Le quart-arrière du Rouge et Or Hugo Richard a connu «une journée très productive», devenant le premier joueur universitaire canadien de l’histoire à passer pour au moins 60 touchés et à courir 30 fois pour le majeur durant ses cinq saisons régulières.

Hugo Richard fracasse les records

À son tout dernier match régulier avec le Rouge et Or, le quart-arrière Hugo Richard a profité de l’écrasante victoire de 53-0 contre Sherbrooke pour établir deux records et entrer dans le club sélect des 10 000 verges de gains aériens.

Richard est le premier pivot universitaire canadien de l’histoire à passer pour au moins 60 touchés et à courir 30 fois pour le majeur durant ses cinq saisons régulières. Il termine à 70-30. Car dimanche après-midi, dans son stade du PEPS, le numéro 4 a aussi inscrit une marque de conférence avec ses 68e, 69e et 70e passes de touché.

«Ç’a été une journée très productive. C’était plaisant de pouvoir clairer ces marques-là d’un coup!» a commenté le héros du jour, entouré de ses proches sur le terrain comme après chaque match.

«C’est des beaux records, mais ça ne peut pas se faire seul. Ça prend du monde qui bloque, du monde qui attrape, du monde qui court. Ces records appartiennent à toute l’équipe», a souligné celui qui assure n’avoir ressenti «aucune» nervosité supplémentaire en cette journée spéciale.

Le club de foot de l’Université Laval conclut la saison régulière avec un dossier parfait de huit victoires. Septième saison régulière parfaite en 24 ans d’existence, une première au Québec depuis 2013. Le Rouge et Or avait alors réalisé un parcours sans faute de 12-0 jusqu’à soulever la Coupe Vanier à Québec, où se tient encore cette année la finale canadienne.

Si Richard a parlé de l’«un de nos meilleurs matchs», l’entraîneur-chef Glen Constantin s’est risqué à le qualifier de «proche parfait». «Ce que j’ai aimé, c’est l’exécution. Peu importe le pointage, les verges et les touchés, on a bien exécuté de la remise du ballon au sifflet», a analysé le patron.

Dans un club sélect

Richard a profité de ses deux premiers lancers de 9 et de 11 verges pour atteindre le plateau des 10 000 verges de gains par la passe, lui qui en comptait 9980 avant la partie. Dans la conférence Québec auparavant Ontario-Québec, seuls Jérémi Roch (11 477, Sherbrooke) et Matt Connell (10 455, McGill) avaient réussi l’exploit. Richard est le septième au Canada à toucher les cinq chiffres et finit avec 10 271 verges.

Le vétéran pivot a ensuite produit trois majeurs par la voie des airs pour devancer les 68 de Roch, marque établie justement avec le Vert & Or de 2011 à 2015. Marc-Antoine Pivin deux fois, sur 35 et 24 verges, et Vincent Forbes-Mombleau, 24 verges, ont capté ses ballons de six points.

Puis Richard a marqué un touché au sol sur une course de sept verges, au troisième quart. À 41-0 et ses records atteints, ses entraîneurs l’ont retiré de la rencontre sous les applaudissements nourris des 11 405 partisans réunis au stade de l’UL.

Attaque anémique

Pendant que le rouleau compresseur lavallois empilait 560 verges offensives, l’attaque de Sherbrooke n’a complété que deux passes et cumulé un risible total net de quatre verges de gains, entre autres à cause de quatre touchés de sûreté accordés.

Sur les 60 minutes de jeu, la défensive du Rouge et Or a fait face à aussi peu que 33 jeux offensifs du Vert & Or, du rarement vu en plus de 25 ans de carrière pour Constantin, contre 75 de l’autre côté du ballon.

Les joueurs de ligne offensive Samuel Lefebvre et Nicolas Guay, blessés, n’ont pas terminé la rencontre. Le Rouge et Or retourne sur le terrain seulement pour la demi-finale québécoise du 3 novembre. L’adversaire en première ronde éliminatoire reste à déterminer entre Sherbrooke (1-6) et McGill (2-5).

«Il y a de fortes chances que ce soit le Vert & Or qui revienne ici [en la demi-finale]. Si c’est le cas, à leur place, je veux envoyer le message qu’on va être une bonne opposition. Mais là, je ne sais pas si c’était un problème avec leur quart-arrière ou quoi, mais leur offensive était vraiment simpliste», n’a pu que constater Constantin.

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HUGO RICHARD, «UN MODÈLE»

Selon l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, «il n’y a pas grand-chose» qui ébranle Hugo Richard (au centre).

«Si tu joues au football au Québec, tu connais Hugo Richard. C’est vraiment un modèle. Tu le regardes faire et tu prends exemple sur lui. Tu ne te trompes pas si tu as Hugo comme modèle.»

