La Sherbrookoise Kim Boutin a remporté la finale du 1000 m cette fin de semaine à Montréal lors des Championnats canadiens seniors de patinage de vitesse courte piste. Elle a coiffé Marianne St-Gelais et Marie-Ève Drolet. Puisqu'elle a terminé deuxième au cumulatif des courses du week-end, Boutin retournera aux Championnats du monde sur courte piste 2017 de l'ISU en mars.

Fin de semaine de rêve pour Kim Boutin

La Sherbrookoise Kim Boutin a confirmé son retour en force sur la scène canadienne du patinage de vitesse courte.
La jeune femme de 22 ans a remporté l'or au 1000 m, l'argent au 1500 m et le bronze au 500 m lors des Championnats canadiens seniors de patinage de vitesse courte piste qui se déroulaient cette fin de semaine à Montréal.
Boutin s'assure ainsi une participation aux Championnats du monde sur courte piste 2017 de l'ISU puisqu'elle a terminé deuxième au classement combiné, qui incluait les résultats des Championnats canadiens seniors ainsi que ceux des Sélections des Coupes du monde d'automne ou de la qualification nationale canadienne ouverte.
Ce sera la deuxième fois que Boutin participera aux Championnats du monde, après son passage remarqué aux Mondiaux de 2015 à Moscou, en Russie.
L'an dernier, elle n'y était pas.
Des résultats forts encourageants pour Boutin, qui a traversé une période de remise en question, l'an dernier, mais aussi, des résultats très positifs en cette année préolympique.
« Je visais un top 2 sur les trois distances, alors ce n'est pas trop loin de mes objectifs. Il faut préciser que j'ai fait peu de courses sur 500 m en coupe du monde, c'est un cheminement. Dans l'ensemble, je m'attendais à de bons résultats, et ce fut le cas », a indiqué la jeune femme à La Tribune.
Outre les tranches de Coupe du monde qui s'en viennent dans quelques semaines, le Championnat du monde à la mi-mars aux Pays-Bas et les sélections en vue des Jeux olympiques de 2018 en Corée du Sud sont au programme de cette très chargée année 2017 pour Kim Boutin.
Démarrer l'année en force était l'idéal, avoue-t-elle.
Retrouver ses repères
« J'ai été moins présente l'an dernier, ça m'a fait du bien de prendre du temps pour moi. Je suis entrée assez tôt sur l'équipe nationale et sans qu'on s'en rende compte, tout va très vite, on perd ses repères, on s'oublie un peu. Tu entres dans le moule, tu fais les entraînements, tu ne te questionnes pas trop et tu patines ».
« J'ai connu d'importants conflits de valeurs entre ma vie d'athlètes et ses prérequis, et ma vie de jeune femme qui va aux études. Cela a amené de grands questionnements. J'ai consulté, pendant cette période, et je crois avoir trouvé un équilibre. »
Étudiante en éducation spécialisée, Kim Boutin confirme qu'elle doit revêtir un uniforme différent lorsqu'elle s'entraîne au Centre national ou qu'elle doit disputer une compétition.
Un changement d'attitude qui se fait parfois contre nature. L'adaptation fut importante à réaliser, confirme-t-elle, mais jamais son amour du patin ne l'a quitté.
« Le désir de patiner a toujours été là. J'ai par contre réalisé que je me mets beaucoup de pression sur les épaules en tant qu'athlète. Ainsi, je me suis oublié. À l'extérieur, je suis une fille calme, qui étudie dans un domaine où la compétition n'est pas présente! J'ai appris beaucoup de choses sur moi. »
« Mais sur les lames, on s'entraîne en équipe, je suis toujours avec mes coéquipières. J'ai besoin d'elles pour m'améliorer, mais en même temps, je ne peux faire abstraction du fait que je dois compétitionner contre elles pour me faire une place. Maintenant, je peux dire que je suis à l'aise avec ces deux sphères de ma vie », a-t-elle confirmé.
Boutin participera à la Coupe du monde de l'ISU #5 qui se déroulera début février à Dresden, en Allemagne.
Patinage Canada doit couper dans les compétitions
Les patineurs et patineuses des équipes canadiennes ne participeront pas à la Coupe du monde #6 prévue à Minsk, au Bélarus, en février à cause de coupes budgétaires.
La Tribune a appris que Patinage de vitesse Canada a dû prendre cette décision en raison d'un budget mis à mal pour certains éléments hors de son contrôle au cours des derniers mois.
Ainsi, les patineurs canadiens ne participeront pas à la dernière tranche préparatoire en compétition internationale avant la présentation des Championnats du monde de courte piste de l'ISU, prévus à la mi-mars à Rotterdam, aux Pays-Bas.
Les Canadiens reviendront plutôt au Canada afin de poursuivre leur préparation.
« On doit faire face à une restructuration financière. Plusieurs éléments ont changé la donne, récemment, comme le taux de change, qui a fluctué de façon importante. On a donc dépassé notre budget accordé aux déplacements, l'an dernier. On est à réévaluer les scénarios possibles », indique Patrick Godbout, responsable des communications à Patinage de vitesse Canada.
Ce dernier confirme que l'enveloppe budgétaire de Patinage de vitesse Canada a été réduite de 2010 à 2014, quelque temps après les Jeux olympiques de 2010 présentés à Vancouver, mais il n'a pu chiffrer précisément cette diminution.
« On doit s'ajuster, c'est un mélange d'un paquet de facteurs dont le principal est probablement que les fonds privés sont en baisse. On a moins de commanditaires. On a donc moins de ressources financières, c'est une réalité. On doit ajuster les choses afin de permettre aux athlètes de compétitionner aux plus hauts niveaux. »
Le patinage de vitesse est une pépinière à médailles pour le Canada depuis 1932; au total, 63 médailles olympiques ont été récoltées par les patineurs canadiens depuis cette date.