Georges Guilbault a évolué trois ans avec Kansas City, club-école des Blues de Saint-Louis. Et il a joué des matchs préparatoires avec le grand club. On le voit ici avec Doug Harvey, derrière.

Georges Guilbault croit encore aux Blues

Il n’y aura pas seulement que les amateurs du Sherbrookois David Perron qui encourageront les Blues de Saint-Louis, mercredi soir lors du septième et décisif match de la finale de la coupe Stanley. Il y aura aussi Georges Guilbault.

Ce dernier vit, pour une deuxième année de suite, une finale émotive. L’an passé, il a regardé l’équipe de son ancien joueur et ami Gérard Gallant s’incliner face à Washington, et cette année, il se croise les doigts pour que les Blues, équipe qui l’a repêché à la fin des années 1960, puissent l’emporter face aux Bruins.

« Oui, voir les Blues en finale, ça me rappelle beaucoup de souvenirs. Je te dirais même que c’est émouvant. À l’époque, les Blues ont participé trois fois de suite à la finale. J’ai vécu ça dans l’organisation, alors que j’évoluais avec les Blues de Kansas City », s’est-il remémoré.

« Je crois que les Blues vont l’emporter, grâce à leur échec avant et leur équipe imposante. Ils doivent jouer comme lors du cinquième match. David Perron et les joueurs de soutien avaient été très efficaces lors de ce match-là. D’ailleurs, Perron aurait dû avoir une étoile! » a expliqué l’ancien directeur général des Castors de Sherbrooke.

« Les défenseurs de Saint-Louis sont énormes. Ils vont contrôler le jeu en zone défensive. Et je suis confiant de voir Jordan Binnington rebondir. Le fait que le match est disputé à Boston ne change rien, à mon avis. Après une saison de 82 matchs, des matchs préparatoires et tout, les gars sont prêts. Sur la glace, tu ne penses plus à cet aspect. En tout cas, ce serait toute une victoire pour l’organisation des Blues! »

Georges Guilbault croyait qu’il aurait sa chance, avec les Blues. Après tout, c’était une nouvelle franchise.

Mais l’organisation de l’époque a plutôt opté pour des vétérans, notamment plusieurs anciens joueurs du Canadien; en conséquence, l’alignement de l’équipe comptait des joueurs aguerris comme Al Arbour, Terry Crisp, Dicky Moore, Jean-Guy Talbot, Glenn Hall et Jacques Plante, entre autres, et l’équipe était dirigée par Scotty Bowman.

« Et à leurs trois premières années, les Blues ont fait davantage confiance aux vétérans, plutôt qu’aux jeunes. J’étais joueur de centre, alors je me retrouvais loin. C’est ça, une équipe d’expansion, il faut être chanceux pour s’y tailler une place. L’équipe était paquetée de bons joueurs. »

Georges Guilbault aura joué pendant trois ans à Kansas City, cumulant 124 points en 175 matchs.

Il a également évolué à Denver, puis à Springfield et New Haven dans la Ligue Eastern avant d’accepter l’offre des Raiders de New York, de l’Association mondiale de hockey nouvellement créée. Sa carrière devait se terminer quelques mois plus tard quand il a été atteint à un œil par une rondelle déviée.

Il demeurera pour toujours redevable de cette fantastique expérience qu’il a connue, au sein d’une organisation qui prenait soin de ses joueurs.

« J’ai participé au camp d’entraînement des Blues pendant trois ans, j’ai disputé des matchs hors concours avec eux. Ils savaient comment traiter leurs joueurs. Je me rappelle que ce fut la première équipe à installer un tapis dans le vestiaire de l’équipe, un tapis spécial qu’on ne pouvait abîmer avec nos patins, avec un beau logo de l’équipe dessus. Ils ont été précurseurs dans leur approche avec les joueurs. J’ai été très chanceux de faire partie de cette organisation. »