Jacques Chapdelaine (à gauche) donne un coup de pouce à son fils Justin (à droite) au camp des Gaiters de Bishop’s, sous l’égide de l’entraîneur-chef Chérif Nicolas.

Jacques Chapdelaine de retour sur le terrain

Jacques Chapdelaine est de retour sur un terrain de football à faire ce qu’il aime. Enseigner le sport aux jeunes. Et c’est dans le rôle d’entraîneur invité, et d’adjoint à son fils Justin, le nouveau coordonnateur offensif des Gaiters de Bishop’s, que l’ancien entraîneur-chef des Alouettes de Montréal a renoué avec son sport.

Un peu en retrait, discutant avec les joueurs de l’unité offensive des Gaiters entre les répétitions, Jacques Chapdelaine donne un coup de pouce à son fils, conformément à un accord passé entre les deux lorsque fiston a accepté le poste à Bishop’s, en janvier dernier.

La dernière fois que Jacques Chapdelaine a foulé le synthétique du Coulter Field, c’était lors du camp d’entraînement des Alouettes de Montréal en 2017, dont il fut le premier entraîneur-chef francophone, et à ce jour, le seul. Un règne qui n’aura duré que 17 matchs au total (2016 et 2017).

Serein, Chapdelaine avait visiblement beaucoup de plaisir sur le terrain en compagnie des joueurs. Vingt-huit ans après avoir occupé le poste de coordonnateur offensif des Gaiters, il voit son fils occuper les mêmes fonctions.

D’ailleurs, père et fils ont également travaillé ensemble à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, mais aussi avec les Riders de la Saskatchewan (LCF), où Justin fut l’assistant offensif de son père, qui était coordonnateur offensif.

« C’est une des choses dont on avait discuté Justin et moi, quand il a pris le job, de non seulement parler de foot durant la saison morte, mais aussi que je puisse l’assister au camp d’entraînement. J’essaie de trouver la meilleure façon de l’aider; nos systèmes de gestion des assistants sont semblables, on est ouverts à ce qu’ils ont à nous proposer, alors je me sens bien à l’aise. Si je vois quelque chose, je vais lui en parler. »

« La beauté, c’est que je peux anticiper un peu ce qu’il va faire, les décisions, les mots, les gestes qu’il va poser. Il fait une très bonne job », a dit Jacques, avec un grand sourire.

« Il est exigeant envers les jeunes, il établit un standard élevé et j’aime voir comment les jeunes ont répondu jusqu’à présent. »

Un fils reconnaissant
Justin Chapdelaine, lui, était reconnaissant d’avoir son père tout près pour ce premier jour du camp.

Après tout, dit-il, Jacques est un peu le « Godfather » du système de jeu offensif qu’il met tranquillement sur pied.

« J’ai dit aux gars, je sais que ce n’est pas évident, pour plusieurs d’entre vous, c’est votre premier camp, il y a de la pression, ça crie un peu partout. Mais pensez à ça : la vraie pression, c’est quand ton père, qui a plus de 10 ans d’expérience chez les pros, écoute les instructions que tu donnes pendant une rencontre d’équipe. Ça, c’est de la pression! » a-t-il rigolé.

« Mais sérieusement, c’est bien de le voir ici. Il peut me donner des conseils, quand le moment est opportun. Il connaît son rôle et il veut simplement s’assurer qu’il dit la même chose que moi aux joueurs. Il fait un bon travail et les joueurs n’hésitent pas à aller le voir. »

L’entraîneur-chef des Gaiters Chérif Nicolas accueille la présence de Jacques Chapdelaine avec beaucoup d’enthousiasme.

« C’est de l’expérience pour les joueurs en premier, il leur prodigue des conseils très précieux. Il a probablement vu toutes les situations possibles en match. Et c’est super pour les entraîneurs aussi; on se rencontre, on prend un café et on jase. C’est inestimable, ce qu’il nous apporte. »

Paddleboard et Alouettes
Jacques Chapdelaine a été congédié après 11 matchs en 2017 (3-8). Il est encore sous contrat avec l’équipe jusqu’à la fin de la saison 2019.

« Je me tiens impliqué, je ne travaille pas officiellement, mais je visionne tous les matchs de la LCF, je regarde tous les jeux, j’ai un peu de temps! Je regarde les matchs, je trouve une idée et j’appelle Justin, je lui demande ce qu’il pense de ça, il va voir le même match, on en jase. Ça nous a donné quelques idées pour le cahier de jeux à Justin. J’ai un peu de temps pour savourer l’été aussi, ça me donne un break psychologique et physique et je peux prendre un peu de recul, ça fait du bien. Je me suis même mis au paddleboard avec ma femme. »

Si le congédiement de Jacques Chapdelaine a été effectué pour changer les choses chez les Alouettes, les résultats se font toujours attendre.

C’est Khavis Reed qui a occupé le poste d’entraîneur-chef par intérim pour compléter la saison 2017 (fiche de 0-7) et c’est l’Américain Mike Sherman qui a pris la relève en cette saison 2018 (1-6).

Facile de constater que le congédiement de Chapdelaine n’a absolument rien changé.

« Oui, je regarde tous les matchs des Alouettes. Et je continue de communiquer avec certains joueurs. Certains m’ont envoyé des messages textes. Mais je fais attention. Même si les choses ne vont pas comme prévu, je te garantis qu’il n’y a personne de cette organisation qui se présente au bureau pour mal faire. Je comprends la situation, et les décisions qui ont été prises. Ç’a été fait pour trouver des solutions. Maintenant, est-ce que je suis en accord avec tout ça? C’est une autre histoire. Le temps dira si ces décisions étaient les bonnes », a-t-il précisé.

Encore de bonnes années à donner
Âgé de 57 ans, Jacques Chapdelaine croit qu’il a encore de bonnes années de football à donner, que ce soit chez les pros ou même au niveau universitaire.

« Oui, j’ai eu des discussions avec des équipes (LCF), le téléphone a sonné. Mais il faut comprendre que les gens savent que je suis sous contrat pour encore un an et demi. Ce qui implique des coûts, pour une éventuelle entente. Je reste en contact, je regarde comment ça se passe dans la LCF, mais je regarde aussi au niveau universitaire, on ne sait jamais », a-t-il dit avec un sourire.

« Pour l’instant, je suis entraîneur invité ici, je serai donc à Bishop’s jusqu’à leur match contre le Sherbrooke le 24 août. Je vais aussi assister à la cérémonie en l’honneur de Bruce Coulter, je tenais à y être. Ensuite, je retourne à la maison. »