La bannière portant le nom et le numéro de dossard de Guillaume Latendresse est montée dans les hauteurs du Centre Marcel Dionne de Drummondville.

Guillaume Latendresse, immortel Voltigeur

Quelques semaines après avoir intronisé Derick Brassard, les Voltigeurs de Drummondville ont hissé le prestigieux numéro 22, ayant appartenu à son compagnon de trio Guillaume Latendresse au début des années 2000, au plafond du Centre Marcel Dionne dans le cadre d'une cérémonie haute en couleur.
Présent en compagnie de membres de sa famille et de quelques anciens coéquipiers, celui qui est maintenant analyste à RDS et entraîneur de hockey midget AAA a été ému par l'honneur que lui réservait son équipe junior majeur. Le choix de deuxième ronde du Canadien de Montréal conserve des souvenirs indélébiles de son passage au Centre-du-Québec.
« Mon passage ici a changé ma vie. J'étais un petit gars de 16 ans qui sortait du midget AAA et qui n'avait jamais connu vraiment d'adversité. Ça a été mon premier vrai défi. J'étais le deuxième choix au total, il y avait des attentes et c'était la première fois que je n'obtenais pas les résultats attendus », se remémore-t-il.
Il se souvient surtout de ces séries contre les Cataractes de Shawinigan et de la rivalité contre les Tigres de Victoriaville. Il s'ennuie un peu de l'aspect physique du jeu et des sorties fulgurantes des entraîneurs dans les médias qui préparaient la rencontre de la semaine suivante.
Il a notamment connu de l'opposition lors du Championnat mondial de hockey de 2006 au cours duquel il devait se retrouver sur le premier trio et a été limité à un rôle de 13e attaquant.
« Il faut que tu sois capable d'avancer là-dedans et je suis pas mal content de la façon dont j'ai réagi. Au lieu de m'apitoyer sur mon sort, j'ai encouragé les gars. Ça m'a beaucoup appris et ça me sert aujourd'hui dans mon rôle d'entraîneur », continue-t-il.
L'année suivante, alors qu'il était âgé de 19 ans, Latendresse s'est joint au Canadien. Il considère que c'était une bonne décision de faire le saut aussi rapidement, malgré les résultats mitigés que l'on connaît. En seulement 341 matchs dans la Grande ligue, il a été limité à 147 points. Ces performances lui ont valu son lot de critiques au fil des années, commentaires qu'il prend désormais avec un grain de sel.
« C'est facile de critiquer dans son salon, derrière son ordinateur quand on n'a jamais joué dans la LNH. Il faut le vivre pour se rendre compte de l'importante coche qu'il y a entre le junior et les professionnels, explique-t-il. Je suis rendu habitué, je n'y porte plus attention ».
À 29 ans à peine, le gros attaquant se retrouve dans le rôle d'analyste. Il doit notamment évaluer le travail de son ancien coéquipier Derick Brassard, maintenant avec les Sénateurs d'Ottawa.
Le salut des Voltigeurs
Latendresse se souvient s'être joint aux Voltigeurs alors que l'équipe traversait des années difficiles. L'équipe multipliait les insuccès et les amateurs commençaient à déserter. Il considère que son passage, combiné à celui de Brassard et d'autres acteurs importants ont donné un nouvel élan à la concession drummondvilloise. Les Rouges étaient d'ailleurs perçus parmi les favoris pour remporter le Coupe du président en 2006.
« Ils vivaient des années plus difficiles à Drummondville à mon arrivée et quelques années plus tard, ils ont gagné la coupe. C'est vraiment une fierté pour moi d'avoir pu contribuer au succès de cette organisation. Aujourd'hui, c'est une équipe en très bonne santé qui célèbre ses 35 ans », dit-il.