Alexis Gravel aurait pu faire basculer la victoire du côté des Mooseheads de Halifax, mais les gros canons du Phoenix, dont Patrick Guay, ont eu le meilleur.

Gravel ne peut tout faire seul

Le gardien d'Asbestos Alexis Gravel a bien failli jouer un mauvais tour au Phoenix, mais malgré ses 43 arrêts sur 47 lancers, le portier des Mooseheads de Halifax n'a pu freiner la meilleure équipe de la LHJMQ. Le Phoenix de Sherbrooke s'est sauvé avec une victoire de 4 à 2 et surtout, deux précieux points afin de distancer les Saguenéens de Chicoutimi, deuxièmes au classement général.

« Tout ce que je souhaitais, c'était d'offrir une chance à mon équipe de gagner, indique Gravel. Je savais que notre club affrontait une excellente équipe. En jouant proche de la maison, c'était pour moi une motivation supplémentaire. Je suis content de notre match: notre club s'est battu jusqu'à la fin. Ça montre que notre groupe de jeunes est bon et qu'il y a un bel avenir chez les Mooseheads. »

Les deux formations ont été nez à nez pendant un long moment durant cette rencontre disputée samedi soir au Palais des sports. Si Nathael Roy a donné le devants aux locaux, la réplique n'a pas tardé du côté des Mooseheads puisque Marcel Barinka a nivelé la marque moins d'une minute plus tard, en milieu de première période. 

Il aura fallu attendre jusqu'à la toute fin du second tiers pour voir le Phoenix reprendre les commandes de la partie grâce au but de Taro Jentzsch. 

Alex-Olivier Voyer s'est ensuite moqué des cinq adversaires sur la patinoire avant d'arriver seul devant Gravel en troisième période. En perdant la maîtrise de la rondelle, Voyer a déjoué le gardien adverse entre les jambières. D'Artagnan Joly a ensuite battu Samuel Hlavaj, revenu au jeu après avoir disputé le Match des meilleurs espoirs jeudi, mais Samuel Poulin a marqué le but d'assurance tard dans la rencontre avec un tir sans avertissement. 

« On a joué la première période sur les talons et par la suite, Gravel a réalisé les arrêts importants, a observé l'entraîneur du Phoenix, Stéphane Julien. C'était l'un de ses meilleurs matchs contre nous je crois. On a bien fait circuler la rondelle en avantage numérique. Samuel Bolduc aurait pu marquer trois buts ce soir et heureusement, Samuel Poulin a compté le gros but en troisième période. On a tiré énormément vers le filet adverse sans donner beaucoup de tirs à l'adversaire. Le match aurait pu virer d'un bord comme de l'autre. »

Même s'il n'a obtenu aucun point, Patrick Guay a disputé un fort match et s'est offert la première étoile. Le petit attaquant de 17 ans a d'ailleurs livré une première bagarre dans la LHJMQ, contre Lucas Robinson. 

« J'aime son caractère, mentionne Stéphane Julien. Il joue super bien depuis son retour au jeu. Il a beaucoup de chances de marquer et il est impliqué dans le jeu. »

« On bataillait pour la position devant le filet, décrit Patrick Guay. Les bagarres, ça fait partie du hockey. Je crois m'être bien débrouillé. Sinon, il fallait sortir fort après notre défaite à Drummondville. On ne peut pas se permettre d'échapper beaucoup de points si l'on souhaite terminer au premier rang. Le gardien adverse a été bon. Le pointage aurait pu être plus élevé ce soir. »

Le Phoenix s'est redonné une priorité de quatre points sur son plus proche rival au classement, Chicoutimi, grâce à cette victoire.

« On dispute une bagarre de points d'ici la fin de la saison, rappelle l'entraîneur sherbrookois. On doit se concentrer à jouer de bons matchs pour se donner une chance de gagner à chaque soir. On ne doit pas échapper de points faciles d'ici le début des séries. »

« On connaît bien Alexis Gravel, rappelle Alex-Olivier Voyer. On savait que notre équipe affrontait l'un des meilleurs gardiens du circuit. Il a sorti une grosse partie. De notre côté, on n'a jamais lâché. Il y a peut-être beaucoup de points qui séparaient les deux équipes au classement, mais les deux clubs jouent dans la même ligue et les Mooseheads jouent bien leur système. On devait donner le deuxième effort et continuer à lancer vers Gravel. On l'a eu à l'usure. Il n'y a aucun gardien qui a un taux d'efficacité de 1000! Avec seulement deux points de plus que Chicoutimi, on ne se trouvait pas dans une zone de confort, alors cette victoire était importante. »

Le retour de Jean-Jacques Daigneault

Même si le Palais des sports a changé depuis sa dernière visite, l'entraîneur des Mooseheads Jean-Jacques Daigneault s'est rappelé de bons souvenirs en effectuant un retour aux sources à Sherbrooke samedi soir. 

L'ancien défenseur du Canadien de Montréal évoluait pour le club-école du Tricolore à Sherbrooke en 1988-1989. 

« Ça me rappelle de beaux moments, admet le pilote de Halifax. On avait connu une bonne saison. J'étais revenu à Sherbrooke l'année suivante. Pour moi, c'était l'occasion de prendre du galon après avoir joué quatre saisons dans la LNH. Je devais jouer plus de hockey avant de revenir avec le Canadien. J'ai pu apprécier la ville de Sherbrooke pendant mon passage. Maintenant, je retrouve encore un Gravel devant le filet! J'ai joué avec le père d'Alexis, François, avec le Canadien. Il était aussi gardien. Je suis content pour Alexis: il a joué tout un match, il a donné une chance à notre équipe de gagner, mais on a manqué de constance en jouant seulement 40 minutes. »

Spectre Média, Maxime Picard