France Carrier espère réaliser tout un exploit en obtenant son 5e Dan, ce qui lui permettrait d'être la première femme canadienne à atteindre ce niveau dans sa discipline.

France Carrier : première karatéka du pays à viser la 5e Dan

Quarante ans après ses débuts en karaté, la Sherbrookoise France Carrier pourrait bien devenir la première Canadienne à recevoir son 5e Dan en Kyokushin.
Revenue du Japon, la karatéka de 64 ans attend impatiemment la réponse concernant l'attribution de ce 5e Dan. Un exploit incommensurable quand on sait que plusieurs combats avec contact doivent être disputés avant d'en arriver à ce niveau.
« Quand j'ai obtenu mon 4e Dan, j'ai dû effectuer 33 combats avec contact. J'avais l'air d'une femme battue à la fin! » lance la dame en souriant.
Même si aucun coup de poing ou coup de pied n'est permis au visage, ces combats laissaient plusieurs marques sur le corps de France Carrier.
« Je reçois et je donne plusieurs coups dans les côtes, au plexus, à l'estomac, etc. Le Kyokushin est la seule forme de karaté qui implique de vrais coups sans aucune protection. C'est du full contact comme on dit! »
Or, les Japonais se montrent tout de même respectueux envers la femme de 64 ans.
« Je ne pèse que 100 livres, mais j'ai dû passer à travers une série de combats exigeants. Heureusement, je suis encore en très grande forme pour mon âge. Et les Japonais doivent tenir compte de mon expérience aussi. J'ai quand même fait passer la ceinture noire à 200 karatékas et j'ai organisé cinq ou six compétitions en Estrie », explique-t-elle.
La Sherbrookoise possède effectivement une école de karaté appelée Auto-défense France Carrier et enseigne à Brompton, Windsor, Ascot Corner, Ayer's Cliff et Sherbrooke.
« Je suis une passionnée. À l'époque, je travaillais dans un casse-croûte et je m'entraînais dans un gym à l'âge de 24 ans, mais le gym a fermé et autrefois, il n'y en avait pas autant qu'aujourd'hui. On m'avait alors conseillé la pratique du karaté. J'avais une certaine crainte, mais j'ai eu la piqûre dès le départ. »
Et France Carrier n'était pas pour passer à côté d'une telle occasion lorsqu'elle a appris qu'il était possible d'obtenir un essai pour le 5e Dan.
« Normalement, les Japonais invitent régulièrement les hommes à passer leur 5e Dan. Mais c'est très rare de voir les femmes obtenir cette chance. J'ai décidé de me rendre en Asie à mes frais afin de profiter de cette occasion. Il s'agissait de deux journées bien remplies. La première pour les katas, la deuxième était réservée aux techniques et aux combats. J'étais stressée devant le grand maître, mais je crois avoir bien fait. Je devrais obtenir une réponse dans un mois et je serais très fière de devenir la première 5e Dan du Canada dans ma discipline », admet-elle.