sportif avant les Fêtes et par la suite, il y a eu une étincelle. J’étais plus solide. Tout ira pour le mieux, je crois», explique le gardien tout en assurant qu’il n’avait pas fini de grandir.

«J’approche les 175 livres, je vais continuer à gagner de la masse et à prendre de la force et si j’avais à me mesurer, je crois que je frôle les 6’5’’ maintenant!»

La voie est libre

La bonne nouvelle pour Jasmin Simon: un poste est disponible devant le filet, pour le rôle de second violon. 

«Samuel Hlavaj est là pour rester selon moi cette année et ce serait un grand plaisir pour moi de l’appuyer. C’est motivant, parce que ce n’est pas comme si je me joignais à une équipe qui misait sur deux bons gardiens de 18 ans. Samuel en sera peut-être à sa dernière année, mais je sais que la compétition sera tout de même forte au poste de deuxième gardien cette saison, au camp. Je compte me préparer très bien en travaillant fort», dit-il également heureux de rejoindre deux anciens coéquipiers, Zachary Lessard et Hugo Primeau, repêchés samedi dernier.