Sidney Crosby souffre de nouveau d'une commotion cérébrale.

J'ai mal à mon sport

Malade le hockey? La question ne se pose même plus. J'en ai marre de ce laisser-aller général au hockey et surtout dans la LNH. J'ai mal à mon sport avec tous ces coups illégaux, sournois, dangereux qui sont monnaie courante et qui s'intensifient dans les séries. Comme de raison, les joueurs qu'on tente d'éliminer de façon pas trop catholique sont ceux qui devraient être l'image de la ligue, les vedettes, ceux qui font le spectacle. J'espère que vous ne croyez pas au hasard.
La dernière blessure à Sidney Crosby ne fait que dépoussiérer des vieux discours, des vieilles querelles à savoir si on en fait assez pour la sécurité des joueurs. Entre vous et moi, plus ça change plus c'est pareil. Tout le monde joue à Ponce Pilate et s'en lave les mains. On est loin de la NFL où les quarts-arrière sont protégés plus que jamais.
Quand on ne sait plus comment arrêter le meilleur joueur au monde, on s'acharne sur lui. La carrière de Crosby en est à ses derniers milles. L'accumulation d'autant de commotions cérébrales en aura raison à court terme. Une carrière glorieuse écourtée comme l'a été celle de l'unique Bobby Orr qui a été opéré 12 fois aux genoux. On connaissait sa faiblesse et on le visait. C'était le seul moyen de stopper celui qui est le meilleur joueur de l'histoire, celui qui pouvait vous battre sur une seule jambe.
Connor McDavid, je vous l'annonce, ne vous émerveillera pas longtemps, du moins pas assez à notre goût. Le dynamo des Oilers finira sa carrière après avoir frappé la bande tête première après une de ses montées à l'emporte-pièce comme lui seul connaît le secret. À la vitesse qu'il se déplace, une simple petite poussée suffira une de ces journées pour lui faire perdre l'équilibre et ça pourrait lui être fatal. Les bandes ne sont jamais bien loin. Pensez-vous qu'on va se gêner? Regardez le traitement que les lourdauds Ducks lui servent dans leur série : coups de coude au visage, coups de bâton derrière les mollets, doubles-échecs et j'en passe.
Ralentir le jeu
Les méthodes d'entraînement ont évolué énormément depuis une décennie et ce sont généralement les petits joueurs et les plus talentueux qui en tirent profit. Malheureusement, ils sont souvent noyés, surtout dans la LNH, par les joueurs au gros gabarit qui sont essentiels au hockey dit-on. Svp, ne pressez pas trop le citron.
Ils sont beaucoup plus utiles à ralentir le jeu ou à faire respecter la loi qu'à améliorer le produit sur la glace. Et ne m'arrivez surtout pas avec le retour en force des bagarreurs et que cela aurait pour effet de protéger les bons joueurs. Comme le titre d'un bouquin le suggère, en avons-nous vraiment besoin? De grâce, il faut évoluer, pas retourner 20 ans en arrière.
Remarquez qu'il y a aussi d'excellents joueurs dont le comportement n'a pas sa raison d'être. Alexander Ovechkin, une brute en patins, frappe pour blesser et l'indomptable et vicieux Brad Marchand n'est guère mieux. Qu'on sévisse contre eux aussi, point à la ligne.
Je vous entends penser et vous êtes en train de vous dire que je suis devenu trop sensible avec les années. Mais non, je raffole du football et de la boxe. Mais le hockey sur glace, ce n'est pas du roller derby. Faisons la part des choses.
Hockey mineur et junior
Je serais le gars le plus étonné que la LNH bouge. Donald Trump va cesser de tweeter bien avant. Faisons un petit ménage alors dans les ligues inférieures.
Car j'ai mal à mon sport quand à talent égal dans le junior majeur, le midget AAA, le bantam AAA, le petit joueur est toujours défavorisé par rapport au plus gros. Ça suffit!
J'ai mal à mon sport quand on lève le nez sur un Samuel Girard des Cataractes de Shawinigan et qu'il recule d'une ou deux rondes au repêchage de la LNH ou encore qu'il est retranché au camp d'Équipe Canada junior sous prétexte qu'il est trop petit. On ne s'en vantera pas, mais c'est la triste réalité.
J'ai mal à mon sport quand je vois une certaine ligue de hockey scolaire que je ne nommerai pas qui se bat pour que ses élèves athlètes pratiquent le hockey avec la mise en échec complète. Cherchez l'erreur.
J'ai mal à mon sport aussi quand au hockey mineur les décideurs empêchent les ligues de sévir davantage contre les récidivistes qui ne pensent qu'à jouer les brutes.
Il ne faut pas charrier et tout n'est pas noir, mais pour la sécurité de nos joueurs, jeunes et moins jeunes comme les professionnels, pourquoi se contenter de l'acquis qui ne va pas assez loin à mon humble avis?
En terminant, je rêvais à une finale entre Pittsburgh et Edmonton dans l'espoir d'assister à une série où le talent pur serait à l'avant-scène. Je commence à déchanter.
Je vais plutôt me tourner vers les séries de la NBA et les tournois majeurs de tennis que sont Roland Garros et Wimbledon qui approchent à grands pas.
Là au moins je sais que ce sont les qualités athlétiques qui priment.