Guillaume Boucher a joué pour le Vert & Or comme secondeur pendant quatre ans, avant de se diriger vers le coaching.

Guillaume Boucher, le survivant

La nouvelle est tombée comme une tonne de briques. En novembre 2016, le grand ménage est fait chez le personnel d'entraîneurs du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke.
« Jean-Pierre (Boucher, responsable du Service du sport et de l'activité physique, NDLR) nous a dit : vous êtes sous contrat jusqu'en décembre, on vous paye jusqu'en décembre. Vous pouvez rester ou quitter. Ce fut un gros choc », se rappelle Guillaume Boucher.
Pendant que l'entraîneur-chef David Lessard et le coordonnateur offensif Mathieu Pronovost quittaient, Boucher, lui, a décidé de rester au bureau.
« Dans la tourmente, je voulais juste poursuivre le travail, continuer le recrutement, faire ça comme un pro, même si c'était pour être quelqu'un d'autre qui aurait le job. C'était difficile d'ignorer ce qui se passait autour. Très difficile. C'est David qui m'a donné ma première chance comme coordonnateur défensif. Je ne l'oublierai jamais. Je suis tellement content que les boys se soient replacés rapidement. »
Boucher a joué pour le Vert & Or comme secondeur pendant quatre ans, avant de se diriger vers le coaching, chez les Cougars du Collège Champlain.
Il fait son entrée dans le personnel d'entraîneurs du Vert & Or en 2011, avant de prendre la direction de l'unité défensive de l'équipe, au départ de Jean-Vincent Posy-Audette, en 2014.
« Malgré les changements, j'avais confiance de me replacer rapidement. C'était par contre une situation délicate, ma femme et moi attendons un troisième enfant, il faut bien travailler. J'ai eu beaucoup d'amour de la planète football. Et quelques-uns des candidats à la succession à David m'ont contacté et souhaitaient me faire une place. Dont coach Lecompte », dit Guillaume Boucher.
« C'est un de mes meilleurs chums depuis 2003 ; on a joué ensemble chez le Vert & Or, on a coaché ensemble à Champlain et à Sherbrooke aussi. Ça fait longtemps qu'on se suit. Je savais qu'il avait d'autres aspirations, qu'il aimait la gestion et qu'il regardait plus haut que son poste d'entraîneur de la ligne défensive. »
« J'ai eu des pourparlers avec deux autres programmes qui m'avaient fait des offres. Je savais que j'allais rester dans le monde du coaching. Alors malgré la tempête, j'ai gardé confiance. Ma femme était un peu plus stressée, mettons ! »
« Cette année c'est le bonbon ; j'ai six gars de quatrième année chez mes partants. Des gars qu'on a recrutés, qu'on a développés. J'ai la chance de les voir arriver à maturité. J'ai aussi la chance de pouvoir continuer à travailler avec Claude Gauthier et aussi avec Dominic Biron, un gars avec qui j'ai joué. »
Cette saison, Boucher pourra compter sur Alexandre Chevrier (repêché par les Riders de la Saskatchewan), Alexandre Gagnon (repêché par les Stampeders de Calgary), Keith Sanscartier, Anthony Tanguay, Samuel Polan (nommé sur l'équipe d'étoiles au Canada l'an dernier), Rémy Deschamps, David Fortier et Sébastien Chénier-Dionne (qui ont participé au Défi Est-Ouest le printemps passé) et Jean-Philippe Huot.
« Ce sera notre quatrième année avec le même système. Je n'ai jamais rentré autant de jeux lors du camp d'entraînement. On va offrir des fronts différents et comme toujours, beaucoup de rotations de personnels, mais le système reste fondamentalement le même. De toute façon, je n'ai rien à cacher à mes adversaires, ils ont du film sur moi depuis trois ans », a analysé coach Boucher.
Sherbrooke a accordé 166 points l'an dernier en huit matchs, pour une moyenne de 20,8 points accordés par match, soit la troisième meilleure à ce chapitre au Québec ; le Vert & Or a cependant fini quatrième pour les verges accordées par match, soit une moyenne de 394,9 verges.
Elle devra aussi resserrer sa protection contre la passe (264,2 verges accordées en moyenne par match, 5e sur 6 équipes en 2016).