Le gérant de l'équipement Ghislain Leblanc quitte le monde des clubs sportifs pour se concentrer sur la famille et son emploi au centre sportif de l'Université Bishop's.

Ghislain Leblanc, à l'ombre des vedettes

Confident des joueurs, courroie de transmission entre les jeunes athlètes et les entraîneurs, responsable de chaque détail concernant l'équipement. Ghislain Leblanc a travaillé dans l'ombre durant 20 ans avec de nombreuses équipes de la région. Aujourd'hui, il tire sa révérence avec le coeur serré.
Son rôle ne se limitait pas à préparer l'équipement en satisfaisant les demandes de chacun. Il participait à sa façon aux succès de l'équipe et vivait les mêmes émotions que tous les autres membres.
Il a visité les arénas du Québec et des Maritimes ainsi que de nombreux terrains de football. Que ce soit avec les Faucons de Sherbrooke, les Castors, les Cougars et même le Vert & Or football.
Avec l'élimination des Cougars ce printemps en finale du circuit collégial, le responsable de l'équipement a quitté tristement avec des souvenirs plein la tête. Ce qui va lui manquer le plus?
« La chambre. L'esprit d'équipe. Je savais tout ce qui se passait. Je ne disais pas tout à l'entraîneur. Juste ce qui était important. Puis lors de notre dernière saison, j'ai tellement eu de plaisir. Ça m'a rappelé l'année 2007 avec les Cougars. Deux superbes années. J'aimais aider les jeunes. Être là pour eux. J'avais toujours une histoire à raconter sur ce que j'avais vécu dans le monde du hockey. J'avais du plaisir à faire rire les gars », admet-il.
Et surtout, Ghislain Leblanc ne faisait pas tout ça pour l'argent, mais bien par passion.
« J'avais environ 10 000 $ par année dans le junior majeur et c'était assez exigeant, comme dans le collégial ou le junior AAA. Mais j'ai grandi là-dedans. Être célibataire sans enfant, je ne me retirerais pas tout de suite. J'aurais bien voulu tenter ma chance chez les professionnels. Une belle occasion s'est d'ailleurs présentée à moi autrefois avec les Bulldogs de Hamilton dans la Ligue américaine de hockey, mais ça n'a pas fonctionné. »
Le Pierre Gervais de Sherbrooke
Ghislain Leblanc est aux équipes sherbrookoises ce qu'est Pierre Gervais chez le Canadien de Montréal.
« J'avais 19 ans lorsqu'un poste s'est ouvert avec les Faucons. J'étais allé voir le directeur général Normand Dubé. Je ne savais même pas aiguiser des patins. J'avais heureusement l'été pour l'apprendre. Je suis donc allé travailler chez Sports Wellington avec Marjolain Lagassé et Luc Desrosiers, qui m'a beaucoup aidé. À mon premier camp, j'étais un peu perdu. J'ai finalement passé la saison avec les Faucons, mais je devais aller chercher de l'expérience ailleurs avant de revenir », explique l'homme de 39 ans.
« J'aimais ça être gérant de l'équipement, renchérit-il. Je ne me voyais pas faire autre chose. J'étais avec des jeunes de mon âge environ quand j'ai commencé, on voyageait partout et j'aimais l'ambiance. Je suis donc revenu en 2000 avec les Castors jusqu'à leur déménagement vers Lewiston. »
Leblanc a ensuite effectué son premier contact avec les Cougars de Champlain au Tournoi de la Banque Royale dans le junior AAA à l'Île-du-Prince-Édouard.
« Je me suis alors fait approcher par l'ancien Rocket de Montréal après son déménagement vers Charlottetown, mais j'ai refusé. Je n'avais plus d'emploi lorsque je suis revenu et j'ai accepté un poste au Centre sportif de l'Université de Sherbrooke. J'ai travaillé là durant sept ans. Je me suis alors impliqué avec le Vert & Or football, un monde que je ne connaissais pas du tout. Je me rappellerai toujours des premiers points réalisés sur un botté de placement à la deuxième saison. C'était comme si le club avait gagné un championnat. »
Le poste de Ghislain Leblanc a été aboli à l'UdeS. Il s'est alors trouvé un emploi ailleurs, mais l'homme originaire de Lennoxville n'était pas du tout heureux.
« Je suis tombé en dépression. J'en parle aujourd'hui, parce que c'est important d'en parler. Les gens gardent ça pour eux. Je suis sorti gagnant de ma dépression. Je vois la vie d'une façon plus positive et je suis très fier de travailler aujourd'hui au centre sportif de l'Université Bishop's. Je remercie la vie chaque jour quand j'entre au boulot. »
Des sources d'inspiration
Ghislain Leblanc a effectué des rencontres inoubliables durant sa carrière.
« Alain Lapointe a été un mentor pour moi à l'UdeS. Je dois aussi énormément à Judes Vallée. Je l'ai rencontré avec les Faucons. Si je suis devenu qui je suis, c'est un peu grâce à Judes. »
C'est justement avec l'entraîneur Judes Vallée que Ghislain Leblanc a vécu l'expérience de la Coupe Fred-Page après avoir gagné la Coupe NAPA, l'un de ses plus beaux moments.
« Tout le monde était fier de porter la patte des Cougars », se souvient celui qui passait de longues heures, seul, dans le vestiaire.
« J'étais très perfectionniste. C'était devenu maladif. Je revenais à la maison à minuit pour que tout soit parfait. C'était ça mon monde. »
Le terme travailleur de l'ombre prenait alors tout son sens..