Avec la carrière qu'il a connue dans la LNH, Potvin est indépendant de fortune. Il n'a plus besoin du hockey. Mais je vous dirai que le hockey québécois a besoin d'un Félix Potvin, un passionné.

Félix Potvin, le bijou des Cantonniers

COMMENTAIRE / J'ai énormément de plaisir à observer le travail de Félix Potvin à la barre des Cantonniers de Magog. Le gars est unique dans sa façon de diriger sa bande d'adolescents. Encore dimanche dernier, alors que les Cantonniers affrontaient les Gaulois d'Antoine-Girouard il a eu droit à toute mon admiration.
La scène se passe dans le territoire des Magogois avec un peu plus d'une minute à écouler au troisième engagement et les Cantonniers mènent par un mince but, 4-3. Quels sont les joueurs qui se retrouvent sur la glace pour les Cantonnierspour la mise au jeu? Un trio complet de recrues de 15 ans et un défenseur sur deux avec un statut de joueur affilié. Comme me l'a rapporté une personne sur la galerie de la presse, dans la plupart des autres équipes, les joueurs affiliés seraient déjà sous la douche avec un pointage aussi serré en fin de partie. Pas avec Félix Potvin, qui respecte à cent pour 100 la mission du midget AAA, soit de développer et de préparer les joueurs pour le junior majeur.
Potvin est aussi différent dans son approche auprès des jeunes. On ne le voit jamais gueuler après eux. Pourtant il obtient ce qu'il veut de leur part. Jamais un mot non plus sur la place publique envers un joueur en particulier. Tout est dans la démarche et la considération qu'il porte envers ses joueurs. En réalité, je n'ai jamais vu un coach de hockey être à la fois respecté et aimé comme c'est le cas pour Félix le « Chat ».
Le hockey en a besoin
Avec la carrière qu'il a connue dans la LNH, Potvin est indépendant de fortune. Il n'a plus besoin du hockey. Mais je vous dirai que le hockey québécois a besoin d'un Félix Potvin, un passionné. Plusieurs diront que ça ne paraît pas beaucoup, mais dans son cas, il ne faut surtout pas se fier à son langage corporel.
Spectaculaire devant sa cage dans la LNH, belliqueux à l'occasion, lui qui a eu maille à partir avec plusieurs joueurs, dont le célèbre Ron Hextall, Potvin est tout le contraire derrière un banc. Peu démonstratif, les deux mains dans les poches de son pantalon, d'un calme olympien, je me demande parfois si cela ne lui ferme pas des portes dans la LHJMQ, où on aime bien les entraîneurs colorés.
Sauf que la qualité de l'homme de hockey ne fait aucun doute à mes yeux. Très rarement son équipe va disputer deux mauvaises périodes de suite. Potvin sait s'ajuster aux entractes. Cela fait des années que les Cantonniers sont loin de figurer parmi les meilleures équipes de la ligue sur papier. Mais pourtant, sous Potvin, la formation magogoise trouve toujours le moyen de chauffer les meilleurs.
On dit souvent, et avec raison, que les bons joueurs font les bons entraîneurs. Seulement dans le midget AAA, je pourrais vous nommer des hommes qui ont mérité le titre d'entraîneur de l'année, mais dès qu'on leur enlève un ou deux bons éléments l'année suivante, c'est l'effondrement.
À Magog, Potvin arrive année après année à faire de ses adolescents, talentueux ou pas, une équipe plus que respectable. Et que dire de ses anciens joueurs qui graduent dans le junior majeur après avoir évolué sous sa férule.
J'ignore si on boude Potvin dans la LHJMQ, j'en doute. Mais entretemps, à Magog, c'est le bijou de l'organisation.