Henry Burris sera intronisé au Temple de la renommée du football canadien.
Henry Burris sera intronisé au Temple de la renommée du football canadien.

Henry Burris sera intronisé au Temple de la renommée

Même s’il a passé 18 saisons dans la Ligue canadienne de football, Henry Burris n’a pas encore tout vu, tout vécu.

On peut encore le surprendre.

Le plus illustre joueur de la jeune histoire du Rouge et Noir d’Ottawa fera son entrée au Temple de la renommée du football canadien, en 2020. Ça vient d’être confirmé.

Les dirigeants du comité de sélection ont trouvé la meilleure façon de lui annoncer la nouvelle.

«Ça s’est passé il y a quelques semaines. J’étais en train de prendre le petit déjeuner, à la maison. Ma femme m’a pris par la main. Elle m’a demandé de fermer mes yeux et de la suivre.»

Quand Burris a pu ouvrir les yeux, il se trouvait dans une autre pièce, munie d’un téléviseur allumé. À l’écran, Damon Allen parlait.

«Il racontait sa propre histoire. C’était l’histoire d’un jeune quart-arrière de la Californie, qui n’a jamais été repêché par un club de la NFL, qui a décidé de se rendre au Canada pour vivre sa passion. Rapidement, Damon s’est mis à parler d’un autre quart, un jeune homme de l’Oklahoma cette-fois, qui a vécu une histoire similaire. Il parlait de moi. Déjà, je sentais que les émotions prenaient le dessus.»

«Vers la fin de la vidéo, quand on a confirmé que je ferais mon entrée au Temple à mon tour, je n’ai pas été capable de retenir mes larmes.»

Burris a remporté la coupe Grey à trois occasions, en 1998, 2008 et 2016.

Il a été le joueur par excellence de la Ligue canadienne de football (LCF) à deux reprises, en 2010 ainsi qu’en 2015.


« Je suis chanceux. J’ai toujours été entouré de gens qui ont cru en mes capacités. »
Henry Burris

Quand il a disputé son dernier match, il figurait au troisième rang des meilleurs passeurs de ce circuit centenaire.

«Mes garçons étaient dans le coup. Ça m’a coupé les jambes. D’habitude, quand j’essaie de garder un secret, ils se dépêchent de tout raconter à leur mère», explique-t-il.

«Le Temple de la renommée, c’est quelque chose de spécial, pour moi. Ma femme comprend très bien à quel point le football vient me chercher dans mes tripes. Grâce au Temple, les gars vont pouvoir comprendre pourquoi j’ai fait tous ces sacrifices au fil des ans.»

«Pour, moi, c’est le glaçage sur le gâteau.»

Les héritiers de Burris n’étaient pas très vieux lorsque leur père a remporté son dernier championnat.

Ils ont pris part aux célébrations, dans le Glebe. On leur a dit, alors, qu’Ottawa sortait d’une disette de 40 ans.

Quatre ans plus tard, ils sont un peu plus matures. Ils ont 14 et 11 ans, respectivement. Ils vivent toujours à Ottawa et sont de bons athlètes.

«L’aîné arrive à l’âge où il commence à vraiment compétitionner. Il doit commencer à développer de bonnes habitudes d’entraînement, même durant la saison morte. Je lui fais comprendre qu’il ne doit pas relâcher l’intensité quand personne ne regarde. Les séances d’entraînement qu’on fait en solo sont souvent les plus payantes.»

«Je suis chanceux. J’ai toujours été entouré de gens qui ont cru en mes capacités. Les gens m’ont toujours soutenu quand je ressentais que je devais m’entraîner davantage.»

Henry Burris deviendra le 21e joueur de l’histoire à être intronisé au Temple du football canadien à sa première année d’éligibilité. Il rejoindra Anthony Calvillo, Doug Flutie, Russ Jackson, Ron Lancaster et Warren Moon dans ce groupe exclusif.

Clyde Brock, Freddie Childress et Greg Vavra seront les autres joueurs admis en même temps que Burris.

John Hufnagel et Larry Uteck seront intronisés dans la catégorie des bâtisseurs.

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Henry Burris sera intronisé au Temple de la renommée du football canadien.

PAS TROP OPTIMISTE

Henry Burris a vécu son confinement dans sa ville d’adoption, Ottawa. Il demeure associé au réseau TSN, à titre d’analyste de football. Il attend, comme tout le monde, le début d’une saison qui pourrait ne jamais avoir lieu.

«J’ai toujours été du genre à voir le verre à moitié plein. Je garde espoir», déclare-t-il.

«Il va falloir s’attaquer, très rapidement, à toutes les questions d’argent. On peut débattre des protocoles et des villes bulles tant qu’on voudra. En réalité, je comprends les joueurs qui refusent de se placer en danger pour toucher une fraction de leurs salaires. Je pense particulièrement aux joueurs américains qui seront taxés trois fois avant de rentrer chez eux au terme d’une saison écourtée. Je veux rester optimiste, mais je suis d’avis que les choses devront débloquer très rapidement. Le temps joue contre nous.»