François Fillion (deuxième à partir de la gauche), en compagnie de Patrick Gosselin, Simon Saint-Pierre et Éric Desrosiers.

François Fillion souhaite un autre titre canadien

François Fillion occupe une place de choix dans l’histoire des Cantonniers. Il est toujours le seul capitaine de l’équipe à avoir eu la chance de soulever la Coupe Air Canada, rebaptisée la Coupe Telus depuis plusieurs années.

C’est en l’an 2000 que cela se passait et pour les plus vieux partisans de l’équipe, c’était la plus belle façon de franchir le nouveau millénaire. « C’est certain que c’est ce qui a marqué mon passage de deux ans à Magog. Gagner un titre national, c’est loin d’être une sinécure. Il faut que les astres soient alignés et évidemment, il faut y croire. Nous formions un groupe tellement uni qu’on ne voyait pas ce qui pouvait nous arrêter. Aucun joueur ne se croyait plus important que ses coéquipiers. Certes, il y avait des gars talentueux, mais aucun ne brûlait la ligue avec des statistiques incroyables. Notre force, c’était le travail collectif, l’esprit d’équipe », raconte Fillion qui a amassé 110 points, dont 51 buts, en 81 parties en deux saisons avec les Cantonniers.

Celui qui occupe un poste de vice-président finances chez Cascades à Kingsey Falls se souvient que la Coupe Jimmy-Ferrari avait été plus difficile à gagner que la Coupe Air Canada. D’ailleurs, deux des trois séries remportées par les Magogois avaient nécessité le maximum de sept parties. Dans l’une d’entre elles les Cantonniers avaient laissé filer une avance de 3-1 avant de triompher dans un match sans lendemain

« On ne l’avait pas eu facile dans nos séries de ligue. On avait dû se serrer les coudes. Je pense que cela nous a servis pour la grande finale contre le Collège Charles-Lemoyne et ensuite lors du championnat canadien. Pierre-Marc Bouchard et Pierre-Alexandre Parenteau, qui ont connu une belle carrière dans la Ligue nationale, étaient les deux piliers de l’équipe de Charles-Lemoyne. Il ne fallait pas leur laisser trop d’espace, car ils nous le faisaient payer », se souvient Fillion qui donne aussi beaucoup de crédit aux entraîneurs de l’époque, en commençant par Mario Durocher qui était épaulé par ses adjoints Martin Bernard, Judes Vallée et Stéphane Waite.

« Mario est tout un tacticien. J’aimais aussi son énergie derrière le banc. Il nous la transmettait de la bonne manière. Nous n’avions pas le temps de nous endormir », précise Fillion.

Vivre à Magog

La très grande majorité des joueurs qui ont joué avec les Cantonniers rappellent à l’unisson qu’aménager à Magog dans une famille d’accueil s’avère une expérience qui les fait grandir à l’adolescence.

« Cela ne peut faire autrement. Tu perds tous tes repères à 15 ou 16 ans. Tout devient nouveau. C’est un peu déstabilisant. Il y a quelques coéquipiers que tu connais et c’est à peu près tout. Personnellement, cela ne m’inquiétait pas. J’étais même excité à l’idée de vivre une nouvelle aventure. Et puis, l’organisation s’assure de dénicher des familles d’accueil qui seront à la hauteur. Je me suis retrouvé chez Denis Turcotte lors de mes deux années avec les Cantonniers. J’étais traité aux petits oignons. À un moment donné nous étions trois Cantonniers chez Denis et Chantal en plus de leurs trois enfants. Nous devenions des membres à part entière de la famille. J’en conserve des souvenirs incroyables », mentionne-t-il.

François Fillion était de la fête lors des retrouvailles de l’équipe à l’occasion du match d’ouverture. « J’ai constaté rapidement que l’ambiance qui régnait à l’intérieur de l’aréna de Magog lors des parties locales des Cantonniers m’avait manqué royalement. C’est l’endroit idéal au Québec pour une équipe midget AAA. Les amateurs sont fidèles à leur équipe. J’ai fait le tour de l’aréna avec mon fils Alex qui débute au hockey. Il avait les yeux grands ouverts. Sur le chemin du retour après la partie il m’a affirmé qu’il voulait lui aussi devenir un Cantonnier » exprime Fillion.

Celui-ci avait tout de même un message aux joueurs de l’édition actuelle des Cantonniers. « On veut de la compagnie et j’attends une deuxième équipe championne au pays à Magog. C’est venu bien près l’an dernier. Je vois qu’ils ont encore une excellente équipe cette saison. C’est peut-être l’année de vérité. Let’s go les gars. »

Le gardien Maxime Daigneault

De rejet à champion canadien

Lorsque les Cantonniers ont été couronnés champions canadiens avec la conquête de la Coupe Air Canada en 2000, Maxime Daigneault était le gardien régulier des protégés de Mario Durocher. Les Gaulois du Collège Antoine -Girouard n’avaient pas retenu ses services de Daigneault. Les Cantonniers n’ont pas hésité à le réclamer avec le résultat que l’on connaît. Daigneault a même mérité le trophée Clément-Fillion attribué au meilleur joueur des séries. Daigneault est passé de rejet à champion canadien en l’espace de quelques mois.    

À quatre reprises les Cantonniers ont mis en banque 30 victoires et plus en saison régulière. Le record absolu est de 34, 2005-2006. Dave Nolin, Mathieu Tousignant, Samuel Morneau, Karl Préfontaine, Jean-Christophe Poulin, adjoint-entraîneur chez le Phoenix de Sherbrooke cette saison, étaient quelques-uns des meilleurs éléments des Cantonniers sous la férule de Martin Bernard. Les autres saisons de 30 victoires et plus l’ont été en 1992-1993 (32), 1997-1998 (32) et 2004-2005(30).

À leurs 39 premières années d’existence, seulement neuf fois les Cantonniers ont joué sous la barre de ,500. Au cours des 21 dernières saisons, cela s’est produit seulement deux fois, soit en 2011-2012 et 2012-2013. Fierté et tradition gagnante chez les Cantonniers, ce n’est pas juste un slogan.
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On parle beaucoup et avec raison de Clément Fillion, président fondateur des Cantonniers de Magog, mais est-ce qu’on se souvient qui a été le premier directeur gérant de l’équipe? Il s’agit de Pierre Phaneuf qui faisait partie de la direction des Castors de Sherbrooke de la LHJMQ à l’époque. On se souvient aussi de Phaneuf, de regrettée mémoire, comme annonceur maison durant plusieurs années aux matchs locaux des Castors.  

Un des moments les plus tristes de l’histoire des Cantonniers est survenu en 1992 lorsque leur président Paul Marchesseault est décédé lors d’un voyage d’affaires à l’extérieur du pays. Marchesseault avait une facilité déconcertante à recruter de bons bénévoles. Toujours de bonne humeur, clown à ses heures, Paul Marchesseault faisait l’unanimité autour de lui.

En 1993-1994, les Cantonniers ont perdu en finale devant l’Intrépide de Gatineau. Un petit attaquant, haut comme trois pommes, en avait fait voir de toutes les couleurs aux Magogois. Son nom : Daniel Brière. Les têtes d’affiche des Cantonniers cette saison-là étaient Christian Labonté, Marc Benoît, Sylvain Rodier, Éric Bélanger, Daniel Corso, David Bahl et Sébastien Charpentier.