Le demi inséré Vincent Forbes-Mombleau avoue avoir admiré Hugo Richard avant de devenir son coéquipier. Son enthousiasme envers le quart-arrière du Rouge et Or n’a pas faibli depuis qu’il capte ses passes, cette année. Au contraire.

L’auteur de la meilleure saison pour un receveur dans les rangs collégiaux québécois en 2016 se disait donc d’autant plus heureux d’avoir attrapé la 69e passe de touché en carrière universitaire de Richard, au deuxième quart, le jeu qui reléguait les 68 de Jérémi Roch (Sherbrooke, 2011 à 2015) au rang de simple statistique.

Forbes-Mombleau conclut pour sa part sa saison régulière recrue avec de bons chiffres, soit 31 attrapés pour 377 verges de gains et deux touchés.

Au-delà du record de conférence de 70 passes de touché et des 10 271 verges de gains aériens, Richard estime que sa plus grande fierté réside dans le fait d’être le premier universitaire au Canada à lancer pour au moins 60 passes de touché et courir au moins 30 fois jusque dans la zone des buts adverse.

«C’est le record qui me représente le plus. Parce qu’autant je veux être bon passeur, j’aime aussi courir avec le ballon et celui-là me rend vraiment content», a-t-il confié, dans un rare élan d’autocongratulation.

Les louanges du coach

Glen Constantin, lui, estime que les 42 victoires et seulement six défaites au poste de quart-arrière partant du Rouge et Or s’avèrent l’exploit le plus impressionnant accompli en cinq ans par le pivot de son attaque.

«Son plus gros record, c’est sa fiche! Il ne doit pas y avoir beaucoup de quarts-arrières qui ont une meilleure fiche que ça comme quart-arrière partant universitaire», souligne le grand manitou du club de l’UL.

«Et c’est rare pour un gars d’arriver avec une équipe [bien nantie] comme la nôtre et de s’établir comme partant dès le début. Surtout que le quart qui était là avant lui venait de gagner la Coupe Vanier», rappelle Constantin.

Suspendu par l’équipe en ouverture de saison 2014 pour une bagarre dans un bar, Alex Skinner, voyant en plus le tapis se dérober sous ses pieds au profit de Richard, avait préféré démissionner. Richard avait ensuite remporté le titre de joueur par excellence au Québec, en plus de ceux de recrue de l’année au Québec et au Canada. 

«Il avait connu un très bon camp, mais de là à ce qu’il fasse ça... Sa première saison avait été exceptionnelle, sa deuxième un peu moins et il a se faire face à l’adversité. Aujourd’hui, c’était toute la beauté d’un quart de cinquième année qui contrôle un match. Il n’y a pas grand-chose qui ébranle ce gars-là maintenant», résume Constantin.

Au mieux, le brillant numéro 4 a encore quatre matchs à jouer. Il veut ajouter une deuxième bague de la Coupe Vanier à sa collection et peut-être au passage ajouter inscrire son nom pour une troisième fois en cinq ans sur le trophée Jeff-Russell remis chaque année au joueur par excellence au football universitaire québécois.

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BETTS ABSENT, GAGNON FAIT BIEN

L’ailier défensif étoile Mathieu Betts a raté un deuxième match consécutif à cause d’une blessure au dos. Son record de sacs en carrière universitaire en saison s’arrêtera donc à 35,5. «Mathieu a fait des exercices vendredi et était en pleine possession de ses moyens, mais on a décidé de ne pas prendre chances pour nous et pour son futur», a expliqué l’entraîneur Glen Constantin. Qui s’est fait un plaisir de donner du temps de jeu à un jeune joueur de deuxième année comme Alexandre Gagnon. À son premier départ universitaire, le 90 a rabattu deux passes et réussi un plaqué et demi. L’unité défensive du Rouge et Or n’a accordé que deux premiers jeux et seulement 59 verges de gains au sol au Vert & Or, dont 49 au porteur de ballon Gabriel Polan en 12 courses. 

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«TOUT DE SUITE TOURNER LA PAGE»

Mathieu Lecompte ne s’est pas attardé aux erreurs de ses joueurs, après la cuisante défaite de 53-0 subie aux mains du Rouge et Or. L’entraîneur-chef de Sherbrooke préférait déjà «regarder en avant» et «passer tout de suite au prochain match». «On joue dans six jours contre Concordia», rencontre que le Vert & Or doit absolument gagner pour éviter d’être exclu des éliminatoires pour la deuxième fois en trois ans. «Pour l’instant, on met le match d’aujourd’hui de côté et on se concentre sur les aspects positifs. Si on atteint l’objectif de revenir ici [pour la demi-finale québécoise], on ressortira la vidéo et on regardera. Faudra trouver des possibilités d’être meilleurs pour arriver ici et trouver une façon de gagner», dit le coach, qui était encore privé de son quart-arrière numéro un Xavier Owens.